Elle a adopté, hier, un mémorandum: L’opposition dénonce un «recul démocratique»

mardi 4 octobre 2016 à 10:56
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

L’Instance de concertation et de suivi de l’opposition (Icso) prend à témoin l’opinion publique nationale quant aux dangers qui guettent le pluralisme politique que les événements du 5 Octobre 1988, dont on célèbre, demain, le 28e anniversaire, ont consacré.

Cela par le biais d’un mémorandum faisant un récapitulatif de toutes les atteintes contre le pluralisme politique que les dernières lois, l’une portant nouveau code électoral et l’autre instituant une haute instance indépendante de surveillance des élections, ont consacrées. Un document final élaboré par une commission technique qui a eu à subir, selon une source autorisée, de profonds changements de dernière minute suite au forcing de certains membres de l’Instance. Comme, par exemple, le passage ayant trait à la liberté de culte que les partis islamistes ont tout fait pour l’expurger de la première version, ceci en sus de bien d’autres réserves exprimées lors de la réunion d’hier où les divergences sont clairement apparues au sujet des prochaines élections législatives. Des «dérives» et des «reculs démocratiques» dont le rythme s’accélère ces derniers temps dictent, selon Ali Benflis, «une position commune politiquement utile».

Pour le président du parti des Avant-gardes des libertés, qui intervenait à l’ouverture de ce conclave qu’il abritait, «la révision constitutionnelle que le régime politique en place présentait comme prometteuse pour l’extension et la protection des champs des droits et des libertés, pour la consolidation de la pratique politique pluraliste et pour la garantie de l’organisation de compétitions électorales honnêtes, sincères et transparentes, a fini par apparaître sous son vrai jour en démentant toutes ses promesses. Les droits et les libertés ne sont pas mieux protégés qu’auparavant, bien au contraire.

Le pluralisme politique est toujours menacé par la tentation du régime politique en place de conforter l’hégémonie de ses clientèles politiques traditionnelles», dira-t-il. Et d’ajouter que «la haute instance indépendante de surveillance des élections ne présage rien de bon pour les échéances électorales à venir tant il est évident qu’elle n’est qu’un nouvel instrument dont le pouvoir en place s’est doté pour perpétuer, à son bénéfice, la tricherie politique et la fraude électorale».

Divergences au grand jour à propos des élections législatives
Pour l’ancien chef de gouvernement, «s’interroger sur l’opportunité ou l’utilité de la participation ou de la non-participation aux prochaines échéances électorales en dit long sur l’état de délabrement atteint par notre système politique.

Dans les Etats démocratiques, une telle question ne se poserait même pas. Elle se pose dans notre pays parce que nous savons individuellement et collectivement que notre système politique est bâti sur la tricherie politique et la fraude électorale, que le suffrage universel n’y sert que de faire-valoir et que le verdict des urnes est supplanté par la politique des quotas électoraux que l’appareil politico-administratif détermine à sa guise et par lesquels il favorise qui il veut et sanctionne qui il veut».

Des élections législatives qui ont, comme il fallait s’y attendre, été abordées et à propos desquelles des divergences de fond ont fini par s’étaler, justement à propos de la participation déjà annoncée par certains comme le Mouvement Islah au moment où d’autres s’y préparent activement comme Nahda et le MSP dont le président, qui a quitté la séance une fois son intervention terminée, n’a pas été aussi direct comme dans ses habitudes.

Face à ce clan participationniste ou potentiellement partant, il y a les partisans du boycott quoique, pour le moment, seul Jil Jadid l’a d’ores et déjà annoncé et son président a, d’ailleurs, estimé dans sa prise de parole que la participation aux prochaines élections législatives ne serait rien d’autre que «cautionner la légitimité du pouvoir que l’opposition a de tout temps remise en cause et la perte de l’effort collectif en sus d’une reconnaissance des résultats des élections de 2012 en vertu du nouveau code électoral, des élections dont on n’a jamais cessé de remettre en cause la régularité et la transparence». Et au président de Jil Jadid de considérer que la participation aux prochaines élections est synonyme de «lever du drapeau blanc par l’opposition qui dénoncera son propre travail».

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