Des députés à l’adresse de leurs collègues qui ont voté la LF 2017: “L’histoire vous jugera !”

mercredi 23 novembre 2016 à 14:26
Source de l'article : Liberte-algerie.com

Les députés de la majorité donnaient l’impression de s’être présentés simplement pour s’acquitter d’une corvée, ou plutôt d’une mission.

Les mines étaient grises, un peu embarrassés pour certains, mais ils n’ont pas dérogé à la règle, ni failli à leur réputation : sans surprise, les députés de la majorité, FLN et RND, ont adopté hier la loi de finances 2017.

Un texte qui mettra, sans nul doute, à rude épreuve des pans entiers de la population. “Ça peut paraître dur pour la population, mais c’est nécessaire”, a admis, tout de même, le président de la commission des finances. “La conjoncture est difficile, mais c’est une nécessité pour aller à une économie diversifiée à même d’affronter les défis”, justifie, pour sa part, le ministre Hadji Baba Ammi.

Dans les travées de l’hémicycle, hier, tout comme à l’intérieur, l’heure n’était pas aux bravades auxquelles les députés de la majorité ont habitué leurs collègues de l’opposition.

Les députés de la majorité donnaient l’impression de s’être présentés simplement pour s’acquitter d’une corvée, ou plutôt d’une mission. Une attitude qui n’a pas empêché pour autant l’opposition de faire entendre sa voix. Bien avant le début des travaux, ce sont le PT et le FFS qui donnent le ton : tandis que les députés du parti de Louisa Hanoune “paradaient” dans les travées en brandissant des pancartes où on pouvait lire notamment “Guerre sociale contre la majorité”, “Égalité devant les taxes, taxez les fortunes”, “Touchez pas aux acquis des travailleurs” ou encore non à “L’appauvrissement du peuple”, le chef du groupe du FFS se présentait devant de nombreux journalistes pour annoncer le rejet du texte du projet de loi par son parti.

“Le FFS considère que cette loi est une tentative de faire face à une débâcle économique et politique en recourant au plus haïssable des procédés qui consiste à faire payer les couches sociales les plus démunies”, déclare Chafaâ Bouiche. “Le gouvernement a décidé de faire payer les Algériens et d’épargner les barons. Car les barons ont des entrées au gouvernement, ils sont au gouvernement. Ils risquent de devenir tout le gouvernement”, prédit-il.

“Le gouvernement veut seulement atténuer les retombées de cette crise sur les oligarques qui soutiennent le régime, mais n’apportent rien au pays”. En guise de baroud d’honneur, il réitère la demande de son parti pour la reconstruction d’un consensus. “Le FFS considère qu’un consensus national est indispensable pour faire face à la crise multidimensionnelle qui n’est pas liée seulement à cette baisse des revenus de la rente pétrolière.

Le FFS ne cessera pas de le dire : il faut en finir avec l’unilatéralisme et aller dans une démarche consensuelle pour sauver le pays et préserver son avenir (…)”. Alors qu’à l’intérieur, on s’employait à voter les amendements, le représentant de l’Alliance de l’Algérie verte, Naâmane Laouar quitte l’hémicycle pour annoncer “le boycott du vote”. “C’est l’histoire qui va témoigner. Que chacun assume ses responsabilités !”, lance-t-il devant la presse après avoir défié les députés de la majorité de retirer la prime de départ.

Ne restait alors que les députés du PT pour briser l’unanimisme ambiant de la majorité parlementaire. Mais s’il n’a pas réussi à reproduire l’action de l’an passé, le PT n’a pas manqué cependant de faire du bruit, accusant le gouvernement de vouloir “affamer le peuple”. “Vous voulez affamer le peuple, allez taxer les grosses cylindrées”, lance, à la cantonnade, le député Smaïn Kouadria. De quoi susciter une pique de la part du député Azouaou Belgacem du RND qui reproche aux députés du PT de développer des discours alarmistes. C’est alors qu’on assiste à un échange houleux entre les deux partis, provoquant un moment de pagaille, à telle enseigne que le président de l’APN, Ould Khelifa, avait de la peine à rétablir le calme. “Revenez au sujet”, lance-t-il à l’adresse du député du PT. “Pour nous, le patriotisme économique, ce n’est pas des slogans. Ce sont des décisions. Y a certains qui veulent être plus royalistes que le roi”, reprend Ramdane Taâzibt, dans une réponse au député du RND. “C’est une insulte, vous pouvez critiquer nos positions, mais dans le respect. L’histoire vous jugera”, ajoute-t-il.

Visiblement très remonté, mais aussi, peut être, par quelques calculs électoralistes, un autre député du PT fulmine, sous les yeux de ministres et de députés qui s’efforçaient à se montrer sereins : “L’Histoire va vous juger. Vous avez poignardé dans le dos Bouteflika. Le colonialisme n’a pas apporté un projet pareil”. N’empêche : le texte est adopté. À une majorité…

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