Saison Estivale 2009 : La concession des plages interdite

mercredi 10 juin 2009 à 8:27
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boumerdes3.jpgS’étendant sur une distance de 97,5 km, de l’oued Mazafran à l’Ouest à l’oued Réghaïa à l’Est, le littoral algérois est composé de grandes plages situées à Zéralda, Staouéli, Bordj El-Kiffan, Aïn Taya, Herraoua, Réghaïa, et de moyennes et petites plages ainsi que des criques.

Il compte environ 83 plages dont 54 sont autorisées cette année à la baignade, soit six de plus par rapport à l’année dernière, incluant Djamila Beach, dans la commune de Aïn Bénian, aménagée en extension du port de plaisance de la magnifique La Madrague.

Pour le non averti, préparer la saison estivale se limite à quelques semaines consacrées au nettoiement des plages et au badigeonnage des petites infrastructures servant à la surveillance des baigneurs.

Pourtant, la réalité est tout autre. Le DG de l’Agence pour la promotion et la protection du littoral (APPL), Saïd Kochaïda, avec qui nous avons effectué une virée à travers les différentes plages de l’Algérois, autorisées cette année au public, précise que la mission de cet établissement s’étale sur toute l’année.

Il faut savoir dans ce sens qu’avant d’arrêter la liste des plages à mettre à la disposition du public et celles à interdire, la wilaya fait procéder d’une manière contradictoire à des analyses des eaux de baignade au niveau de l’Institut Pasteur pour les prélèvements effectués par l’APPL et l’établissement chargé de l’hygiène urbaine (HURBAL) pour ceux acheminés par les bureaux communaux d’hygiène.

Contrôle régulier de la qualité des eaux

À ce titre, plus de 550 échantillons, répartis en quatre campagnes, ont subi des analyses bactériologiques à ce jour par l’Institut Pasteur pour le compte de l’APPL.

De plus cette dernière prend en charge pour le compte de la wilaya, le contrôle régulier de la qualité des eaux de 15 piscines ouvertes au public par le biais d’analyses bactériologiques hebdomadaires auprès de l’Institut Pasteur.

L’APPL possède une banque de données relatives à la qualité bactériologique et physico-chimique des eaux de baignade de toutes les plages de la wilaya sur la période de 1999 à 2009. Cet établissement a en charge d’autres missions axées autour de l’identification et du suivi des sources de pollution ainsi que la surveillance de la qualité du milieu marin côtier.

Pour cela, il y a mise en place et actualisation périodique d’une banque de données relatives aux rejets des unités industrielles de la wilaya, appuyées par des visites sur sites. À ce jour, 834 unités ont été visitées ayant conduit à 591 questionnaires dont les données sont enregistrées dans la banque en question.

De même que des analyses sont effectuées tous les quatre ans concernant la pollution par les métaux lourds, les hydrocarbures et les organochlorés avec la collaboration de l’Ismal. Ces analyses portent sur les 17 stations réparties sur tout le littoral, avec 2 à 3 points de prélèvement par station.

En plus du suivi de la qualité bactériologique des eaux de baignade, l’APPL a mis en place depuis 2006, quatre réseaux de surveillance environnementaux et un Système d’information géographique (SIG). L’érosion côtière : le réseau couvre l’ensemble des plages sableuses de la wilaya d’Alger et permet de donner le niveau précis du recul des plages depuis 1956, le suivi du phénomène de phytoplancton toxique ou eaux colorées au niveau des stations représentatives de la wilaya.

Il faut savoir à ce sujet que ce phénomène est cycliquement observé ces dernières années sur le littoral algérois, particulièrement dans la partie est de la wilaya. Cette surveillance est très importante pour la consommation des produits de la mer.

Ainsi, il a été observé le 03 du mois dernier, au niveau des plages Eden à Bologhine et El-Kettani à Bab El-Oued lors de « prélèvements effectués par l’APPL et analysés par l’Ismal, qui ont fait ressortir que l’espèce est Noctiluca Scintillans, un dinoflagellé prédateur non photosynthétique qui est à l’origine d’eaux colorées en rouge orangé et synthétique.

C’est une espèce cosmopolite. Les blooms qui sont des proliférations cellulaires importantes sont souvent de l’ordre de plusieurs millions de cellules par litre. Les blooms des plages Eden et El-Kettani sont monospécifiques.

Cette espèce n’est pas toxique pour l’homme. Il est à signaler que la coloration a disparu le lendemain », explique le DG de l’APPL. Le troisième réseau concerne l’évaluation de la pollution marine et son suivi par l’utilisation d’indicateurs de pollution appelés biomarqueurs, et enfin le quatrième réseau de suivi des herbiers de Posidonie indispensables à l’activité biologique et au maintien des stocks de poissons de la wilaya.

Pour ce qui est du Sig, ce système mis en place depuis trois ans permet de disposer de l’information cartographique concernant les occupations et les usages qui sont faits de la zone côtière. Cet instrument permet le suivi, l’évolution et la planification de cette zone sensible et fragile.

