Application de la décision de la cour de justice européenne: Belani dénonce le « jeu trouble » de l’Europe

lundi 17 juillet 2017 à 11:09
Source de l'article : Lexpressiondz.com

Dans un entretien accordé au magazine Afrique Asie, l’ambassadeur d’Algérie à Bruxelles met en exergue «la démarche de la Commission européenne» qui «s’apparente à une prime» à la colonisation du Sahara occidental par le Maroc.

La deuxième visite de travail que doit effectuer les 19 et 20 juillet en Algérie le Commissaire européen Johannes Hahn chargé de la Politique européenne de voisinage a remis sous les feux de l’actualité le dossier sahraoui. Et par ricochet la question de l’application de la décision de la Cour européenne de justice dont l’arrêt a été rendu le 21 décembre 2016 concernant l’accord conclu entre l’UE et le Maroc en 2012. «… Compte tenu du statut séparé et distinct garanti au territoire du Sahara occidental en vertu de la Charte des Nations unies et du principe d’autodétermination des peuples, il est exclu de considérer que l’expression ‘territoire du Royaume du Maroc » qui définit le champ territorial des Accords d’association et de libéralisation, englobe le Sahara occidental et, partant, que ces accords sont applicables à ce territoire», avaient conclu les magistrats de la Cjue. Une décision qui est restée lettre morte. Ou qui plutôt n’a pas connu le cheminement normal. Celui de sa mise en oeuvre stricte.

Le chantage fait par le Maroc à ses partenaires européens a fonctionné. Contrarié par la décision de la Cour de justice de l’UE (Cjue) qui avait annulé, le 10 décembre 2015 en première instance, l’accord agricole signé en 2012 entre son pays et les 28, le roi avait suspendu tout contact avec cette dernière. Des menaces qui se sont amplifiées. Une sévère mise en garde a été adressée à l’Union européenne le 16 février 2016. Rabat a appelé Bruxelles à mettre «pleinement» en oeuvre l’accord agricole entre les deux parties et a agité l’éventualité de lui tourner le dos. «Le Maroc et l’Union européenne sont liés par un accord agricole dont l’application est effective sur le territoire du Royaume du Maroc, et ce, malgré un épisode judiciaire qui a, en toute logique, confirmé le protocole agricole entre le Maroc et l’Union européenne», avait affirmé le ministère marocain de l’Agriculture et de la Pêche tout en interpellant son partenaire.

L’UE semble vouloir céder. L’ambassadeur d’Algérie à Bruxelles n’en doute pas. Il dévoile le stratagème mis en oeuvre pour éviter que le Front Polisario, représentant légitime du peuple sahraoui, soit associé aux prochaines négociations entre l’UE et le Maroc. «A travers cette démarche exclusive, et pour sauver les apparences, la partie européenne s’accommoderait d’une entité fantoche créée, de toutes pièces, par les autorités marocaines, érigée en représentant des Sahraouis», a expliqué Amar Belani. «Le prochain round de négociations, prévu les 18 et 19 juillet à Rabat, devrait consacrer, malheureusement, les termes de ce marchandage destiné à contourner l’arrêt de la Cour de justice de l’UE», a souligné l’ex-porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Ce qui devrait signer l’arrêt de mort de l’arrêt rendu par la Cour européenne de justice. Belani avait prévenu. «Les deux parties s’échinant depuis des mois à se sortir de l’embarras causé par l’arrêt de la Cour de justice de l’UE (Cjue) du 21 décembre 2016, qui avait établi que le Sahara occidental est un territoire distinct et séparé du Maroc…», avait écrit l’ambassadeur d’Algérie à Bruxelles dans une tribune publiée le 31 mai par Afrique Asie. On y est presque…Sauf si dans un sursaut salvateur l’UE décide de se conformer à la légalité internationale. Il y va de sa crédibilité. A moins qu’elle n’ait décidé de la piétiner pour se plier aux desiderata de son ami le roi.

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