Il a affirmé que les éditeurs n’attendent que la publicité: Grine assène ses vérités

dimanche 23 octobre 2016 à 9:15
Source de l'article : Lexpressiondz.com

«Certains éditeurs se sont enrichis tandis que des journalistes sont restés smicards», a estimé le ministre.

Le ministre de la Communication a fustigé, hier, samedi les responsables des journaux algériens, les accusant de «privilégier le gain financier» au détriment de la diversification de leurs produits.
«Le gros problème des éditeurs, et je le dis en toute franchise, c’est que de tout temps la majorité des journaux est restée dans une posture d’attente. Ils attendaient tout de l’État et de la pub. En contrepartie qu’ont-ils donné? Est-ce que les journalistes sont gagnants? s’est-il interrogé et de poursuivre: «Je connais des journalistes qui ont eu des maladies très graves et qui ont été jetés par leurs éditeurs. Je connais d’autres éditeurs qui se sont enrichis. Ils sont devenus milliardaires et leurs journalistes sont (restés) des smicards», a-t-il déploré sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale.
Ainsi, Hamid Grine n’a pas mâché ses mots à l’égard des éditeurs. Selon lui, ces derniers courent derrière la publicité et ne portent aucun projet éditorial digne de ce nom. «Depuis que je suis ministre, je n’ai pas vraiment vu un éditeur qui me présente un projet éditorial. Quand je reçois des éditeurs c’est toujours pour parler de publicité. Ce qui intéresse l’éditeur, ce n’est pas de développer son entreprise mais de dégager une plus-value», a-t-il tonné.
Le ministre de la Communication va plus loin dans son analyse en affirmant qu’il n’existe pas beaucoup de grands journaux en Algérie. «Jusqu’à maintenant je n’ai pas vu beaucoup d’institutions en Algérie. J’ai vu quelques journaux respectables. Mais un grand journal professionnel. J’en ai rarement vu», a-t-il souligné.
M.Grine a expliqué que la crise qui secoue actuellement la presse écrite, est avant tout mondiale, appelant les patrons des journaux à s’adapter et à diversifier leurs produits. «Ce n’est pas l’État qui a décrété la crise. C’est une crise mondiale qui a touché tous les annonceurs. D’ailleurs, même les annonceurs privés donnent moins de publicité parce qu’eux-mêmes sont en crise», a-t-il martelé.
Dans son traditionnel message aux journalistes, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a plaidé vendredi pour «davantage de compréhension entre le pouvoir et la presse écrite… Autant le pouvoir est tenu d’aider la presse algérienne à améliorer sa performance», a souligné le chef de l’Etat qui a estimé que «la liberté d’opinion, de diversité d’idées et de convictions… font partie du métier et sont, par conséquent des aspects à encourager». Par ailleurs, il est utile de citer le professeur Zahir Ihaddadene, ancien directeur de l’Institut de journalisme d’Alger et membre de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav) qui a mis en garde samedi à Béjaïa contre les «dérives et les déviations journalistiques», appelant les professionnels à être plus rigoureux en termes d’éthique et de déontologie. «La professionnalisation sans déontologie est un danger pour la profession et la société», a souligné le professeur Ihaddadene.

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