À l’IMA-Paris, Issad Rebrab plaide à nouveau pour le rail africain

dimanche 24 septembre 2017 à 12:09
Source de l'article : Algerie-eco.com

Comment cantonner les gens chez eux quand ils sont confrontés à une crise multiforme, économique et sécuritaire, de surcroît accentuée par la déferlante démographique, s’est intérrrogé le patron de Cévital en séance de clôture des Rencontres économiques de l’IMA (Paris, 19/09). Pour Issad Rebrab, le développement du chemin de fer constitue une partie des soutions…

Comme « l’Afrique va doubler sa population tous les vingt-cinq ans », il est urgent de se poser quelques bonnes questions et d’esquisser « des propositions pour l’avenir », avance-t-il, soulignant que « l’Europe, les pays arabes et les Africains ont un destin commun et donc des problèmes à résoudre en commun (…) 

« Si on veut arrêter l’immigration sauvage de l’Afrique vers l’Europe, il est impératif de développer l’Afrique », d’autant plus que celle-ci connaîtra « près de 500 millions d’habitants de plus d’ici à treize ans », c’est-à-dire dès 2030. À la tête de Cévital, premier groupe privé d’Algérie, Issad Rebrab a quelques idées pour tenter de résoudre cette terrible équation que représentent trois phénomènes qu’il considère profondément liés : l’explosion démographique en Afrique ; la crise d’identité du monde arabe consécutive aux « révolutions » du « printemps arabe » et à la montée de l’islamisme ; et l’arrivée massive de migrants sur les côtes nord-méditerrannéennes, comme les pays européens le constatent depuis de longs mois avec une certaine impuissance.

De quoi les Africains ont-ils besoin en priorité ?

« Le peuple africain a besoin de formation et d’éducation, d’électrification et d’insfrastructures ferroviaires, routières et aéroportuaires », répond tout de go Issad Rebrab, en exposant longuement au cours de la séance plénière – comme il l’a déjà fait devant le Parlement européen – un projet qui lui tient à cœur : l’interconnexion de toutes les lignes africaines de chemin de fer déjà existantes en les prolongeant, avant d’en créer d’autres.

Pourquoi cette préférence pour le rail ?

Selon lui, « le chemin de fer, c’est le moyen de transport le moins polluant. Il est plus rapide que la voie maritime et moins cher à construire qu’une autoroute ». Et de donner cet exemple limpide et chiffré pour mieux se faire comprendre : « Transporter une tonne de marchandises par camion de Djibouti à Addis Abeba coûte 47 dollars, contre 20 à 25 $ seulement par le rail. Le chemin de fer permet donc une économie au minimum de 22 $ par tonne transportée. Si l’on transporte 100 millions de tonnes par an, on fait donc une économie de 22 milliards de dollars et, en moins de deux ans, vous amortissez la construction de votre ligne de chemin de fer ». CQFD.

Par Bruno Fanucchi

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