Interview de Antar Yahia

mardi 23 juin 2009 à 12:25
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antar_yahia_101341676.jpgAntar Yahia s’exprime avec les journalistes comme il le fait sur le terrain avec l’élégance et la frénésie d’un poète.
En fait, c’est son cœur qui parle et vous allez le découvrir dans cet entretien très passionnant qu’il nous a accordé avant le retour de Zambie.
Si on vous demandait de revenir à froid sur la rencontre face à la Zambie, que nous diriez-vous ?

Je vous dirais qu’on a joué ce match avec la même hargne et la même volonté que face à l’Egypte.
Nous l’avons abordé avec la ferme intention de gagner, le nul ne nous intéressait pas car on savait que la qualification en Coupe du monde passait impérativement par la victoire en Zambie.

El Hamdoullah, nous avons atteint notre objectif et nous avons une nouvelle fois sorti le peuple algérien dans la rue pour faire la fête.

Après avoir marqué trois buts à l’Egypte, pensiez-vous gagner en Zambie avec deux buts d’écart ?

On ne peut jamais prévoir l’évolution d’un match, mais nous sommes entrés sur le terrain avec l’intention de gagner et de marquer le plus vite possible pour ensuite gérer la situation à notre guise. C’est ce qui s’est finalement passé.


La défense dont vous faites partie a subi tout le poids du match et a été héroïque. Pensez-vous qu’on a gagné grâce aux défenseurs ?

Non, parce que si vous regardez de nouveau le match, vous verrez que tout le monde défendait, y compris les attaquants. Ce match face à la Zambie nous l’avons gagné grâce à notre état d’esprit et non pas grâce à tel ou tel compartiment. Nous les défenseurs, nous n’avons fait que notre devoir.

Notre classement et notre goal-average vont obliger les Égyptiens à gagner leurs quatre matchs pour espérer passer. Pensez-vous qu’ils sont capables de le faire ?
Croyez-moi, je ne fais jamais ce genre de calculs. Tout ce qui m’intéresse, c’est l’Algérie. Nous devons absolument gagner les matchs qui nous restent, notamment les deux prochains à domicile et nous laisserons les calculs aux autres.

Pensez-vous qu’avant de rentrer sur le terrain contre l’Egypte ou la Zambie, nous avons fait des calculs ? Non bien sûr car tout ce qui nous intéressait c’était de gagner quitte à laisser notre peau sur le terrain.

Maillon faible ces dernières années, la défense algérienne n’a encaissé qu’un petit but depuis le début des éliminatoires alors que la victoire en Zambie est la deuxième en six ans. Est-ce le grand retour de l’Algérie ?
Inchallah. Dans le football moderne, pour gagner des matchs, il faut assurer ses arrières et le coach insiste beaucoup là-dessus. Si on n’encaisse pas, il y a de fortes chances qu’on gagne.

Et puis, ce groupe a acquis l’expérience nécessaire pour aller s’imposer à l’extérieur. Nous avons tous envie de revenir au-devant de la scène après avoir souffert ces dernières années.

Qu’est-ce qui a changé pour que l’équipe soit sûre d’elle ?
Le plus grand changement c’est que l’équipe a mûri, elle a même beaucoup mûri. Je me rappelle que ce même groupe réalisait d’excellentes prestations même à l’extérieur, mais ne gagnait jamais.

Face au Nigeria, au Sénégal, à la Guinée, au Cap Nous avons tous envie de revenir au-devant de la scène après avoir souffert ces dernières années.

Qu’est-ce qui a changé pour que l’équipe soit sûre d’elle ?

Le plus grand changement c’est que l’équipe a mûri, elle a même beaucoup mûri.

Je me rappelle que ce même groupe réalisait d’excellentes prestations même à l’extérieur, mais ne gagnait jamais.

Face au Nigeria, au Sénégal, à la Guinée, au CapVert et autres nous étions supérieurs, mais nous perdions nos matchs bêtement.

C’était amer, mais c’était des leçons qui nous servent aujourd’hui.

Aujourd’hui, on peut dire donc que l’Algérie est capable de jouer les premiers rôles à la CAN et de matérialiser le rêve du tout un peuple d’aller en Coupe du monde ?
Notre objectif depuis le départ était de nous qualifier en Coupe du monde, mais nous n’y sommes pas encore. Si pour la CAN, nous y sommes presque, pour la Coupe du monde, il reste encore une étape cruciale avant la qualification.

