Convention d’ottawa sur les mines antipersonnel: L’Algérie honore précocement son engagement

mardi 19 septembre 2017 à 14:01
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

De notre envoyé spécial à Hassi-Bahbah Mohamed Kebci
L’Algérie vient d’honorer la convention d’Ottawa sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction, signée à Oslo, il y a exactement 20 ans, le 18 septembre 1997.

C’était hier, à l’occasion d’une cérémonie de destruction du stock restant au pays des mines antipersonnel qui a eu pour arène le polygone central de l’air sis à Hassi Bahbah, dans la wilaya de Djelfa, relevant de la 1re région militaire.
Un stock constitué de pas moins de 5 970 mines dont la destruction au niveau de 18 fours s’est déroulée en présence du général de corps d’armée, vice-ministre de la défense nationale, chef d’état-major de l’armée nationale populaire, Ahmed Gaïd Salah.

aux côtés de membres du gouvernement, le ministre des affaires étrangères et son collègue des moudjahidine, de membres du corps diplomatique accrédités à Alger, d’attachés militaires et de représentants de la société civile et d’autres invités étrangers.
Dans son allocution à l’occasion, Ahmed Gaïd Salah a tenu à rappeler que l’Algérie a été à l’avant-garde de la lutte contre ce fléau et ce, au lendemain du recouvrement de son indépendance et de sa souveraineté nationale.

Ceci en s’attelant à la «traque» de ces mines anti-personnel, cette autre forme de la «tyrannie que le colonialisme a eu à infliger au peuple algérien, semant désolation et mort, fauchant des populations civiles innocentes, notamment disséminées le long de nos frontières est et ouest dans le cadre des tristement célèbres lignes Challe et Morice».

Ce vaste chantier mené donc, depuis 1963, en dépit de la nature complexe des reliefs de certaines régions et abstraction faite du déplacement des mines dû aux facteurs climatiques, notamment l’érosion des terres, a été achevée le 1er décembre écoulé «sans aucun incident» et avec «professionnalisme conformément aux standards internationaux de déminage et ce, quatre mois avant l’échéance fixée par la convention d’Ottawa à l’Algérie. Une démarche de déminage et d’assainissement du territoire national «précoce» puisque engagée bien avant la convention d’Ottawa, dictée par les «circonstances particulières auxquelles l’Algérie a dû faire face», dira encore l’intervenant, reprenant le président de la république qui a présidé une cérémonie similaire le 24 novembre 2004.

C’est aussi une démarche s’inscrivant en droite ligne de «l’engagement international qu’il nous tenait à cœur d’honorer d’autant que l’Algérie a énormément souffert des séquelles de ce fléau et ose espérer que les dispositions de cette convention soient scrupuleusement respectées par tous».
Et cette opération de déminage et d’assainissement du territoire national menée en deux phases, de 1963 à 1988 et de novembre 2004 au 1er décembre 2016, s’est soldée, dira encore le vice-ministre de la défense, chef d’état-major de l’ANP, par la découverte et la destruction de 8 854 849 mines et la dépollution de 62 421 hectares de terres à vocation agricole et pastorale remise aux autorités locales ayant servi à la localisation de nombreux programmes de développement au profit des populations. Ceci en sus du rétablissement de la sécurité au niveau de ces régions qui ont fait face jusque-là à un danger persistant pour les citoyens.

Des citoyens dont 7 300 ont été victimes de ce fléau dont 4 830 durant la guerre de libération nationale et 2 470 après le recouvrement par le pays de son indépendance et de sa souveraineté nationale.
Exprimant son espoir que le combat de la communauté internationale contre les mines antipersonnel soit mené à son terme à l’horizon 2025, Gaïd Salah a néanmoins assujetti la sécurité de la planète à confronter et à surmonter d’autres défis majeurs, dont le terrorisme transnational, y compris les causes de sa persistance et de sa propagation, notamment l’extrémisme sous toutes ses formes, le trafic de drogues, le blanchiment d’argent, le trafic d’armes et d’êtres humains.
autant de défis non moins dévastateurs qui doivent, en conséquence, interpeller la communauté internationale, au même titre que les mines antipersonnel».
M. K.

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