Le repreneur d’une raffinerie de sucre privatisée met les travailleurs à la porte

vendredi 4 août 2017 à 11:33
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

La SPA Rassila, détentrice de la raffinerie de sucre sise sur le territoire de la commune de Sidi-Lakhdar, vient de signifier à tous ses employés, par l’intermédiaire de leur section syndicale, «la dissolution anticipée» de l’unité de production, et ce, lors de la réunion qui a regroupé les représentants du groupe et les partenaire sociaux le 13 juillet dernier.
A l’issue de cette réunion, les responsables du directoire de la SPA ont proposé aux 280 ouvriers un règlement du volet social en 3 points, à savoir :
1- La mise à la retraite des ouvriers ayant atteint l’âge légal de la retraite.
2- La mise à la retraite des salariés éligibles au bénéfice d’une retraite anticipée.
3- L’octroi d’une indemnité dite de départ volontaire à déterminer en commun accord par voie de négociation collective.
Cette réunion a été clôturée par une sorte d’ultimatum demandant aux représentants syndicaux de formuler leurs propositions au plus tard le 16 juillet, en prévision de 2 autres réunions de négociations, prévues pour les 17 et 20 juillet, des délais très courts qui sont perçus par les salariés comme un empressement du groupe à «se débarrasser de cette affaire qui touche cruellement le sort de centaines de salariés avec leurs familles». Cependant, les salariés disent avoir le sentiment d’avoir été leurrés, grugés. Documents à l’appui, ils rappellent que le 8 janvier dernier, selon l’accord conclu, les salariés ont été mis au chômage technique pour une durée de 4 mois durant lesquels ils allaient percevoir 90% de leur salaire de base majoré de l’indemnité d’ancienneté et celle du salaire unique mensuelle estimée à 1 300 DA.
Cet accord stipule que les 4 mois d’arrêt de l’usine seraient mis à profit pour la remise en état des équipements, la réhabilitation de toute la chaîne de production. Toujours selon les représentants des salariés, les 4 mois de chaumage technique se sont écoulés sans qu’aucune réhabilitation de l’usine ait été entamée. Devant cet état de fait, et pour calmer le mouvement de contestation entamé par les salariés (rassemblements, si-tin et blocage de la RN 4), un second round entre les 2 parties a eu lieu le 25 mai dernier.
A l’issue de ce second round, un accord en 7 points a été conclu et qui a porté sur :
1- Une actualisation de la liste des personnels chargés de l’entretien et de la remise en état de l’usine, liste à revoir à la hausse.
2- L’octroi à une seconde période de 4 mois de chômage appelée à être raccourcie pour permettre à l’employeur de trouver les solutions techniques et juridiques à la crise.
3- Reconduite des mêmes avantages financiers que ceux afférents à la première période avec, cette fois, une indemnité mensuelle supplémentaire de 3 000 DA.
4- La réintégration des employés permanents à leur poste d’origine à l’issue de la période de chômage technique.
5- Au cas où l’employeur ne trouverait pas les solutions qu’il promet de réaliser, une autre convention collective sera nécessaire pour le maintien de l’usine en activité.
6- Les indemnités seront versées mensuellement au plus tard le 10 du mois suivant.
7- L’enregistrement de ce nouvel accord auprès de la Direction du travail.
Le changement de cap des représentants du groupe et le reniement des accords conclus ont poussé le collectif des 280 salariés à saisir le Premier ministre dans une correspondance datée du 27 juillet dernier pour solliciter son intervention afin de sauver l’usine à laquelle leur sort et celui de leurs familles sont liés. Le collectif des travailleurs rappelle que, depuis que le SGP a cédé la raffinerie au groupe Berrahal, l’usine n’a pas cessé de se dégrader parce que les engagements pris et les accords conclus entre les deux parties n’ont pas été respectés et qu’aucun des investissements promis et pour lequel des engagements ont été pris n’a été réalisé.
Selon les représentants de la cellule syndicale, c’est une sorte de chantage qui est fait à l’Etat. «Si vous m’accordez le crédit bancaire demandé je réhabilite l’usine, faute de quoi, je la ferme et je mets tout le monde dehors», et ce, après que le groupe Berrahal eut exploité la raffinerie pendant 8 ans.
Karim O.

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