SNTF : Benameur Mourad tire la sonnette d'alarme

mardi 30 juin 2009 à 7:06
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C’est un exposé particulièrement alarmant et dramatique que le DG de la SNTF, Benameur Mourad, a présenté hier aux sénateurs lors d’une journée d’étude sur le chemin de fer organisée par la commission équipement et développement local du Conseil de la nation.

«La SNTF est gravement déstructurée», a-t-il souligné d’emblée avant de lancer à l’assistance une série de chiffres, aussi effrayants qu’angoissants, lesquels témoignent de la terrible déchéance que vit actuellement celle qui fut naguère l’un des fleurons de l’économie nationale. D’abord, ces dernières années, la SNTF a perdu plus de 30 millions de voyageurs.En 2008, elle n’a transporté que 24 millions de voyageurs alors qu’en 1990 elle en transportait au moins 54 millions. Les Algériens fuient donc le train car les «prestations et les offres de la SNTF ne sont pas à la hauteur de la demande», reconnaît tout de go Benmaeur Mourad.

Le premier responsable de la SNTF va jusqu’à avouer que son entreprise a du mal à fonctionner le plus normalement possible. Et pour cause, la SNTF n’utilise que le tiers de ses locomotives !

«Le taux de disponibilité des locomotives est d’à peine 36%. Pour un fonctionnement normal, il nous faut un taux de disponibilité d’au moins 85%», a expliqué le DG de la SNTF.

Aussi, parmi les 10 000 wagons que compte le parc de la SNTF, 66 % sont en bon état et fonctionnels. Quant aux 425 voitures de voyageurs dont dispose la SNTF, 64% sont disponibles.

Côté finances, la SNTF est tout simplement aux abois. Avec un chiffre d’affaires qui ne dépasse guère les 4 milliards et demi de dinars, la Société nationale de transport ferroviaire ne peut aucunement faire face aux 50 milliards de charges, aux 20 milliards de dettes d’exploitation et aux 14 milliards environ de découvert bancaire.

En 2008, la SNTF a enregistré un déficit de 6 milliards de dinars. Et pour ne rien arranger à ce tableau noir, la SNTF subit quotidiennement les méfaits d’une infrastructure ferroviaire vétuste.

Il faut savoir à ce sujet qu’à l’indépendance de l’Algérie, il y avait 5 500 km de voies ferrées contre seulement 3 500 km actuellement. Et près de 1 200 km de voies ferrées sont abandonnées.

A cause de cette infrastructure déliquescente, la SNTF a connu en 2008 pas moins de 450 déraillements, soit un déraillement par jour.

Des accidents dramatiques qui s’expliquent également, précise Benameur Mourad, par le nombre extraordinaire des passages à niveau non gardés.

En effet, parmi les 1 544 passages à niveau recensés, seuls 219 sont gardés ! En 2008, 11 personnes ont péri suite à des accidents qui se sont produits à proximité de ces passages à niveau. Dans ce sillage, le DG de la SNTF n’a pas manqué d’attirer l’attention sur le danger des jets de pierre qui ont fait 51 blessés graves en 2008.

Rien que durant le mois de mai dernier, 9 autorails ont été caillassés et 10 automotrices attaquées au moyen de pierres sans compter les quelque 521 actes malveillants qui mettent chaque jour davantage la vie des usagers du train en danger.

Devant cet état des lieux des plus macabres, la SNTF a choisi tout de même de ne pas céder à la fatalité et a élaboré un plan de redressement, lequel a été approuvé par un Conseil interministériel le 7 juin dernier, et ce pour que l’entreprise remonte la pente.

Pour ce faire, 60 milliards de dinars ont été investis dans la modernisation des équipements et l’acquisition de nouvelles automotrices et autorails. 17 nouveaux autorails seront acquis dans les cinq années à venir et 38 automotrices seront réceptionnées avant la fin de l’année en cours.

Le fonds national d’investissement a octroyé un crédit, avec 1% de taux d’intérêt et sur une durée de 40 ans, à la SNTF afin que celle-ci poursuive ses efforts de modernisation nécessaires à sa survie.

Pour sa part, le ministre des Transports, Amar Tou, tout en reconnaissant que le transport ferroviaire a longtemps été marginalisé, promet la réalisation de 6 000 km de voies ferrées d’ici à 2014 pour un montant de 56 milliards de dollars.

De l’électrification des nouvelles lignes à la conclusion de partenariats avec des entreprises internationales, de nombreux projets sont au programme pour relancer la SNTF et la sortir de l’ornière. Celle-ci a grandement besoin d’une main tendue pour ne pas sombrer dans la faillite.

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