Des voitures de luxe immatriculées à l’étranger sont exposées à la vente: Les « trottoirs-showrooms » de retour

mardi 31 janvier 2017 à 9:33
Source de l'article : Lexpressiondz.com

Profitant de la pénurie provoquée par la mise en place des licences d’importation, ces «concessionnaires» d’un autre genre importent des véhicules directement de l’étranger et qu’ils revendent à prix d’or sans aucune traçabilité…

Ils sont de retour sur les trottoirs de nos villes! Il ne s’agit pas des vendeurs informels des fruits et légumes, mais des… «concessionnaires» automobiles! En effet, la mode des «trottoirs showrooms» qui était apparue dans les années fastes du marché automobile algérien est de retour avec une nouvelle formule. A l’époque, avec la forte demande qui régnait dans un marché en ébullition, les délais d’attente pour recevoir son véhicule étaient très longs. Alors, ils avaient trouvé l’astuce en prenant d’assaut les vrais concessionnaires, et avec des prête-noms, ils constituaient des «stocks» qu’ils revendaient un peu plus cher mais sans aucun délai d’attente.
Un nouveau métier de revendeur de voiture avait vu le jour avant de disparaître avec le début de la crise économique qui avait frappé de plein fouet le pays depuis 2014. Mais malin comme ils le sont, ces revendeurs ont vite trouvé le moyen d’empêcher leur «emploi» de disparaître. Profitant de la pénurie provoquée par la mise en place des licences d’importation, ils se sont eux-mêmes mis directement dans l’importation de voitures qu’ils revendent à prix d’or sans aucune traçabilité… Vous avez sûrement dû les remarquer, des voitures de luxe immatriculées à l’étranger sont exposées à la vente aux quatre coins du pays.

Ce sont la plupart du temps de grosses cylindrées, elles sont propres comme dans une vraie concession sauf qu’elles sont garées sur les rebords de la chaussés avec un écriteau portant l’inscription: «A vendre» et un numéro de téléphone est aussi mentionné. Le «chargé client» rôde dans les parages, un petit appel et il débarque illico presto. On cite l’exemple d’un quartier de la banlieue est d’Alger où un magnat en gandoura exhibe fièrement ses modèles hétéroclites comme des moutons à la veille de l’Aïd El Adha.

Des curieux et de potentiels clients aguichés par la marchandise flambant neuf, s’arrêtent et font le tour du propriétaire. Sous leurs yeux, apparemment ravis, s’exposent dans l’impunité la plus totale les derniers cris des constructeurs autos européens. En fait, cette nouvelle race de businessmans ne fait rien au hasard et est loin de s’accommoder de l’improvisation. Ce sont de véritables professionnels qui savent observer le comportement du consommateur et sondent la demande au sein des filiales automobiles les plus cotées.

«Ces hommes d’affaires» adeptes, a priori, de l’économie de bazar, ont su cultiver un flair et un redoutable sens du commerce à force de scruter les attentes du citoyen algérien, frustré de ne plus trouver quoi se mettre sous la main chez les représentants officiels des marques automobiles. En fait, ces dealers d’un autre genre ont développé une véritable économie parallèle qui est beaucoup mieux que l’officielle…Ils se sont même «conventionnés» avec des compatriotes étrangers qui s’occupent de l’achat de ces voitures en Europe avant de les leur expédier dans un business où des deux côtés de la Méditerranée ils trouvent leurs comptes! D’ailleurs, sur les réseaux sociaux pullulent des annonces, des membres de notre communauté à l’étranger et même d’Européens, qui proposent de vous vendre des voitures neuves à partir du Vieux Continent, plus particulièrement la France. Ils s’occupent de toutes les formalités, ils vous donnent même des adresses locales où vous payerez votre auto, et tenez-vous bien, avec la monnaie de votre choix. Pour le transfert de cet argent, ce n’est pas votre problème. Vous devez juste sortir le carnet de chèques…Un véritable crime économique qui se fait au nez et à la barbe de l’Etat qui cherche désespérément des ressources financières chez les citoyens, mais qui laisse ces mêmes ressources s’envoler sous d’autres cieux! Car, il faut le dire, ce commerce pose non seulement le problème du transfert des devises vers l’étranger, mais également celui lié au non-paiement d’impôts que génère une activité lucrative. Mais que voulez-vous, c’est un autre paradoxe bien de chez nous…

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