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Révélations Wikileaks sur la santé du président : Bouteflika souffrait d’un cancer de l’estomac

Révélations Wikileaks sur la santé du président : Bouteflika souffrait d’un cancer de lestomac

On savait que c’était un cancer, mais les officiels algériens ont tout fait pour cacher la vérité. Selon un câble de l’ambassade américaine à Alger, révélé par le site Wikileaks et obtenu par l’agence Reuters, le président algérien souffrait d’un cancer. « La mystérieuse maladie dont avait souffert président algérien est le cancer, et non un ulcère de l’estomac comme l’ont suggérée les médias d’Etat », écrit jeudi 24 février l’agence Reuters. Celle affirme avoir obtenu le document de source indépendante.

Celle-ci s’appuie sur un câble diplomatique de l’ambassade américaine à Alger en date du 03 janvier 2007. Reuters affirme avoir obtenu le document de « manière indépendante ».

Si le document indique que la maladie du président est bel et bien un cancer, il suggère que la pathologie cancéreuse est en rémission et que le président algérien « pourrait encore vivre plusieurs années ».

« Les documents de Wikileaks, écrit l’agence, suggèrent également le président, soutenu par l’armée quand il a été élu chef de l’Etat en 1999, a par la suite eu des liens difficiles avec les services de renseignement militaire, largement considéré comme un des piliers du pouvoir en Algérie. »

Ces révélations, ajoute Reuters, interviennent au moment où Bouteflika tente d’empêcher que la révolte dans le monde arabe n’atteigne l’Algérie.

En novembre 2005, le président Bouteflika avait été évacué en urgence en France pour y subir une intervention à l’hôpital Val de Grâce.

Un communiqué de la présidence indiquait à l’époque que « suite à des troubles au niveau de l’appareil digestif, Son Excellence, Abdelaziz Bouteflika, Président de la République, a subi ce samedi un contrôle médical à l’hôpital Ain Naadja à Alger. Sur indication des médecins qui l’ont examiné, le Chef de l’Etat s’est déplacé ce (même) jour à Paris pour subir un bilan médical plus approfondi ».

Depuis cette opération à l’estomac la version officielle est que le président souffrait d’un ulcère hémorragique equel avait été opéré avec succès.

Après une période de convalescence de plus d’un mois, le président a regagné le pays. Bien qu’elle soit souvent mise en doute, les officiels algériens se sont tenus à cette version.

Le secret autour de la maladie du chef de l’Etat est tel que ce thème est devenu presque un sujet tabou.

La version d’un ulcère hémorragique est contestée dans un câble du 3 janvier 2007 émis par l’ambassadeur américain à Alger, Robert Ford.

« Un médecin familier de l’état de santé du président Bouteflika nous a récemment dit, dans la plus stricte confidentialité que le président souffrait d’un cancer – comme cela a été largement spéculé – mais qu’il était actuellement en rémission, permettant au président de remplir ses fonctions », écrit l’ambassadeur.

« Si s’avérait vrai que le cancer du président Bouteflika est en rémission, il pourrait expliquer l’affirmation de confiance du président qu’il ne va nulle part, du moins pas de sitôt », ajoute le câble.

En novembre 2006, le chef de l’Etat algérien avait reconnu qu’il avait été très malade, mais qu’il avait guéri d’une manière « absolument fabuleuse ».

Interrogé sur son état de santé en novembre 2006 à l’issue d’une audience accordé à Nicolas Sarkozy, Bouteflika avait rétorqué au journaliste avec le sourire : « J’étais malade, très malade. Je m’en suis sorti et je m’en suis sorti de manière absolument fabuleuse ».

En mars 2008 Bouteflika a déclaré à Reuters: « Tout le monde sait que j’étais malade et que j’ai dû suivre une convalescence sérieuse Mais maintenant, j’ai repris mes activités normales et je ne pense pas que cela devrait donner lieu à des commentaires ou des calculs qui sont plus ou moins fantaisistes. »

Reuters écrit encore : « Sollicité pour un commentaire, une source diplomatique algérien a déclaré ‘ Le président de la République ne souffre pas d’un cancer. Cette question a été soulevé auparavant et des réponses catégoriques y ont été apportées’. »

Un autre câble en date du 19 décembre 2007, cite un homme politique d’envergure qui affirme que Bouteflika souffrait « d’un cancer de l’estomac en phase terminale. »

Toutefois, dans un câble daté du 25 janvier 2008, l’ambassadeur Robert Ford a écrit que lors d’un entretien le 23 janvier avec l’ambassadeur de France en Algérie, Bernard Bajolet, celui a affirme que « l’état de santé de Bouteflika est meilleur et qu’il pourrait vivre encore plusieurs années. Son état de santé et son activisme lui a conféré plus de poids sur les militaires ».

Ces nouvelles révélations sur l’état de santé du président si elle ne constituent pas un scoop tant il est de notoriété publique que la maladie de Bouteflika était beaucoup plus sérieuse qu’on le laisse croire, elles ne confirment pas moins que le gouvernement algérien a délibérément caché la vérité à ses concitoyens.

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