A partir de 2017: L’Algérie n’importera plus de ciment

lundi 31 octobre 2016 à 8:25
Source de l'article : Letempsdz.com

L’Algérie compte ne plus importer de ciment à partir de l’année prochaine, a promis hier à Adrar le ministre de l’Industrie et des Mines.

«L’année 2017 sera celle de la fin de l’importation, par l’Algérie, du ciment à la faveur des cimenteries réalisées ou en voie de l’être à travers différentes régions du pays, dont la capacité de production globale annuelle devrait atteindre les six millions de tonnes», a souligné Bouchouareb lors de l’inspection de la cimenterie de la commune de Timegtane, daïra d’Aoulef, à 260 km à l’Est d’Adrar, dans le cadre de sa visite de travail dans la région, a rapporté l’APS.
Ces projets industriels devront, selon le ministre, permettre au pays d’atteindre «l’autosuffisance en ciment, et d’entamer la phase d’exportation vers l’étranger».
Sur site, le ministre a suivi un exposé sur cette importante acquisition industrielle, fruit d’un partenariat algéro-chinois.
Cet ambitieux projet, dont les travaux de réalisation ont atteint un taux d’avancement de près de 90%, sera livré à la fin de l’année en cours, a-t-on expliqué à la délégation ministérielle.
Mettant en valeur cette démarche d’investissement dans le Sud, le ministre a mis l’accent sur la nécessaire prise en charge de certains volets, facteurs de réussite de pareilles unités industrielles, dont la réalisation de la route reliant cette cimenterie, distante de 36 km du chef-lieu de la commune de Timegtane pour faciliter l’accès des véhicules lourds notamment.
Bouchouareb, qui a mis à profit cette visite pour écouter les préoccupations soulevées par les responsables du projet liées notamment au manque de cadres et experts étrangers en raison des procédures d’obtention de visa, a rassuré que cette doléance sera prise en charge en coordination avec les autorités concernées.
Jeudi dernier, le président du Forum des chefs d’entreprise (FCE), Ali Haddad avait indiqué que des investisseurs membres du Forum comptent réaliser deux cimenteries, l’une à Relizane et l’autre à Djelfa. Donnant plus de précisions, le président du FCE explique que la première usine produira 6 000 000 tonnes alors que l’autre unité, prévue à Djelfa en partenariat avec des Chinois, aura une capacité de 4 000 000 tonnes.

Le FCE s’y met

La mise en service de ces usines rentre dans la politique du gouvernement qui vise à réduire progressivement les quantités de ciment importé et atteindre à terme des niveaux de production qui permettent d’exporter.
La demande pour le ciment avoisine annuellement les 24 millions de tonnes, tandis que la production nationale encore dominée par le secteur public, notamment le Groupe Gica qui produit plus de 11 millions de tonnes par an est estimée à 18 millions de tonnes par an. «D’ici le milieu de 2017, l’Algérie aura de quoi satisfaire le marché du ciment», prévoient les professionnels du secteur et les pouvoirs publics. Selon eux, la production de ciment augmentera de 7 millions de tonnes. De ce fait les cinq millions de tonnes importées l’année précédente seront fournies par la production nationale, et mieux encore, le marché du ciment observera un excédent de 2 millions de tonnes, à partir de 2017. Ceci sera réalisé principalement grâce à l’extension des capacités de production du groupe Lafarge-Algérie (avec l’apport de la nouvelle usine de Biskra), mais aussi grâce aux projets en cours de réalisation du Groupe industriel des ciments d’Algérie et un autre acteur privé.
Selon le dernier bilan des Douanes, la facture d’importation des matériaux de construction (ciment, fer, bois et produits en céramique) s’est chiffrée à 1,45 milliard de dollars (USD) sur les 8 premiers mois de 2016, contre 1,79 milliard USD à la même période de 2015, soit une baisse de près de 19%. Pour ce qui est des ciments (non pulvérisé, portland, alumineux, hydraulique…), le montant est de 245,62 millions USD contre 328,95 millions USD (-25,33%). Les quantités importées ont baissé en passant à 3,8 millions de tonnes contre 4,5 millions, soit -15,5%. La baisse de la facture s’explique par un recul des cours mondiaux de ces matériaux, ainsi que par l’instauration par le gouvernement de licences d’importation pour le ciment et le rond à béton. En réaction à la baisse des prix du pétrole dont les rentes du pays sont dépendantes à près de 97%, le gouvernement a décidé d’adopter une politique d’austérité qui consiste, entre autres, à exiger des entreprises du BTP d’utiliser des matériaux produits localement. Une politique qui a engendré une tendance baissière des importations. En 2015, la facture d’importation a baissé à 2,54 milliards USD contre 3,35 milliards USD une année auparavant, soit une réduction de 24,1%.

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