Mardi 15 février à 8:42
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Tlemcen capitale de la culture islamique 2011 : Lumières sur le patrimoine musulman

Tlemcen capitale de la culture islamique 2011 : Lumières sur le patrimoine musulman

C’est aujourd’hui que s’ouvre la manifestation «Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011». Dans la symbolique, c’est une première. C’est la première fois, en effet, qu’une ville algérienne accueille une manifestation d’envergure internationale. Le choix de la date n’est pas fortuit puisqu’il coïncide avec la naissance du prophète.

Selon le programme de la cérémonie inaugurale Mme Khalida Toumi, ministre de la Culture, donnera le coup d’envoi en présence de plusieurs troupes artistiques. La délégation ministérielle se rendra au mausolée Sidi Boumediene pour se recueillir à la mémoire du saint homme. Des confréries des Aïssawa de Tlemcen, Constantine, Annaba y participeront à l’ouverture de la manifestation. Celles-ci procéderont à cette occasion à la remise des oriflammes à la ministre. Evénement important s’il en est, Tlemcen capitale de la culture islamique 2011 polarise l’actualité locale. De prime à bord, les travaux de réfection et de réalisation d’infrastructures culturelles, et hôtelières donnent un avant-goût de ce que sera cette manifestation.

La ville natale du monstre sacré de la littérature algérienne de graphie française, Mohamed Dib, est en chantier. Le patrimoine architectural islamique de la région fait l’objet de réhabilitation. Les chefs de projets travaillent d’arrache-pied pour que la manifestation reste dans les annales. Tout le monde aura constaté qu’en prévision de ce grand événement, la capitale des Zianides a d’ores et déjà opéré sa mue. Elle s’est préparée comme il se doit en vue d’abriter, une année durant, la manifestation, qualifiée à juste titre d’espace de dialogue entre les cultures qui représentent l’un des fondements conceptuels de la philosophie des capitales culturelles. En plus de la participation des pays musulmans, des délégations représentant des pays de confession autre que musulmane prendront part à ce grand événement. Et pour bien accueillir ses hôtes et leur permettre de connaître l’histoire de la région qui date de plusieurs siècles, la wilaya a lancé une vaste opération de restauration des anciens vestiges et la réalisation à travers la région de plusieurs infrastructures d’accueil. Ainsi, pas moins de quatre palais de Culture datant de l’époque zianide seront réhabilités, en plus de la construction du nouveau palais de la Culture, dont les travaux sont en voie d’achèvement. Selon un responsable du département de communication de la manifestation, la réception de cette infrastructure culturelle qui permettra, une fois opérationnelle, de donner un coup de starter à l’activité culturelle dans toute la région, est prévue pour la fin du mois en cours.

RÉALISATION DE PLUSIEURS INFRASTRUCTURES

Ce palais, véritable joyau architectural pour la construction pour lequel une enveloppe financière de cent milliards de centimes a été allouée s’étale sur une superficie de dix mille mètres carrés. Cette infrastructure culturelle, construite dans un style arabo-mauresque, est composée d’une salle de spectacle de 2300 places, d’une salle de conférence de 300 places, d’une bibliothèque, d’une médiathèque, d’un hall d’exposition et d’un grand restaurant. Sur le site, les travailleurs comme une colonie de fourmis. Plus de 80 ouvriers s’affairent, chacun en sa spécialité, à faire son boulot. Même la nature semble s’y prêter. En ce début de février un soleil radieux inonde de ses flammèches invisibles la ville de Tlemcen. Un conducteur de travaux, la quarantaine consommée, affirme que tous sont conscients de la tâche qu’ils doivent accomplir pour réussir le challenge. Chaque matin, dit-il, « nous rassemblons les ouvriers pour leur parler de l’importance de cette manifestation et la nécessité, pour eux, de faire un travail professionnel qui permettra à notre ville de présenter son image de marque et de faire connaître toutes ses richesses ». Même dynamique au centre d’études andalouses, dont les travaux de réalisation ont été entamés depuis début janvier 2010. Cette merveille architecturale, qui fait face au palais de la Culture, est dédiée au savoir. Elle s’étale sur une superficie de 12000 mètres carrés. Une fois fonctionnelle, elle se consacrera à étudier tout ce qui de loin ou de près se rapporte à la civilisation andalouse. La réception de ce centre, dont la réalisation a nécessité une coquette somme de 600 millions de dinars, est prévue pour fin mars prochain. Le centre est composé d’ateliers et de laboratoires de recherche. Autre réalisation, le palais royal de lecture publique, dont le taux d’avancement des travaux a atteint 60%. Ce projet est conçu pour encourager à la lecture, chez les enfants notamment. Réalisée dans un style architectural moderne, cette infrastructure est composée d’une salle de conférence et d’une médiathèque, reliées toutes les deux à une galerie d’exposition. En outre, la réalisation d’un centre de recherche d’études islamiques, spécialisé dans le rite malikite, est salué par la communauté scientifique locale, en particulier les chercheurs spécialisés dans les domaines qui se rapportent à la période malikite. La localité de Koudia a bénéficié de la construction d’un théâtre de verdure. Cette réalisation encouragera sans doute l’activité théâtrale dans la région qui regorge de jeunes comédiens en herbe. D’une capacité d’accueil de 2500 places, le théâtre de verdure sera achevé au mois de mars prochain. D’après certaines indiscrétions, le coup d’envoi de cette manifestation sera donné à partir de là. A quelques encablures du site, deux grands pavillons d’expositions sont en cours de réalisation. Ces deux infrastructures répondent aux normes internationales et pourront, à l’avenir, abriter des foires nationale et internationale. L’ex-mairie du centre-ville qui date de 1883 sera réhabilitée en un musée national d’art.

