Saïdani et l' »opposition officielle »!

vendredi 7 octobre 2016 à 11:45
Source de l'article : Huffpostmaghreb.com

On attendait zaâma la sortie du Saïdani ce 5 octobre ! Cet homme, dont seul le prénom est stabilisé, et pas le nom – Saïdani pour les uns, Saâdani pour les autres – mandaté par je ne sais qui, a sévèrement critiqué – calomnié ? – l’ex-DRS, et son prédécesseur en toute liberté devant ses Mouhafedh et les ministres du FLN. Critiqué ? Calomnié ? Chargé ? Rapporté la voix de ses commanditaires ? Qui sait ?

Un discours bien évidement très préparé, et relayé abondement par une presse avide de scoops. Des attaques graves sans aucune preuve ! Et bien sûr, comme il fallait s’y attendre, on a eu doit à une réaction de Belkhadem qui a qualifié ce discours d' »ordurier ».

Quel spectacle ! Quel cinéma ! Quel malheur vit le pays qui, en plus de la grave crise économique qu’il connait avec ses problèmes sociaux récurrents, se heurte à une lutte interne entre les clans du pouvoir dans la quasi-indifférence de notre « opposition officielle », principalement des 4 ou 5 partis politiques les plus « représentés » à l’Assemblée nationale, envoyés par les 43 % d’électeurs officiels qui ont élu leurs députés en 2012 ! Comment expliquer ce silence presque complice de nos « opposants officiels » ?

A quoi servent les députés de l’opposition ? A quoi sert la « démocratie » chez nous ? A-t-on entendu ces « opposants officiels » lors des arrestations arbitraires ? Ou des innombrables affaires qui ont secoué le pays ces dernières années et que l’on ne peut même plus énumérées ?

En établissant, en 1988, une démocratie demi-portion assortie de partis politiques de tout genre, du crédible au folklorique, le gouvernement CHADLI de l’époque, a créé un mélange détonnant qui ne pouvait conduire qu’au chaos actuel. Quelle signification donner à la démocratie dans un pays qui importe l’essentiel de son alimentation, où le nombre de chômeurs croît sans cesse, où le coût de la vie est devenu insupportable pour de nombreux citoyens en quelques années et où le système éducatif est une fabrique de « désespérés » ?

Pauvreté du discours axé sur l’invective ! Louange d’un Président assis qui n’a pas parlé à son peuple depuis plus de 4 ans ! Pas de programme politique ! Pas de perspective de sortie de crise ! Pas même une pensée pour la partie du peuple qui souffre en silence. Non ! Des attaques ciblées d’un sniper télécommandé et aux abois. Des ministres assis qui écoutent leurs « Zaïm » dont certains avaient déjà servis Belkhadem et /ou fait l’éloge de « Rab Dzair ».

Si, comme le dit ce triste individu, l’ex-DRS est « chef de file » des officiers de l’armée française « déserteurs », et si Belkhadem est un « militant de France », comment expliquer que l’un et l’autre ont servi pendant des années Bouteflika ? « Rab Dzair » patron des services de sécurité depuis les années 90 jusqu’à son éviction en septembre 2015, et Belkhadem , après avoir été Président de l’Assemblé Nationale, a été ministre des affaires étrangères de 2000 à 2005, puis chef du gouvernement de 2006 à 2008 puis ministre d’Etat de 2008 jusqu’en 2012 ont toujours fait partie du « Système », seul terme pour désigner cette fausse démocratie et l’opacité du pouvoir.

Ce « Système » n’est pas « Par et Pour le peuple ». Il est exactement à l’opposé : il est à l’insu du peuple et parfois contre lui en dépit de cette communication du gouvernement comme par exemple la distribution de logements « gratuits », très largement médiatisée avec incitation à rendre grâce publiquement au Président ! Un droit absolu du citoyen transformé en « Mzia ».

Le peuple ne fait pas partie de ce Système dont les avantages sont partagés par ses trois composantes : la présidence, l’armée et les services secrets et leurs satellites qui travaillent dans son ombre.

A travers cette « lutte des clans » du Système, nous assistons à une dégénérescence des « institutions » et une clochardisation de la vie politique du pays sans précédent !

« J’appartiens à un gouvernement homogène, engagé et discipliné », disait Hamid Grine en décembre dernier. Phrase qui prêterait à rire si la situation n’était pas aussi dramatique.

Cette lutte des clans présage-t-elle une fin de règne ? Tout porte à le croire ! Bouteflika est au pouvoir depuis plus de 17 ans ! « Tout ce qui est excessif est insignifiant », disait Talleyrand. Insignifiant peut-être. Dommageable certainement !

A lire aussi :

Mots clés :

Laissez un commentaire :

Abonnez-vous à Algérie360 par email

Actualités en direct

Algerie360 - Rejoignez nous sur Facebook
23 queries in 0,420 seconds.