La désaffection populaire risque d’être importante en raison du contexte économique difficile: Comment la loi de finances va impacter l’élection

mercredi 16 novembre 2016 à 11:13
Source de l'article : Liberte-algerie.com

“Notre action pour la mise en œuvre du programme du président de la République et la réalisation du renouveau national sociétal, social et économique peuvent déranger des habitudes, bousculer des vieux réflexes et contrarier des intérêts (…). Il est donc naturel et normal que cette action reçoive des résistances et des critiques (…). Notre principal allié dans ce combat demeure le peuple si nous lui disons la vérité, si nous lui expliquons notre démarche et si nous arrivons à gagner son adhésion.”

Passés l’euphorie qui a marqué la décennie écoulée, produit d’une aisance financière jamais connue par la passé, — à telle enseigne que l’on a même évoqué la “baraka de Bouteflika” —, et le langage populiste développé durant toute la campagne pour le quatrième mandat, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, semble se résoudre, désormais, à la triste évidence de la réalité : La “Californie” promise à la population de Mascara ne verra pas le jour de sitôt et les jeunes ne pourront plus puiser dans l’argent de l’Ansej pour des projets d’épousailles. L’année 2017 s’annonce “difficile”, comme il l’admet lui-même.

Devant les walis réunis à Club-des-Pins, il s’est livré à un exercice, qui se voulait à la fois grave, à la mesure de la difficulté de la conjoncture, et rassurant, mais qui tranche singulièrement avec le ton adopté jusque-là. Finies les boutades et les promesses farfelues. L’heure n’est plus aux délices de Capoue. “2017 sera notre dernière chance pour opérer un changement de vision économique privilégiant la culture du travail”, prévient-il.

Cette mise en garde du Premier ministre intervient alors que les députés débattent du projet de loi de finances dont tout le monde convient, du moins l’opposition, les experts et les économistes, qu’elle mettra à rude épreuve les classes moyennes, déjà fortement éprouvées. Et c’est dans ce contexte de grandes difficultés économiques que le gouvernement s’apprête à organiser des élections législatives. Dès lors, l’on se demande à quel artifice devra-t-il recourir pour mobiliser les citoyens autour de cette échéance qu’ils ont souvent boudée, encore plus maintenant que la “hotte du Père Noël” s’est rétrécie comme une peau de chagrin. En 2012, ils étaient un peu plus de 42% à s’être rendus dans les urnes. Un peu mieux qu’en 2007 où ils étaient 37%, seulement.

À l’ombre de la nouvelle situation économique, de la crise de confiance, de la dislocation de la société, du discrédit de l’exercice politique, le discours de “vérité”, “l’explication de la démarche” promis par Sellal, suffiront-ils à susciter l’adhésion de la population ? S’il faut sans doute se garder des conclusions hâtives, la mission de l’Exécutif s’annonce périlleuse. Non seulement, il lui sera difficile d’attendre quelques sacrifices supplémentaires de la part d’une population comme gagnée par la lassitude, mais surtout de convaincre de sa sincérité, faute de légitimité d’abord, et ensuite d’avoir dilapidé toute une cagnotte sans avoir jeté les bases d’une économie viable ; d’avoir laissé se développer le parasitisme et l’informel et de s’être montré incapable de juguler la corruption devenue endémique.

Ajoutez à cela, les fraudes successives qui ont fini, au fil des ans, par jeter le discrédit sur toute opération électorale.
Et ce ne sont certainement pas les assurances autour de la réunion de “toutes les conditions matérielles pour garantir la réussite de ce double rendez-vous électoral national”, et la promesse selon laquelle “la Haute instance indépendante de surveillance des élections veillera en toute neutralité à la bonne tenue et à la transparence des scrutins”, ni la participation des partis, contraints par les dispositions de la loi électorale et de la loi sur les partis en voie d’élaboration et encore moins l’entreprise de sensibilisation à travers des équipes décidées par le ministre de l’Intérieur qui risqueront de changer la donne. Assurément l’année 2017 s’annonce difficile. Y compris sur le plan politique.

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