The Blue wash board à la galerie d'art Lina d’El Djemila

mercredi 3 juin 2009 à 11:53
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Le vernissage de cette exposition a eu lieu, jeudi dernier, dans une ambiance conviviale, en présence d’amis essentiellement. Intitulée « The Blue wash board », l’exposition englobe 51 planches à laver de mêmes dimensions. Est-il saugrenu d’accaparer une planche à laver et une palette de peinture pour réaliser, pour s’adonner pleinement à une passion ?

Apparemment non, puisque Chegrane ose et signe des productions originales, hautes en portée symbolique. Voulant innover dans sa technique de travail, Noureddine Chegrane a choisi, cette fois-ci, de travailler sur un support noble et lisse à la fois, en l’occurrence, la planche à laver.

Pour Nourredine Chegrane, ce support – renfermant une valeur sentimentale – réveille des souvenirs d’enfance irrévocables. « Cela me rappelle, dit-il, les  »washing boards ». Je compte fabriquer à l’aide de la planche à laver un instrument de musique que les Beatles ont déjà utilisé ainsi que beaucoup de formations de blues et de jazz. Je me rappelle que dans le temps, on grattait sur la planche à laver d’où de jolis sons émanaient. »

Pour rappel, l’artiste a fait partie d’un groupe musical marocain, Toubkal, et jouait en trio d’harmonicistes. Soliste de variétés et jazz à Rabat, il avait créé, à l’époque, son propre groupe, Les Titans, où, parallèlement, il réalisait des peintures sur toile.

La plupart de ses planches sont peintes à l’acrylique. D’autres sont rehaussées par quelques collages de poches en jean. C’est suite à un voyage à Nîmes qu’il découvrit une panoplie d’échantillons en jean, d’où l’idée de peindre sur cette matière.

Ces introductions de pièces dans son travail ne sont autre chose q’un clin d’œil à l’incontournable jean, prisé par le commun des mortels. A travers cette dernière exposition, il ressort que Nourreddine Chegrane reste toujours fidèle à son propre style, celui des « aouchems », mais, cependant, avec quelques compositions nouvelles en relation avec la nature morte.

En effet, on retrouve dans deux œuvres intitulées Hommage à Matisse et Bonjour à Matisse, une prolifération d’éléments propres à la nature morte. Après avoir bouillonné dans sa tête depuis quelque temps déjà, un deuxième hommage est rendu à la regrettée artiste peintre Baya, à travers une œuvre où l’omniprésence du couple et des papillons est fortement présente.

Souvenirs, souvenirs est une planche qui raconte un passé de jeunesse, révolu à jamais. Bleu Madrague conte musicalement les senteurs marines de ce lieu. La Mère et l’Enfant, Caprice, Bohème, Blue-jean sont autant de thèmes révélateurs de leurs titres.

Dans son approche picturale, Chegrane offre une deuxième nouveauté axée sur des mises en scène de fêtes, de fruits et de danse. Le regard est comme happé par ces silhouettes stylisées, se tortillant au rythme africain. Les sujets choisis ne sont autre chose qu’un hymne à la joie, à la musique et à la paix.

La calligraphie berbère libre est, cette fois-ci, plus travaillée avec une lecture directe de la lettre. La palette de Chegrane oscille entre le bleu, les orangés et les mauves. L’artiste définit la gamme du bleu comme une couleur magique, sereine et reposante.

« Preuve en est avec l’immensité du ciel et de la mer », argue-t-il. Ayant à son actif 35 ans d’expérience, Nourreddine Chegrane touche à tout, et ce, dans l’esprit aouchem. Modeste et humble, l’artiste n’aime pas dire qu’il travaille, car, selon lui, on ne travaille jamais assez. « J’aime montrer mes œuvres », explique-t-il.

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