Alger: Calligraffiti et vieux vinyles au menu.

samedi 8 octobre 2016 à 13:19
Source de l'article : Lnr-dz.com

Comme de bien entendu, Ezzou’Art Galerie du Centre commercial & de loisirs de Bab Ezzouar vient encore une fois surprendre nos regards par sa recherche ininterrompue de jeunes talents.

Pour cette fois, du 24 septembre dernier, au 14 octobre prochain, Amel Benmohamed, animatrice de ce lieu particulier, vient nous faire la monstration de ce qu’elle est allée glaner comme nouveautés artistiques. De nouvelles tendances, de la nostalgie, et de nouvelles écritures qui font le choix de la couleur ou qui écrivent tout simplement en monochrome acrylique. Le tout sous le thème «Scratching the past », c’est-à-dire gratter le passé sans nul doute pour essayer d’y trouver aussi les indices de notre avenir.

Dans cette exposition, la poésie rencontre un peu le côté rude de l’art urbain, il y a une confrontation de trois énergies artistiques avec Chawki Atia qui est architecte d’intérieur d’abord, avec Ahmed Amine Aitouche, dit « Sneak » bozariste et l’étrange Lmnt (a.k,a el far) né à Souk Ahras et qui se faufile dans nos regards avec brio même si son parcours en psychologie clinique nous laisse pantois.

Ils se réunissent dans un espace lumineux et nous présentent quelques bons travaux thématiques centrés sur des objets poétiques comme ceux de Chawki Atia qui use pour nombres d’entre eux de disques vinyles authentiques qu’il ré esthétise sous des formes diverse qui sont ainsi sublimés tout en gardant ce caractère mémoriel pour ne pas dire nostalgique, la musique semble sortir de ces objets réinvestis dans le design qui deviennent des horloges, avec un apport graphique en forme d’instruments de musique, d’autre tableaux et compositions de ce plasticien très intéressant montrent des figures humaines suggérées sur des tableaux avec les éléments graphiques réalisés en papillons de papier, les vinyles reviennent aussi sous d’autres formes pour suggérer un vol d’oiseaux fabuleux réalisés avec des vieux disques étonnamment originaux.

Le plasticien arrive à concilier la force de la création avec la relative fragilité de ses matériaux de création et cela donne un ensemble de travaux qui seront un excellent viatique pour le succès, Chawki Atia est un artiste à suivre de près. Natif de cette grande année 1988, ce jeune aux ambitions fécondes obtient en 2012 un diplôme qui lui ouvre les portes vers le monde de la créativité. Encore jeune par rapport à ses pairs au sommet de la profession il ne tardera pas à compter parmi les leaders de cette nouvelle scène artistique.
Pour entrer de plain-pied dans le Calligraffiti, on remarque très vite malgré son caractère un peu brouillon hérité de l’art de la rue les travaux d’Ahmed Amine Aitouche alias sneak, né en 1990, étudiant à l’école des Beaux-Arts d’Alger depuis trois ans.

C’est là qu’il a commencé la calligraphie à laquelle il s’est senti immédiatement rattaché au point de délaisser le dessin. Optant ainsi pour des « écritures urbaines » qui prennent place sur d’immense tableaux qui ont la particularité d’user de formes calligraphiques superbement composées en une seul intervention sans croquis ni esquisse pour un rendu efficace et de très belle facture, « Sneaks » commence à tracer sa route dans la nouvelle scène artistique, nous verrons avec plaisir jusqu’ou ira son talent fou dont on voit dès à présent qu’il présente dans cette exposition inédite des œuvres uniques de sa création et marque ainsi une nouvelle page de l’art du Calligraffiti en explorant des perspectives inattendues : «L’artiste met en lumière des calligraphies s’appuyant sur les formes géométriques et tracés calligraphiques qui s’allient pour fondre les unes dans les autres et composer des fresques vibrantes de poésie. Sneak fait partie de ces artistes qui ont choisi la rue pour s’exprimer.

Le street art est pour nous la pratique de notre liberté intellectuelle, sociale et culturelle. Le fait de poser sa pensée chaotique sur un mur est déjà une harmonie accomplie avec la ville et ses habitants ». Pour le troisième larron qui expose, il s’agit de Lmnt (a.k,a el far) pour le goût des anglicisme un «writer » urbain né en 1988 à Souk Ahras, on saura avec surprise qu’il est diplômé en psychologie clinique, aussi évidement passionné de lettrage, et de disciplines diverse nées dans les rues avec un engouement particulier pour le Calligraffiti avec des œuvres qui ont un pied dans la tradition, un autre dans la modernité et l’expression un peu post moderne qui caractérise la nouvelle création algérienne.

Il fait ainsi partie de la mosaïque multicolore d’une jeunesse algérienne en quête d’identité et qui commence à s’impliquer dans la nouvelle scène artistique algérienne à partir de 2011, Lmnt est un militant infatigable pour la liberté d’expression et la reprise de possession de l’espace public, il fait notamment partie des collectifs ink, industriz et Siiw qui se manifestent dans les espaces publics en favorisant le « dialogue » direct avec le public par l’espace artistiques réalisé dans l’espace urbain. Un trio d’artistes à voir, avec qui discuter en toute sympathie, à la galerie Ezzou’Art pour le plaisir des yeux.

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