Entre l’impératif de la modernisation et les défis nouveaux, quelle stratégie pour l’ANP? La dynamique de la paix

jeudi 3 novembre 2016 à 9:15
Source de l'article : Lexpressiondz.com

L’expérience renforcée par les années durant lesquelles il a fallu faire face aux groupes terroristes a enseigné que la sauvegarde de la sécurité nationale, de la stabilité du pays et la protection de ses institutions méritent des sacrifices pour se hisser au niveau des armées modernes.

Traditionnellement, le premier poste budgétaire du pays depuis l’indépendance a toujours été celui de la Défense nationale, talonné par l’Education nationale. Ce n’est pas sans raison, l’expérience acquise au cours de la guerre de libération a fortement pesé sur la stratégie adoptée pour les défis majeurs auxquels l’Algérie s’est trouvée confrontée: assurer la défense du territoire et sa sécurité, promouvoir l’émergence d’un peuple longtemps assujetti en menant une lutte farouche contre un analphabétisme longtemps instrumentalisé par l’ancienne puissance coloniale. Ceci explique cela, mais aujourd’hui, les dépenses de la Défense nationale en 2016-2017 sont appelées non seulement à se maintenir, mais elles vont même augmenter au fur et à mesure de la poursuite du plan de modernisation, conduit à pas forcés.

Evalué à 10.46 milliards de dollars pour l’année 2016, le budget de la Défense nationale devrait ainsi passer à 10,86 milliards en 2017 et peut-être même dépasser la barre des11 milliards de dollars en 2018, selon les estimations des experts. En 2013, ce budget n’excédait pas les 8,7 milliards de dollars. Mais les défis multiples apparus aussi bien dans la région que dans le contexte global méditerranéen et arabe a imposé un surcroît d’efforts et de prévisions même si les planificateurs ont veillé à maintenir un certain équilibre en ce qui concerne le rapport entre le montant prévisionnel du secteur et le PIB, de telle sorte qu’en 2020 il est attendu une modeste, mais concrète réduction du pourcentage.

L’expérience renforcée par les années durant lesquelles il a fallu faire face aux actes subversifs des groupes terroristes a enseigné que la sauvegarde de la sécurité nationale, de la stabilité du pays et la protection de ses institutions méritent des sacrifices conséquents.

En outre, elle a conforté le projet de l’impérieuse obligation de modernisation des différentes armes afin de se hisser au niveau des armées modernes, en particulier dans les domaines aérien et terrestre. Consciente d’avoir été isolée, plusieurs années durant, face à une agression terroriste que plusieurs puissances occidentales «suivaient» avec une étrange bienveillance, l’Algérie a eu raison d’insister sur le caractère transnational du fléau, sur ses capacités de nuisance et son aptitude à frapper en tout lieu. Avec les attentats du 11 septembre 2001, la communauté internationale a enfin pris acte de cette vérité et s’en est suivie une prise de conscience internationale qui a, à la fois, légitimé et consacré l’expérience de l’ANP en matière de lutte antiterroriste.

Tel fut le contexte qui a présidé à la politique engagée depuis plus de cinq ans pour une professionnalisation accélérée de l’armée algérienne. Intégrant une mixité tributaire des valeurs de la nation, cette dynamique résulte du contexte géostratégique qui recèle plusieurs types de menaces d’un genre nouveau dès lors qu’influent les facteurs ethniques, sociaux et politiques porteurs de risques graves pour les équilibres régionaux et internationaux. Conjuguées à l’émergence des revendications des minorités et à une flambée du radicalisme religieux, ces menaces exigeaient une refonte des moyens ainsi que des programmes. Voilà pourquoi il était nécessaire et urgent d’adapter au plus vite ses capacités matérielles, techniques et humaines aux nouveaux défis qui imposent le recours à un armement sophistiqué et performant ainsi qu’à une restructuration des missions et des structures pour disposer de forces intelligentes, dans tous les sens du terme. C’est grâce à ces forces vives que l’armée algérienne pourra assumer son rôle de rempart contre les velléités d’asservissement de la décision politique et économique du pays, surtout qu’en parallèle des actions précitées un effort conséquent a été fourni pour la doter d’une industrie dont les premières productions situent la dimension stratégique future.

Le porte-avions admiral Kouznetsov ravitaillé au port d’Oran
Parti de Severomorsk, le porte-avions Admiral Kuznetsov, escorté par le croiseur de bataille Pierre le Grand, le vaisseau anti-sous-marin Severomorsk et cinq autres navires de la flotte du Nord, a longé les côtes européennes sous l’escorte des flottes norvégienne, britannique puis française, avant de gagner les colonnes d’Hercule pour rejoindre, en Syrie, d’autres bâtiments qui appuient les opérations de Damas et de Moscou contre les groupes rebelles et terroristes. Passé le détroit de Gibraltar, la flotte devait s’approvisionner en carburant au port de Ceuta, l’enclave espagnole au Maroc. Mais l’Espagne, sommée par l’Otan, a boycotté l’armada russe. Le pétrolier Serguey-Osipov a donc trouvé mardi au port d’Oran le carburant nécessaire et la flotte russe va poursuivre son voyage, après des exercices prévus aujourd’hui même, près des côtes de Jijel.

7 terroristes abattus et 4 autres arrêtés en octobre
Sept terroristes ont été abattus et quatre autres ont été arrêtés en octobre dernier par les forces de l’Armée nationale populaire (ANP), a indiqué un bilan dressé sur la base des chiffres avancés par le ministère de la Défense nationale (MDN), précisant que quatre terroristes se sont rendus durant la même période. En octobre dernier, 35 éléments de soutien aux groupes terroristes ont été arrêtés et 21 kalachnikovs, trois pistolets-automatiques, 44 fusils et 16 caches de munitions et 12.715 balles récupérés, indique-t-on de même source. 31 bombes artisanales et neuf mines ont été détruites, a précisé la même source, ajoutant que 55 caches et deux ateliers de fabrication d’armes et d’explosifs ont été détectés. Concernant la protection des frontières et la lutte contre le crime organisé, les opérations menées en octobre dernier ont permis l’arrestation de 318 contrebandiers, 60 trafiquants de drogue et 1173 migrants clandestins.

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