Il reprend le dialogue social initié par son prédécesseur : La mission pas de tout repos d’Ouyahia

mardi 22 août 2017 à 11:22
Source de l'article : Reporters.dz

Alors que l’on croyait que sa mission était d’effacer tout ce qu’a initié son prédécesseur, Ahmed Ouyahia hérite d’une tâche qu’Abdelmadjid Tebboune devait assumer. Avec l’appel du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à la solidarité avec les partenaires sociaux et économiques, le Premier ministre est censé relancer l’idée du dialogue social qu’avait annoncé en grande pompe son prédécesseur.

L’ex-Premier ministre, limogé plus de 80 jours après par le chef de l’Etat, avait, rappelle-t-on, suscité une grande adhésion à l’idée d’ouvrir un dialogue social lancée devant les élus de l’Assemblée populaire nationale (APN), lors de la présentation du plan d’action de son gouvernement. Avant-hier, à l’occasion de la commémoration de la Journée nationale du moudjahid, le président Bouteflika a, dans un message adressé à la nation, montré au nouvel Exécutif la voie à suivre.

« Il est du devoir du gouvernement et de ses partenaires sociaux et économiques de donner l’exemple à notre peuple, par la solidarité, la mobilisation et l’unification de ses rangs, afin que notre pays puisse mobiliser les énergies et investir de manière constructive dans les différentes capacités et potentialités de ses enfants», a écrit le chef de l’Etat.
Une invitation, on ne peut plus clairement à Ouyahia, d’ouvrir les portes du Palais du Docteur Saâdane à l’ensemble des partenaires afin de faire face à la crise.

Il faut dire et l’admettre, sans tabou, que cette mission aurait été plus facile avec Abdelmadjid Tebboune. Il avait réussi à créer autour de lui un vent de sympathie et de solidarité, surtout chez l’opposition qui se contentait, généralement, de critiquer tout ce qui provient du pouvoir. L’arrivée ou le retour d’Ahmed Ouyahia aux commandes du gouvernement a quelque part créé, à l’inverse, une certaine méfiance quant à l’avenir du fameux dialogue.

D’aucuns estiment qu’Ouyahia n’est pas l’homme à favoriser le dialogue ni la concertation. Pire, son « impopularité », si l’on ose l’expression, il l’a héritée de ses décisions prises en temps de crise et son opposition aux différentes augmentations de salaire dans la Fonction publique. Les syndicats autonomes n’ont pas manqué d’exprimer des craintes depuis le retour de « l’homme du sale boulot » à la tête de l’Exécutif, annonçant une rentrée sociale perturbée. Bien qu’ils se disent, de leur côté, toujours ouverts au dialogue.

D’ailleurs, l’Intersyndicale de la Fonction publique compte bien envoyer à Ouyahia la demande d’audience qui devait initialement être adressée à Tebboune.
Malgré lui, Ahmed Ouyahia ne peut pas chambouler tout le plan d’action tracé par son prédécesseur et adopté par les deux chambres du Parlement, d’autant qu’il s’agit du programme du président de la République.

D’ores et déjà, une rencontre est prévue où le chef de l’Exécutif accueillera les représentants du patronat et ceux du partenaire social exclusif du gouvernement, l’UGTA, pour préparer la réunion tripartite prévue le 23 septembre à Ghardaïa. Hormis la possibilité de voir ce rendez-vous repoussé à une autre date, il est impossible de s’attendre à son annulation.
C’est dire que la mission d’Ahmed Ouyahia n’est pas de tout repos.

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