Trafic dans le milieu des barons de l’import-export du rond à béton

mercredi 26 octobre 2016 à 22:16
Source de l'article : Lnr-dz.com

Lors de notre enquête journalistique portant sur le trafic du rond à béton à l’est du pays, la Nouvelle République s’est rapprochée de certains opérateurs et sociétés de transformation du fer qui activent depuis quelques années. Il a été constaté devant l’importante croissance de la production mondiale de l’acier ces dernières années que la grande demande en minerai de fer a provoqué vraisemblablement une flambée impensable et sans pareille des prix de la matière première, nous a-t-on fait savoir. La production mondiale a dépassé de loin les 1,3 milliard de tonnes depuis 2007.

A cet état de fait, il faut savoir que la Chine reste le premier pays producteur mondial d’acier avec plus de 475 millions de tonnes par an. Le complexe sidérurgique Arcelor Mittal à Annaba effectuait depuis des années des opérations d’achat des mines de fer en Afrique, soit près de 3 milliards de dollars qui ont été investis en 2007 par Arcelor au Sénégal et au Libéria pour l’acquisition de deux gisements de fer.

Or, ce grand producteur d’acier qui produit actuellement 1,2 million de tonnes, alors que la demande nationale en acier dépasse les 2, 5 millions de tonnes par an dont deux millions en rond à béton où l’Algérie importe chaque année près de 1,5 million de tonnes d’acier pour une facture de l’ordre d’un milliard de dollars par an.

Dans ce créneau, il est impératif de signaler que plusieurs opérateurs économiques continuent d’importer du rond à béton et d’autres métaux ferreux à partir de l’Ukraine, soit des matériaux défaillants invendables en Europe, à l’exemple de ceux qui avaient été la cause du séisme de Boumerdès ayant fait plusieurs milliers de morts.

On apprend de sources proches des services portuaires que trois navires étrangers ont déchargé dernièrement leurs cargaisons constituées de rond à béton et autres produits dans les ports d’Annaba et Skikda. Or, la production du fer ukrainien maintes fois dénoncée par des professionnels du bâtiment et en particulier par les ex-syndicalistes du groupe de Sider, irradié à la suite de l’explosion du radiateur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl Ukraine, survenu le 26 avril 1986 un accident classé au niveau 7 sur l’échelle INES très grave.

L’importation de ce matériau a pris réellement de l’ampleur vu le manque et la cherté de cette matière première malgré l’insistance des pouvoirs publiques en accordant à tous les importateurs l’analyse spectrographique de leurs produits par des laboratoires privés. En attendant, l’on continue malgré le contrôle d’importer ce qui s’achète à petit prix à l’étranger pour gagner gros à l’intérieur du pays.

Vraisemblablement, les importateurs du rond à béton sont devenus les multimilliardaires d’Annaba, ces gros bonnets de l’industrie et hommes d’affaires demeurent opaques. Selon des sources crédibles, il existe actuellement plus d’une soixantaine d’archi-milliardaires qui possèdent des villas haut standing et plusieurs biens immobiliers avec des comptes dans plusieurs banques au chef-lieu de wilaya.

Des spécialistes en la matière soulignent que le rond à béton a une durée de vie qui dépasse les vingt ans contrairement à celui qui est irradié. La capitale de l’acier vit ces derniers temps une véritable pénurie de produits ferreux. En tête, le rond à béton une situation qui serait liée à une forte spéculation alimentée par des milieux affairistes qui écument la région.

La tension est devenue telle que certains n’hésitent pas à passer à l’acte en volant les produits ferreux. Le prix du rond à béton qui s’est envolé ces jours-ci est cédé pour une tonne à 140 000 DA, soit la demi-tonne pour un prix de 14 000 DA, alors qu’il coûtait avant moins que cela. A titre illustratif, le type 19 du métal ferreux coûtait avant 4 000 DA, et aujourd’hui son prix atteint des sommets. Le type 12 se vendait il n’y a pas longtemps à 3 500 DA, aujourd’hui il est devenu rare sur le marché local.

Concernant la ferraille la tonne d’acier embobiné est cédée à plus de 600 dollars où les barrons de l’import-export en raison d’une conjoncture internationale favorable n’ont pas hésité un seul instant à investir le très juteux créneau des déchets ferreux. Cette activité prospère aujourd’hui dans presque toutes les villes de l’Est comme Annaba, El-Taref, Skikda, Guelma, Tébessa, Aïn M’lila et autres.

Ces déchets sont eux aussi exportés à l’étranger. Cette flambée des prix enregistrée cette année va négativement se percuter sur le secteur du bâtiment et des travaux publics à un moment où la relance des projets s’est nettement engagée ces dernières années. Un vaste trafic qui se fait au détriment de l’économie algérienne permet l’enrichissement illicite de centaines de personnes.

Rien pour le moment ne semble inquiéter les autorités, pour enfin lutter et réagir contre ce trafic qui prend une ampleur de plus en plus croissante, sachant que le grand perdant reste l’industrie sidérurgique nationale qui a un grand besoin en ferraille pour produire le rond à béton.

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