Entretien avec l’artiste française Alexandra Gillet La fascination du haïk

jeudi 18 mai 2017 à 15:40
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

Alexandra Gillet est née à Paris en juin 1971. Après des études des Beaux-Arts et dans la communication graphique, elle rejoint la publicité en tant que directrice artistique pour une agence parisienne pendant une dizaine d’années. Le destin la mène à Alger en 2005, puis en Egypte en 2009.
En Égypte, elle expose des portraits de femmes inspirés du Fayoum. Un an plus tard, elle retourne en Algérie où elle réalise une nouvelle série de portraits qu’elle signe «Agi». Les femmes de La Casbah d’Alger, de Ghardaïa et du grand Sahara la fascinent.
Jusqu’au 24 mai, Agi anime l’expo de peinture «Haik N’ Life» à la galerie d’art Sirius de Télemly à Alger.

Le Soir d’Algérie : Visiblement, vous êtes fascinée par le haïk…
Alexandra Gillet : oui, c’est vrai. Le haïk me fascine. Ce qui me plaît plus encore, c’est la tradition et la culture qui s’en dégagent. Je suis Bretonne et chez moi, le costume traditionnel permet de savoir et de ne pas oublier d’où l’on vient.

Pourtant, quand vous êtes venue en Algérie, les femmes ne le portaient pratiquement plus…
Si vous vous perdez dans Alger-Centre, dans La Casbah, la rue de la Lyre, etc., vous aurez l’occasion de croiser ces femmes, souvent âgées, qui font leurs courses ! J’aime les observer. Et puis mon inspiration vient surtout du collectif d’artistes Belaredj, créé en 2013 par Souad Douibi, qui a entraîné beaucoup de jeunes femmes, et de moins jeunes, à défiler dans les rues en haïk. Ces manifestations ont eu pour but de promouvoir ce symbole de l’identité algéroise. Je trouve cela magnifique et cela m’a beaucoup inspiré dans ma peinture.

Une autre vision dans l’exposition «Haïk N’Life» par rapport à «Haïk Vibes», votre précédente exposition ?
Dans «Haïk Vibes», j’avais surtout exploré le portrait. Cette fois, mon champ de vision s’est élargi. J’observe des scènes de vie. Il y a plusieurs personnages, des femmes surtout, mais aussi des hommes.

Le titre «Haïk N’Life» sonne un peu rock’n roll. C’est volontaire ?
Le titre sonne rock’n roll, et c’est volontaire. J’aime la musique et n’imagine pas peindre sans y apporter une résonance musicale.

Parmi les œuvres de votre nouvelle expo, il y a un «Abbey Road» sans les Beatles, mais avec quatre femmes en haïk traversant un passage piéton. Pourquoi ?
Là encore, c’est un clin d’œil à la musique. Cette marche à la queue leu leu du collectif d’artistes Belaredj me fait penser aux Beatles sur Abbey Road… Encore une scène de rue !

Dans un autre tableau, on voit le fameux we don’t need no education, we don’t need no tought control des Pink Floyd. Un message ?
Les femmes, où que l’on se trouve dans le monde, doivent se battre toujours plus pour s’imposer. C’est une réalité universelle.

Dans une autre œuvre, une des rares où on voit un homme, il joue aux échecs contre une femme. Un message là aussi ?
C’est un jeu et l’homme perd… L’œuvre s’intitule «Game lover». On est dans un jeu d’amour et de séduction représenté par le célèbre jeu de dames bien connu de la rue.

Aujourd’hui, est-ce qu’on peut parler de néo-orientalisme dans la peinture, dans un contexte historique différent ?
C’est flatteur d’être associée au néo-orientalisme. Je suis observatrice des gens de notre temps. Je peux dire que la culture orientale et l’Algérie en particulier m’ont beaucoup enrichie. `
Je pense que l’orientalisme n’a pas d’époque. Il perdurera tant que nous serons passionnés et amoureux de cette culture.

A lire aussi :

Mots clés :

Laissez un commentaire :

Abonnez-vous à Algérie360 par email

Actualités en direct

Algerie360 - Rejoignez nous sur Facebook
77 queries in 5,280 seconds.