Il n’est pas question de croire qu’on y est après seulement trois matchs, il reste encore du chemin à parcourir et les mauvaises expériences de 2006 et de 2008 sont toujours là pour nous rappeler d’où nous venons et nous obliger à rester tout le temps mobilisés.

Après nos deux dernières victoires, nous ne craignons personne, mais nous savons aussi que nous ne sommes pas encore qualifiés.

Ne pensez-vous pas que le niveau individuel des joueurs s’est amélioré aussi ?
En effet.

Il y a quelques années, plusieurs joueurs évoluaient encore en D2 dans les clubs européens alors que maintenant presque tout le monde est titulaire en D1.

Cela se répercute forcément sur le rendement de l’équipe nationale.

La victoire contre la Zambie a refroidi un peu les ardeurs des Egyptiens qui venaient de battre l’Italie.

Qu’en pensez-vous ?
Pour moi, la Coupe des confédérations est un tournoi amical.

Ils avaient beau tenir tête au Brésil et battre l’Italie, ce qui compte à la fin ce sont les éliminatoires.

Et là je peux vous dire que les Egyptiens ont perdu deux précieux points face à la Zambie. Les Egyptiens peuvent battre le monde entier mais contre nous, ils seront stoppés car cette rencontre dépasse le cadre d’une simple rencontre de football.

Ils l’ont vérifié à leurs dépens à Blida où nous leur avons administré une leçon de football. Personnellement, je n’ai jamais accepté qu’ils nous snobent depuis le tirage au sort.

Comment osent-ils défiler dans les rues à l’annonce du tirage au sort ?
Comment expliquez-vous leur victoire contre l’Italie et leur défaite contre nous ?
Soyons sincères avec nous-mêmes en disant que les Egyptiens n’ont pas été fameux malgré la victoire contre des joueurs dont le seul souci était de partir en vacances.

Je suis convaincu que l’Egypte ne pourra jamais jouer à Chililabombwe contre la Zambie ni à Kigali contre le Rwanda de la même manière que contre le Brésil ou l’Italie.

Ne pensez-vous pas que la force de ce groupe et la bonne entente entre les locaux et les pros ?
De ce côté-là, il n’y a rien à dire pourvu que le Bon Dieu nous préserve. Nous avons tous saisi le message du coach qui nous a fait savoir que son souci c’est d’aligner les meilleurs et les plus en forme.

Désormais, nous formons une seule famille puisque même le remplaçant est là pour aider l’équipe en encourageant ceux qui sont sur le terrain.

Beaucoup de grands joueurs n’ont même pas eu le privilège de jouer une Coupe du monde.

Rêviez-vous de le faire lorsque vous faisiez partie des sélections françaises jeunes ?
Je vais peut-être vous étonner, mais lorsque j’ai joué en équipe de France, on ne m’avait pas donné le choix. On venait dans les centres de formation et on prenait les meilleurs.

A cette époque, je rêvais de jouer la Coupe du monde, mais avec l’Algérie et en écoutant Qassaman.

Wallah, c’était ça mon souhait et mon rêve. Je n’ai jamais pensé jouer une grande compétition avec la France, mon père ne l’aurait d’ailleurs jamais accepté.

L’arrivée de joueurs comme Yebda et Meghni peut-être positive pour le groupe ?
Naturellement.

Beaucoup de joueurs peuvent apporter un plus à l’équipe nationale comme Yebda et Meghni, mais aussi Abdoun et Boudebbouz.

Ces joueurs voulaient jouer pour l’Algérie bien avant nos victoires face à l’Egypte et la Zambie, ils seront donc les bienvenus.

Et ceux qui hésitent encore à le faire ?
Qu’ils restent chez eux, c’est mieux.

Celui qui n’est pas convaincu par son choix ne doit pas venir.

Visez-vous Mehdi Lacen ?
Je ne vise personne encore moins Lacen que je ne connais même pas.

Dans ce groupe, nous n’acceptons pas que des joueurs qui sont actuellement en vacances alors que nous combattions en Afrique viennent faire irruption dans le groupe une fois la qualification en Coupe du monde acquise.
C’est injuste et inacceptable !

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