Mohamed Aïssa tire la sonnette d’alarme: « Les sectes envahissent l’Algérie »

lundi 10 octobre 2016 à 9:54
Source de l'article : Lexpressiondz.com

Le ministre des Affaires religieuses a déclaré aussi que les écoles coraniques évoluent dans l’informel et que plusieurs d’entre elles ont déjà été fermées.

«Nous vivons une véritable invasion sectaire» a déclaré hier le ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa, à la Radio Chaîne 3. Cette déclaration, qui se veut à la fois l’expression d’une inquiétude profonde et un appel à la vigilance et à la mobilisation. «Nous vivons une déstabilisation concernant aussi bien l’Algérie que la région. Nous constatons que l’islam, selon la pratique algérienne, selon le référent algérien, est en danger. C’est pourquoi nous avons réuni tous les cadres du ministère des Affaires religieuses afin de débattre de ce sujet et réajuster le tir afin de nous adapter au contexte actuel», a-t-il révélé avant de se mettre à citer des cas concrets qui risquent, selon lui, de générer un climat de discorde dans le pays.

En effet, Mohamed Aïssa a cité l’exemple du «courant ahmadite qui, dit-il, n’est pas radical mais représente un courant étranger à notre pays et, qui plus est, est contrôlé par des officines étrangères qui le gèrent à leur profit». Il a également indiqué que «cette secte impose le mariage endogène, récupère un impôt qu’elle fait sortir illégalement au profit de son pseudo-prophète, impose des prières, collectives, selon ses normes, etc.», ce qui constitue un danger imminent pour la stabilité du pays.

Au sujet de prétendues sectes chiites activant en Algérie, Mohamed Aïssa a indiqué que «le chiisme en tant que culte est reconnu par l’Organisation du congrès islamique et est officiel dans certains pays comme l’Iran» et que, à ce titre, «il est respectable». Néanmoins, «ce qui pose problème, c’est le prosélytisme en faveur du chiisme» a-t-il expliqué.

Par ailleurs, évoquant le radicalisme, le ministre des Affaires religieuses a minimisé le danger de celui-ci en Algérie. «Le radicalisme religieux, je crois que c’est du passé en Algérie. Nous sommes aujourd’hui dans une réelle phase de prévention contre le radicalisme. Le radicalisme, nous l’avons vécu à titre expérimental durant les années 1990. Nous en sommes immunisés aujourd’hui parce que nous en connaissons les sources et les fondements», a-t-il affirmé en soulignant que «l’Algérie représente aujourd’hui une école internationale de déradicalisation».

Dans ce sens, reprenant à son compte les propos du ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, qui définit l’Algérie comme étant un pays «exportateur de stabilité» et comme «pays rempart contre tous les radicalismes, Mohamed Aïssa a assuré que «l’expression algérienne en matière de déradicalisation est devenue un symbole, un référent».

«Ce sont les représentants des pays occidentaux et du Sahel qui viennent en visite en Algérie qui nous le disent. Déradicaliser relève du savoir. L’ignorance profite aux groupes radicaux qui récupèrent ceux qui ignorent leur religion et les entraînent dans la violence et le radicalisme,» a-t-il appuyé avant de montrer la voie la plus à même de prémunir le pays définitivement de ce phénomène: «Il est question, pour nous, d’abroger le référent idéologique du radicalisme à travers la formation et cela est très faisable.»

Sur un autre volet, Mohamed Aïssa a tiré la sonnette d’alarme sur la prolifération «des écoles coraniques» et dont la mise en place ne s’inscrit dans aucun cadre réglementaire clair, autrement dit qui évoluent dans l’informel, ce qui laisse une marge très large à l’infiltration des groupes radicaux. «Le problème de la radicalisation reste posé au niveau de certaines écoles coraniques dites privées.

Officiellement, aucune école coranique privée n’a été agréée par l’Etat algérien. Ces écoles sont appelées à se rapprocher de l’administration algérienne pour se conformer à la réglementation en vigueur. Nous avons, pour l’heure, détecté 139 écoles coraniques. Nous en avons fermé certaines d’obédience radicaliste déclarée et d’autres qui pratiquent le prosélytisme chiite, mais toutes sont interpellées pour régulariser leur situation vis-à-vis de la loi», a-t-il dit non sans rassurer quant à l’intransigeance de l’Etat et en appelant à «la création d’un think tank algérien spécifique aux affaires religieuses qui impliquerait l’élite intellectuelle algérienne et lui permettrait d’analyser avec nous les phénomènes radicaux».

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