Le mouvement décidera de sa participation ou non aux élections vendredi prochain: Ennahda met en garde contre la fraude

dimanche 30 octobre 2016 à 14:49
Source de l'article : Liberte-algerie.com

Mohamed Dhouibi appelle à geler certains textes “qui risquent d’avoir des conséquences” jusqu’à l’après-élections, desquelles sera issu un “gouvernement qui jouira d’une responsabilité totale”.

Même si la décision, par conformisme statutaire, est tranchée vendredi prochain, le mouvement Ennahda semble bien parti pour participer aux prochaines élections législatives prévues au printemps prochain. Indice ? Tout au long de la conférence de presse animée hier au siège du parti à Alger, son secrétaire général, Mohamed Dhouibi, n’a pas cessé de mettre en garde les autorités contre les conséquences d’un éventuel recours à la fraude.

“Les élections sont une étape importante pour réaliser le changement démocratique malgré le refus du pouvoir aux appels répétés de l’opposition (…) Il s’est doté de lois qui consacrent l’exclusion et multiplient les probabilités de fraude”, a, d’emblée, accusé Dhouibi pour qui l’année 2017 sera “difficile”.

“Au regard du danger de la conjoncture, Ennahda renouvelle sa vision pour dire que ces élections peuvent constituer un début du processus de construction d’un système de gouvernance fort et stable, faute de quoi, elles risquent d’aggraver la crise dans le cas où il y aurait fraude”, observe-t-il, avant d’inviter les autorités à rassurer les partis de l’opposition et les électeurs : “On considère qu’il (le pouvoir, ndlr) a encore de la marge pour prendre des mesures et envoyer des messages positifs afin de garantir la transparence des élections et éliminer ainsi le phénomène de la désaffection des électeurs et la peur de la fraude.”

“Nous invitons le pouvoir à prendre conscience de cet état de fait avant qu’il ne soit trop tard”, met-il en garde. Tout en déplorant la “politique du fait accompli” du gouvernement “incohérent, sans aucune responsabilité politique”, qui, à ses yeux, veut imposer de “façon unilatérale”, “avec célérité et dans la précipitation” des projets de lois “dangereux” pour le pays et au “service” des forces de l’argent, dans une “conjoncture politique floue”, allusion probablement aux remous qui secouent le FLN, baromètre des rapports de force dans le sérail, Mohamed Dhouibi appelle à geler certains textes “qui risquent d’avoir des conséquences” jusqu’à l’après-élections desquelles sera issu un “gouvernement qui jouira d’une responsabilité totale”.

Ennahda est-il favorable aux alliances ? Pour avoir déjà éprouvé l’expérience en 2012 en compagnie du MSP et d’El-Islah, dans le cadre de l’Alliance de l’Algérie verte (AAV), le mouvement Ennahda, visiblement instruit des bouleversements et enjeux internationaux, notamment depuis le “Printemps arabe”, et leurs conséquences sur les mouvements islamistes, plaide pour des “regroupements élargis”. Dans ce contexte, il rejette, à demi-mot, la proposition d’Abdallah Djaballah qui a appelé à la réunion de la famille islamiste. “On a eu une expérience en 2012 dans une conjoncture difficile, le pouvoir étant hostile aux alliances. Mais nous ne sommes pas pour des alliances idéologiques exclusivement, mais sur la base élargie de programmes aussi bien économiques, politiques que sécuritaires. Nous sommes pour de grandes alliances politiques. Nous sommes parmi ceux qui appellent aux alliances et aux regroupements. Mais pas dans le cadre d’une vision étriquée. L’histoire, c’est bien, mais il faut regarder l’avenir”, a-t-il dit.

Interrogé sur la probable désignation d’Abdelwahab Derbal à la tête de la haute instance de surveillance des élections, Mohamed Dhouibi qui lui reconnaît des compétences, ayant été un ancien cadre du parti, soutient “qu’il fait la différence entre les personnes et les politiques”. “Ces compétences ne suffisent pas pour conférer aux élections la transparence au regard des limites de la structure qu’il va diriger”, dit-il. “On interpelle le président de la République pour qu’il exprime la volonté des hautes autorités d’organiser des élections libres et transparentes”, clame-t-il.

Selon lui, pour peu qu’il y ait volonté politique, et en dépit des lacunes contenues dans les lois, l’organisation d’un scrutin libre et honnête est possible. “C’est dans l’intérêt de l’Algérie, faute de quoi, la crise va s’aggraver, surtout que l’argent viendra à manquer.” Par ailleurs, Mohamed Dhouibi a appelé le gouvernement à engager le dialogue avec les syndicats autonomes dont les revendications sont jugées “légitimes”.

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