Masra, le drame palestinien sur les planches

mardi 2 juin 2009 à 23:01
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Pour la septième soirée de compétition du 4ème Festival national du théâtre professionnel (FNTP), édition El Qods, la scène du Théâtre national algérien (TNA) a accueilli, lundi dernier, la troupe du TNA qui a présenté sa dernière production, El Masra, mise en scène par l’Irakien Fadel Abbas Al Yahia à partir d’un texte de Mohamed Mamoun Hamdaoui.

La pièce raconte l’histoire d’un petit patelin où les habitants et les religions vivaient en parfaite cohabitation, jusqu’au jour où Youcef, un jeune et riche commerçant venu de nulle part, débarque. Prétextant que Masra est la terre de ses ancêtres, Youcef, pour gagner les cœurs et la sympathie des gens, distribue généreusement des dons à l’église, à la mosquée, aux pauvres et à la sœur Mary.

Le prêtre et l’imam sont très respectés et écoutés dans le village. Conscient de leur poids, Youcef fait tout pour les conquérir. Seul Darwich, un géant considéré comme fou, s’oppose au jeune commerçant qu’il qualifie d’intrus et dont il nie l’appartenance à Masra.

Mais Youcef n’en a cure et poursuit sa conquête insidieuse de la contrée. Il acquiert des terrains que les habitants, bon gré mal gré, lui vendent. Un vieux fermier, qui refuse de vendre son oliveraie, la verra ravagée par un incendie.

Du jamais-vu à Masra. Le bar où Youcef passait ses nuits à boire du vin ne tardera pas à faire faillite et retomber-entre les mains du jeune conquérant qui fera de son ancien propriétaire son serviteur. Youcef se rapproche également de la jeune Fadoua.

Mais il est rejeté car le cœur de la fille ne bat que pour Darwich, son ami d’enfance. Elle payera ce rejet de la pire manière, par le viol. Désormais, la paix a déserté Masra. Le feu, la violence et l’odeur des complots emplissent l’air du pays.

La révolte ne tarde pas à exploser. La guerre est déclarée à l’intrus, l’ennemi, qui a semé la discorde dans le pays et semé la division pour se l’approprier. Le parallèle avec le drame palestinien est on ne peut plus clair. La pièce a été bien portée par une belle scénographie signée Fadel qui a su exploiter l’espace scénique, a opté pour un décor très symbolique tels les rideaux blancs, verts et rouges.

On relèvera toutefois l’usage abusif de la chorégraphie et des lourdeurs dans certaines scènes sur-jouées. Des déclamations de poèmes ainsi que de la musique, tantôt orientale, tantôt martiale, ont également un peu desservi la pièce. Ces incrustations ont cassé le rythme du jeu.

Quant à l’interprétation des comédiens, on dira qu’elle a été des plus ordinaires. Seul Abdelahalim Zeribaa dans le rôle de Darwich s’est distingué dans le jeu avec une forte présence sur la scène et une voix résonante. Il a même vampirisé les autres personnages dans certains passages.

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