Boussaâda Un vivier pour l’expression artistique

dimanche 13 août 2017 à 16:34
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

Offrant une luminosité légendaire et une exceptionnelle gamme de couleurs, Boussaâda n’a cessé d’inspirer les artistes d’Algérie et d’ailleurs, en particulier les peintres, dont de nombreux orientalistes l’ayant immortalisée dans leurs singulières œuvres.
Depuis le siècle dernier, cette attrayante localité des Hauts-plateaux et à la porte du Sud n’a cessé de captiver les artistes de tous bords qui y ont trouvé une source intarissable pour leur créativité grâce à de rares atouts naturels : une luminosité exceptionnelle et une généreuse gamme de couleurs. La conjugaison de ces éléments octroie à Boussaâda une âme propice à l’expression artistique et un souffle empreint de poésie, voire de spiritualité.

Si bien que la région a été privilégiée pour servir de décor à des réalisations cinématographiques étrangères dans l’un de ses sites les plus prisés : le «Moulin Ferrero», décliné en une succession de canyons à la beauté époustouflante. Il s’agit des films Samson et Dalila et D’homme à hommes, respectivement de l’Américain Cecil B. DeMille (1949) et du Français Christian-Jaque (1948).

De nombreux films algériens ont également été tournés dans cette oasis et ses environs après l’indépendance, à l’exemple de Trois pistolets contre César, le seul western à l’actif du cinéma algérien, coréalisé en 1966 par Enzo Peri et Moussa Haddad. Dans les années 1970, un bonne partie du film Les vacances de l’inspecteur Tahar a été également tournée à Boussaâda. Cela étant, c’est aux arts plastiques que cette partie du Hodna est le plus associée pour avoir influencé nombre d’artistes nationaux et étrangers, le plus emblématique étant le plasticien français Alphonse-Etienne Dinet, qui porta le nom de Nasreddine après sa conversion à l’islam.
En plus de ce maître incontesté du style figuratif, quelques dizaines d’autres orientalistes voyageurs, de diverses nationalités ont peint Boussaâda : après Dinet, c’est le Belge Edouard Vershafelt (1874-1955) qui consacrât le plus d’œuvres à cette cité.

Citons également, dans ce registre, les Français Maxime Noiré (1861-1927), Eugène Giraradet (1853-1907), Constant Louche (1880-1965), Jules Taupin (1863-1932), ainsi que l’Américaine Juanita Guccione (1904-1999), etc.

De par ses particuliers atours, Boussaâda n’a pas manqué, par ailleurs, de constituer un vivier pour des plasticiens algériens, dont nombreux sont issus de la région, à l’instar de Zohir Dahmani, Brahim Abdeldjabar, Fatma Tebbouci, Abdelaziz Abdelmalek, Lebcir Mohamed Tewfik, Bensalah Ishak, Debabi Abdenour, Turki Mourad, Slimani Saïd, Bensalem Samir, ou Abdelmoumen Mahmoudi.
Subjugué par l’attrait de Boussaâda et ses alentours, Zohir Dahmani a quitté son pays de naissance, la France, pour s’adonner à sa passion sur la terre de ses ancêtres et a choisi de mettre son talent au service d’artistes en herbe, en enseignant les arts plastiques à la maison de la culture d’Eddis, dans la commune d’Ouled Sidi-Brahim.

«En tant que plasticiens, nous avons le devoir de préparer la relève, d’encourager et de soutenir les talents naissants pour qu’ils trouvent leurs voies dans ce domaine», souligne Brahim Abdeldjabar, un autre artiste natif de la région. Fonctionnaire au musée Dinet, il explique que la plupart des créations des peintres orientalistes ont été réalisées sur différentes époques dans le triangle Boussaâda-Laghouat-Biskra, mais que c’est la «Cité du bonheur» qui a le plus passionné ces créateurs. Pour perpétuer le legs de Dinet et encourager les vocations potentielles à se révéler, un atelier de dessin se charge de leur encadrement, au sein même du Musée national Etienne-Dinet, à Boussaâda. «Nous avons un potentiel considérable de jeunes prodiges. Ce qui confirme l’attrait qu’exerce cette localité sur ses habitants et son impact sur leurs propensions artistiques. Qui sait, peut-être qu’en un petit Boussaâdi sommeille un futur Dinet !», relève Mme Ismahane Zehani, professeur de dessin, confiant que les filles y sont majoritaires et les «plus volontaires» à évoluer.

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