Rachid Halet, député et membre du présidium du FFS : «La reconstruction du consensus national est plus que jamais à l’ordre du jour»

mercredi 2 novembre 2016 à 21:19
Source de l'article : Reporters.dz

Membre du directoire du FFS, le Dr Rachid Halet est aussi député de cette formation.  Il revient dans cet entretien sur la situation générale du pays, mais aussi sur celle de son parti.

Reporters : La scène politique est marquée notamment par le départ de Saâdani de la tête du FLN. D’aucuns pensent que cela prélude à un changement. Etes-vous de cet avis?
Rachid Halet : Saâdani avait une façon très personnelle de faire de la politique. Il n’avait aucune inhibition en matière d’attaques personnelles et ciblées. Son départ a été mis en scène de façon sophistiquée et soigneusement médiatisée.

Cela étant, il me paraît improbable que dans l’immédiat ce départ entraîne un changement des rapports de force, d’abord au sein du FLN, ensuite au sein de la coalition qui soutient le chef de l’Etat et d’une façon générale sur la scène politique algérienne. La préoccupation majeure des décideurs, est d’assurer une succession dans la continuité. Le départ de Saâdani est un élément accessoire dans cette équation.

Les futures législatives accaparent l’essentiel de l’activité partisane. Pourquoi ?

Notre parti n’est pas obnubilé par les élections législatives. Son objectif reste le changement du régime dans le cadre d’une reconstruction du consensus national. Le parlement à l’heure actuelle, après la révision de la Constitution et la nouvelle loi électorale, n’est pas en mesure de peser dans les politiques du pays. Dans la stratégie institutionnelle, le contrôle du Parlement est important. De même que la maîtrise des APC et de l’administration.

Pour les partis d’opposition réelle, c’est l’occasion d’une remobilisation de leur organisation et une occasion de remobiliser et de renouer le lien politique avec la population, et plus tard d’exploiter la fonction tribunicienne au sein de l’assemblée. D’autre part, la question de la participation ou non doit être évaluée au regard du contexte politique, économique et social global. Une contrainte majeure, c’est la loi électorale et la loi sur les partis politiques qui obligent pratiquement à s’intégrer même négativement dans le système politique.

Votre parti semble ne pas avoir trouvé la voie après la disparition du chef historique, notamment en ce qui concerne sa communication et sa visibilité sur la scène. Pourquoi cet état de fait et comment pensez vous y remédier ?

Une communication politique performante exige que soit réuni un certain nombre de conditions humaines, techniques et financières. Tout le monde connaît les budgets faramineux affectés à la communication politique dans les pays avancés. C’est d’ailleurs pour cela que certains pays ont limité le budget des campagnes électorales.

Cependant, je trouve votre constat trop sévère. Pendant tout l’été, le FFS a mené des activités qui ont été l’occasion de grandes mobilisations qui se comptent en milliers de personnes. A titre indicatif, je vous cite la célébration du 60e anniversaire du Congrès de la Soummam à Ifri Ouzelaguen, l’université d’été du FFS, la conférence économique et sociale et la célébration du 53e anniversaire de la fondation du FFS à Tizi-Ouzou. Sans compter les conférences de moindre envergure qui se comptent par dizaines.

En termes d’action politique, je pense en toute humilité que le FFS a fait la meilleure rentrée politique de l’année, que ce soit sur le pan du message et du discours ou en termes de capacité de mobilisation et d’interventions dans la société. Nous avons privilégié l’action et la communication de proximité. En termes de message politique, le concept du consensus national a occupé une place centrale dans le débat public.

L’option de la reconstruction du consensus national est plus que jamais à l’ordre du jour et elle s’imposera inéluctablement vu l’évolution d’une situation globale qui s’aggrave. Elle constitue le seul espoir pour le peuple algérien d’une issue démocratique et pacifique à la crise que traverse le pays.

Vous êtes membre du présidium du FFS et vous étiez très proche du défunt Hocine Ait Ahmed. Qu’en était-il des déclarations de Khaled Nezzar juste après le décès de Dda l’Hocine ?

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur ce sujet dans la presse. Je vous remercie pour votre question qui me permet de préciser mon précédent témoignage. Le général Khaled Nezzar a effectivement proposé à Hocine Ait Ahmed le poste de président. Ait Ahmed l’a déclaré publiquement et de son vivant, Nezzar ne l’a jamais contredit. Hocine Ait Ahmed n’a jamais menti au peuple algérien.

Lors de l’entrevue, à laquelle j’ai assisté avec Ait Ahmed et le professeur Madjid Benchikh, le général Nezzar a parlé d’un processus politique global qui aller suivre le coup d’Etat de 1992 et a proposé à Si l’Hocine une place et un rôle de premier plan, qui ne pouvait être que celui de la présidence. Cela dit, vous serez d’accord avec moi que ce n’est pas dans ce genre de réunion qu’on fait ces propositions.

En choisissant de parler spécialement de cette rencontre, Nezzar a tenté une manipulation dans la reconstitution des faits historiques. La proposition de la présidence de l’Etat a été faite à Hocine Ait Ahmed dans un autre lieu et dans un autre cadre.

Ait Ahmed a refusé, parce que toute sa vie, ses convictions et ses principes ne pouvaient en aucun cas lui permettre d’approuver, de cautionner et à plus forte raison de s’impliquer dans le processus qui aller suivre l’interruption du processus électoral en janvier 1992. Je me suis d’ailleurs posé la question de savoir pourquoi Nezzar a choisi de contredire Ait Ahmed après sa mort. Je crois, pour ma part, que cela participe d’une entreprise révisionniste.

Un dernier mot ?

J’appelle les militantes et les militants à d’avantage de vigilance. Le moment est trop sensible que ce soit pour le FFS que pour l’Algérie. Notre unité est notre seule force. En cette date historique et symbolique du 1er novembre, je tiens à dire que le consensus de Novembre a été l’élément fondateur de l’Algérie indépendante. Aujourd’hui, la société algérienne est dans le besoin d’un consensus national pour concrétiser les idéaux de l’appel de Novembre.

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