Ould Abbès répond à Belkhadem : «Le patron, c’est moi !»

dimanche 6 novembre 2016 à 18:24
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

Le nouveau secrétaire général du Front de libération nationale, Djamel Ould Abbès, a présidé, hier samedi, à l’hôtel El-Aurassi, à Alger, sa première grande manifestation ponctuée par sa première conférence de presse. L’occasion pour lui de dévoiler sa véritable «prise en main» et de faire quelques grandes annonces qui marquent le début effectif de son règne sur le premier parti du pays. «Le patron au FLN, c’est moi !» lancera-t-il d’emblée à l’adresse de Abdelaziz Belkhadem.

Kamel Amarni – Alger (Le Soir) – A une question relative au statut de l’ancien chef de gouvernement au sein du FLN, Ould Abbès répondra, en effet, comme suit : «Avec Abdelaziz Belkhadem, j’ai eu un entretien téléphonique il y a quelques jours de cela. Nous avons convenu de nous voir après son retour d’un voyage, me disait-il. Mais entre-temps, j’ai été surpris par ses déclarations, notamment ses propos malveillants. On ne fait pas du neuf avec un tissu râpé, affirmait-il. S’il faisait allusion à l’âge, je lui réponds qu’à 74 ans lui, aussi, il n’est pas vraiment loin (…)»
Pour Djamel Ould Abbès, il n’y a pas de «super-dissident» et Belkhadem ne sera pas traité comme tel. «Le Président Bouteflika l’avait honoré par une nomination au gouvernement comme moi je l’étais en décembre 1999. Il l’a même glorifié par d’autres nominations à d’autres fonctions par la suite (…) Moi, j’ai un principe. Les décisions du président de la République ne se discutent pas», ajoutera encore Ould Abbès en allusion au fameux décret présidentiel «bannissant» Belkhadem de toutes les institutions ainsi que du parti, le FLN.
Plus explicite, Ould Abbès poursuivra encore. «Il n’y a pas de front entre moi et Belkhadem. Mais le débat entre lui est moi est définitivement clos. Nous nous sommes entendus sur une chose, et j’ai entendu autre chose par la suite. Soyons sérieux ! Vous voulez que j’avale des couleuvres ? Eh bien , c’est mal me connaître. Je ne vais avaler ni couleuvres, ni boas, ni même de petits serpents. Je le dis sans l’insulter mais il faut qu’il sache définitivement que le patron, c’est moi.» On ne peut être plus clair : les contacts avec Abdelaziz Belkhadem appartiennent désormais au passé, et ce, contrairement à d’autres figures emblématiques du mouvement des «redresseurs».
Le SG du FLN l’affirme même : «Pourquoi focaliser uniquement sur Belkhadem ? Et Abdelaziz Ziari, ce n’est pas un militant ?» Il citera également d’autres personnalités avec qui il a eu des contacts et des réponses favorables, comme Salah Goudjil, Abdelkrim Abada, Mohamed Bourzam, Mohamed Séghir Kara, ou encore Kassa Aïssa et Boualem Djafar, tous deux délégués par Abderrahmane Belayat. Hier samedi, à l’hôtel El-Aurassi, Ould Abbès réunissait toute l’élite du parti. En l’occurrence, l’ensemble des ministres en exercice, une quinzaine, en plus du secrétaire général de la présidence, Heba El Okbi, et le conseiller Benameur Zerhouni, les deux groupes parlementaires au Sénat et à l’APN, dont son président, Larbi Ould Khelifa, les membres de la commission «études et prospective» présidée par le ministre de l’Agriculture, Abdesselam Chelghoum, ainsi que les 120 mouhafedhs du parti. A l’ordre du jour, deux points essentiels : le prochain passage au Parlement de la loi de finances 2017 et les prochaines élections législatives.
La consigne était claire, s’agissant de la loi de finances et des autres lois d’ailleurs : «Vous êtes des parlementaires. Le débat est libre mais, s’agissant du vote, vous ne devez jamais oublier que ce projet de loi est celui du Président Bouteflika. La discipline partisane doit primer sur toute autre considération.» Devant les cadres du parti réunis, puis, par la suite, en conférence de presse, Ould Abbès insistera longuement sur un fléau qui a pollué la classe politique et les élections en Algérie ces dernières années : «l’argent sale».

«J’ai des dossiers et je prendrai des mesures très sévères dans les prochains jours »
Le nouveau patron du FLN jettera un gros pavé dans la mare : «L’argent sale, ce qu’on appelle la chkara, est devenu un véritable fléau. Ils ont sali le parti et le drapeau ! Même du temps du parti unique cela n’existait pas.» Il ajoutera que ce phénomène a pris de l’ampleur lors des élections de 2012 mais il surprendra encore par cette annonce : «J’ai eu des informations très graves à ce sujet et, très prochainement, je prendrai des mesures très sévères. Que tous sachent qu’avec Ould Abbès, la chkara, c’est fini ! Les listes parallèles aussi, d’ailleurs.»

Le parton du FLN affirmera, également, qu’il saisira les services compétents à ce sujet.

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