LE PALAIS ROYAL EL MECHOUAR RÉHABILITÉ

Le palais royal El mechouar fait également l’objet de réhabilitation. Pas moins de 70 ouvriers fouillent et restaurent ce joyau datant de plusieurs siècles. Masmoudi Lyes, chef du projet, affirme que le taux d’avancement des travaux, lancés au mois de mai 2010, a atteint 80%. Selon lui, des ingénieurs restaurateurs et des conducteurs de travaux déploient d’énormes efforts pour terminer les travaux dans les délais impartis. M. Masmoudi souligne que contrairement au travail de fouille qui demande une concentration et une minutie importantes, la restauration ne pose pas beaucoup de problèmes. Par ailleurs, dans le cadre de la restauration du patrimoine architectural islamique, 12 mosquées sont concernées par la réhabilitation. Il s’agit notamment de la grande mosquée de Tlemcen, dont les travaux sont déjà achevés. Selon les responsables du département de la communication de la manifestation en question, la restauration des lieux de culte est prise en charge par le ministère des Affaires religieuses. Pour assurer un meilleur accueil à ses invités, la capitale des Zianides a lancé une opération de construction d’un nombre important d’infrastructures hôtelières, alors que d’autres sont en voie de l’être. Les travaux réalisation de l’hôtel Mariotte sont achevés, tandis que l’hôtel Ibis est en cours de réalisation. La réfection de l’Hôtel Zianide, une merveille de cinq étoiles, est également en voie d’achèvement. A cela s’ajoute la mobilisation d’autres infrastructures d’accueil à Maghnia, Sidi-Bel-Abbès et Aïn Témouchent. Par ailleurs, la radio locale s’est aussi mise de la partie en vue de médiatiser l’événement. Depuis quelques jours, des émissions en rapport avec la manifestation ont été diffusées sur les ondes de la radio.

UN ACQUIS POUR LA CULTURE

Rencontré au centre international de presse, l’écrivain-journaliste Belkacem Benabdellah souligne que cette manifestation est un grand acquis pour l’Algérie et les hommes de Culture. La diversité des activités culturelles se répercutera sur la vie culturelle si elle est bien exploitée. Dans le même contexte, il affirme que cet événement permettra de booster le tourisme culturel à moyen et long terme. Par ailleurs, des tournées artistiques sont programmées dans 9 wilayas de la région. Y participeront des troupes nationales, l’orchestre symphonique national et l’orchestre de musique andalouse qui animera un programme spécial pour l’occasion. Cette manifestation est aussi l’occasion d’éditer et de publier une version précieuse du Coran qui porte le nom de «Coran al Koudoussi» qui remonte au début du XX ème siècle.

APERÇU HISTORIQUE

Cette distinction est une véritable distinction décernée à la ville et au pays qui l’abrite. Ce titre est aussi une opportunité afin de valoriser la culture de cette ville, de rendre hommage aux trésors culturels et historiques, de renouveler son contenu en vue d’investir ce capital culturel et historique dans la construction du présent et d’avenir. Les capitales de la culture islamique sont sélectionnées sur la base d’un cahier des charges précis, prenant compte du rôle de la ville au service de la culture, de la littérature, des arts, des sciences et du savoir islamique et, tout au long de son histoire et de son apport à la civilisation universelle, à tous les peuples. Abriter cette manifestation est aussi une aubaine pour la ville de Tlemcen de créer de nouveaux espaces culturels et de réhabiliter ceux qui existent. Notons que Tlemcen est choisie capitale de la culture islamique en raison de sa longue histoire et de ses joyaux architecturaux qui représentent la plupart des époques islamiques. Elle est aussi l’une des plus anciennes cités algériennes, fortement marquée par l’époque islamique depuis la fondation du premier émirat islamique de Béni Ifren par la tribu des Zénètes, puis la fondation des Etats des Idrissides, des Fatimides et des Almoravides qui construirent une nouvelle cité qu’ils appelèrent Tlemcen. A cette époque, la capitale des Zianides, qui était aussi connue pour son importante activité commerciale, était une ville dédiée au savoir et était l’un des centres des sciences du Fiqh. Après la chute des Almoravides, Tlemcen est tombé sous la coupe des Almohades qui reconnurent la grande tribu algérienne des Zénètes et leur attribuèrent la régence de la ville en question et ce, jusqu’à la fondation du grand Etat des Zianides qui durera plus de trois siècles. Tandis que les responsables en charge de la préparation de la manifestation se plient en quatre pour mener à bien leur mission, là-haut, sur le promontoire dominant la ville, Lala Seti veille sur la quiétude de la cité.

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