Pour la saison 2009, la wilaya met à la disposition du public 54 plages, soit six de plus par rapport à l’année dernière. Les nouvelles plages sont La Poudrière et l’Eden à Bologhine, de longueurs respectives de 100 et 150m, Casino et Plage artificielle à Aïn Benian de longueurs respectives de 33 et 150 m, Belvédère à Hammamet d’une longueur de 110m et La Grande Vigie à Raïs Hamidou d’une longueur de 140m.

Gare aux pollueurs !

Cependant, comme le fait remarquer notre interlocuteur, les efforts entrepris par les différents services de la wilaya risquent de s’avérer vains devant l’obstination de ceux qui sont souvent à l’origine de la pollution de ces lieux de détente pour les Algérois et Dieu sait combien il en manque dans la capitale.

Nous avons pu constater au cours de notre visite que certaines plages, bien qu’ayant bénéficié d’une soigneuse toilette, seront boudées par les amateurs de la Grande bleue. La cause trouve malheureusement son origine du fait d’une pollution manifeste tel le cas de la plage La Fayette à Hammamet dans laquelle sont déversés les rejets de l’hôpital de Baïnem.

Une catastrophe écologique est en train de se produire à cet endroit habité par plusieurs familles. Des associations n’ont pas manqué de tirer la sonnette d’alarme sur cette situation impliquant un établissement hospitalier de surcroît.

La section environnement de la gendarmerie nationale avait de son côté alerté les autorités locales sur la question, appuyant leur préoccupation par des analyses avérées plus qu’inquiétantes. Et la question qui reste posée est de savoir si les responsables du secteur concerné ont pris réellement conscience de la gravité du sujet ?

En attendant une réaction de ce côté, les résidents eux n’ont qu’à subir les conséquences. Et il peut arriver aussi que la source de pollution provienne des citoyens comme c’est le cas pour les plages Deux Chameaux, Coco Plage ou encore la plage le Belvédère où les habitants des lieux ont carrément fermé l’accès à cette petite baie par toutes sortes d’obstacles y compris par des montagnes de détritus et immondices abritant une espèce de rats devant lesquels chiens et chats ont fini par leur céder le terrain. Il y a lieu de savoir enfin que cette année, 29 plages sont interdites à la baignade pour cause de pollution.

Ces plages sont Champs de tir à Zéralda, El Bahdja et l’Îlot à Aïn Bénian, La Fayette et Campino à Hammamet, Club Nautique et Rascasse à Raïs Hamidou, Deux Chameaux et l’Olivier à Bologhine, Kaa Sour à La Casbah, les Sablettes à Belouizdad, Piquet Blanc à Hussein Dey, Lido à Mohammadia, Stamboul à Bordj El Kiffan et Coco Plage à Bordj El Bahri.

Toute forme d’appropriation des espaces est interdite

Après avoir identifié l’ensemble des contraintes pour garantir un bon déroulement de la saison estivale 2009, des actions ont été menées par les directions de la wilaya comme la DTP, DHW, environnement, ainsi que les EPIC Asrout, Hurbal, Netcom, Erma, Egctu, Edeval, Mcu et les APC : du curage des fosses, aménagement des parkings, goudronnage de certains accès, éclairage renforcé, dotation de sanisettes et de douches, installation de cabines pour la Protection civile et la gendarmerie, en passant par la plantation d’espèces fixatrices de sable et débroussaillage.

Fait marquant cette année, la wilaya tient encore une fois à rappeler que la concession des plages et toute forme d’appropriation des espaces sont interdites.

Le DG de l’APPL explique dans ce sens que la location de matériel de plage (parasols, chaises, transats, etc….) est toutefois autorisée à condition de respecter les règles retenues dans ce cadre, à savoir ne pas accaparer d’espaces et ne pas provoquer de gênes et désagréments au public.

Les citoyens pour leur part ne doivent pas céder devant l’intimidation de ceux qui usent parfois de moyens forts pour s’imposer. La plage est un lieu public et ne peut être en aucun cas approprié par qui que ce soit. Devant les récalcitrants, il y a lieu de faire appel aux forces de l’ordre.

Il est regrettable de constater que ces récalcitrants jouissent souvent de la complicité des élus jouant du « social » au détriment des vacanciers n’ayant d’autre solution que d’abouler un billet ou deux pour éviter une inévitable dégénérescence.

L’arrêté du SG de la wilaya d’Alger est assez explicite pour ce qui concerne le ski nautique avec utilisation de moyens motorisés à moins de 100 mètres du bord, de même que les embarcations et le matériel marin ne peuvent être laissés sur le bord de la plage ni sur les lieux réservés aux estivants.

Voilà qui est bien clair. En attendant l’entrée en vigueur du Plan Delphine, bonne trempette à tous et à toutes.

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