Ould Abbès jouera-t-il l’ouverture politique ?

mardi 25 octobre 2016 à 15:13
Source de l'article : Lequotidien-oran.com

Djamel Ould Abbès qui a succédé à Amar Saadani à la tête du FLN a inauguré sa prise de pouvoir en se rendant à Raïs Hamidou (ex-St Eugène) où il a visité la maison de la famille Boukechoura dans laquelle les « six » ont décidé le déclenchement du 1er Novembre. Par cette visite, le nouveau « patron » du FLN a clairement visé à transmettre le message que le parti qu’il dirige désormais est toujours fidèle à ses origines : ce qui lui a été dénié d’une façon convergente par des personnalités historiques et des acteurs politiques ayant en raison de cela plaidé pour que son glorieux sigle entre au musée de l’histoire et ne serve plus de caution à une formation qui n’a plus aucune légitimité à en revendiquer l’héritage.

Le geste d’Ould Abbès a assurément une forte charge symbolique dont il espère qu’elle aura pour effet de ramener au FLN tous ceux qui l’ont quitté ou en contestent ce qu’il est devenu depuis l’indépendance. Rendre possible ce genre de retrouvailles pour l’ex-parti unique est probablement l’une des considérations dont il a été tenu compte pour la décision d’écarter Amar Saadani du poste de secrétaire général contre lequel il y a eu une levée de boucliers sous l’accusation de l’avoir dévoyé en lui faisant rompre avec ce qu’il avait pu conserver de sa filiation avec le 1er Novembre et les idéaux de la guerre de libération nationale.

Durant son exercice de la fonction de secrétaire général du FLN, ce dernier a tenté de redorer le blason de sa formation en lançant l’initiative de création d’un front intérieur dont il a justifié la nécessité par les menaces internes et extérieures visant l’unité et la stabilité de l’Algérie ainsi que sa souveraineté nationale. Il n’était toutefois assurément pas l’acteur politique apte à contribuer à la réalisation de ce pertinent dessein tant encouragé ou pas il a semé discorde et distribué l’anathème et l’insulte aussi basse qu’incongrue contre quiconque, partis ou personnalités, s’étant refusé d’adhérer à son initiative ou ayant contesté sa présence à la tête du FLN.

Apparemment, Ould Abbès n’aurait pas abandonné ce projet qu’il compte probablement relancer. Probablement que la « grande annonce » à venir dont il a énigmatiquement fait état à la presse au cours de sa visite dans la maison de l’immense militant de la cause nationale que fut Mourad Boukechoura, procédera de cette intention. Il n’est pas sûr pourtant que Djamel Ould Abbès puisse réussir la où son controversé prédécesseur a échoué, même s’il se montre moins agressif et clivant que lui dans ses rapports avec la classe politique et autres acteurs de la scène nationale.

L’obstacle à la création d’un front intérieur ne réside pas uniquement dans le fait que le promoteur de l’initiative a été un personnage peu ragoûtant et d’une arrogance méprisante. Il est fondamentalement dans les intentions qui sont celles du pouvoir le véritable instigateur et concepteur de l’initiative. L’opposition à qui elle a été proposée l’a rejetée en faisant valoir qu’à travers elle le pouvoir n’a d’autre but que de faire taire la contestation qui lui dénie toute légitimité et le présente comme étant le problème et non la solution à la crise multidimensionnelle dans laquelle il a plongé le pays.

Djamel Ould Abbès n’a ni le poids ni l’autorité qui lui permettraient de donner à l’initiative de constitution d’un front intérieur un contenu et des perspectives plus consensuels que ceux ayant été formulés dans celle de son prédécesseur. Il y a forte présomption que l’annonce promise par lui si elle concerne le front intérieur, se limitera à un remake des propositions avancées par Amar Saadani et refusées par les forces les plus agissantes dans le pays.

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