5e mandat pour le président Bouteflika : Campagne précoce ou entreprise de pollution politique ?

mardi 25 octobre 2016 à 15:07
Source de l'article : Liberte-algerie.com

Le propos d’Ould Abbes n’est-il pas intervenu, au demeurant, pour confirmer le message que Bouteflika avait voulu délivrer à l’occasion de sa dernière sortie sur le terrain, l’inauguration de l’Opéra d’Alger ?

Un autre mandat présidentiel pour Abdelaziz Bouteflika ? La perspective n’est pas évidente. Elle n’est pas à écarter non plus. Le projet ne relèverait pas forcément de l’utopie. Les déclarations toutes récentes d’un personnel politique habitué, il faut le dire, à dégainer plus rapidement que tout le monde son soutien au chef de l’État, tendent à trahir son existence. Il se trouve, en effet, des chefs de parti qui, peut-être beaucoup plus par calculs que par conviction, anticipent déjà leur appui à une 5e magistrature de Bouteflika.

Interviewé par la chaîne de télévision El-Bilad, le secrétaire général du mouvement populaire algérien (MPA), l’ancien ministre du Commerce, Amara Benyounès, a déclaré l’aptitude de son parti à encore soutenir un autre mandat de Bouteflika en 2019. On ne doute certainement pas de la sincérité de Benyounès quand il exprime son adhésion inconditionnelle à la politique du chef de l’État. Ce n’est pas un exercice difficile pour lui. Il a déjà eu à le faire par le passé.

Mais ce qu’il est donné de relever, c’est cet air de déjà vécu s’agissant de la façon dont il est tenté d’injecter dans le débat la préoccupation autour d’un mandat présidentiel supplémentaire pour l’actuel locataire du palais d’El-Mouradia. ça a toujours commencé par l’expression d’un souhait qui mue graduellement, selon un rythme calculé, en appels à candidature. La méthode a été éprouvée principalement à l’occasion de deux échéances, celles de 2009 et de 2014.

Cela dit, il y a certainement lieu de voir aussi dans le propos de Benyounès un positionnement qui ne dit pas son nom pour la récolte éventuelle d’un dividende politique collatéral, sinon un rappel au gouvernement, à tout le moins un bénéfice pour le parti. Surtout qu’il se murmure, depuis un bon moment déjà et de manière plus audible depuis samedi dernier, que le prochain acte politique majeur que Bouteflika aurait retenu d’accomplir, c’est de remanier son gouvernement.

D’ailleurs, c’est peut-être à cela que pense le tout fraîchement désigné secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), le sénateur Djamel Ould Abbes, quand il prévient de l’imminence d’une annonce importante. Mais pas qu’à cela. Samedi, alors qu’il venait à peine d’hériter des commandes du FLN, Ould Abbes s’est fait un devoir d’évoquer, à demi-mot, l’ambition que la vox populi prête à Bouteflika, à savoir son désir de se maintenir à la présidence de la République au-delà de 2019. Évidemment, le nouveau SG du FLN commet une tautologie en affirmant que si Bouteflika se représentait, le FLN le soutiendrait. Cependant, n’est-il pas nécessaire, pour ne pas dire utile, de se poser la question de savoir si le successeur d’Amar Saâdani à la tête du FLN n’a pas souligné cette évidence justement pour que la question fasse débat… et de préférence dès maintenant.

L’incapacité physique de Bouteflika étant devenue chose normale, puisqu’il a gouverné avec cet état de santé depuis 2013, il n’y aurait pas de raison de ne pas décliner la perspective tout de suite. Cela aura un double avantage : recoller les morceaux d’une alliance partie en lambeaux sous Saâdani, mais aussi décourager les velléités de candidatures que nourriraient quelques personnalités puissantes du sérail, entre caciques du FLN, hauts galonnés de l’ANP et autres oligarques. Le propos d’Ould Abbes n’est-il pas intervenu, au demeurant, pour confirmer le message que Bouteflika avait voulu délivrer à l’occasion de sa dernière sortie sur le terrain, l’inauguration de l’Opéra d’Alger ?

Ce jour-là, le chef de l’État n’a pas fait une apparition éclipse. Il a pris tout son temps, assistant même à un opéra. Nombre d’observateurs ont vu en cela un message : le chef de l’État annonçait de la sorte une amélioration de son état de santé.

Ce qui, il va sans dire, l’autoriserait à prétendre à prolonger son séjour à El-Mouradia, au-delà du terme de son quatrième mandat. 2019 risque-t-il d’arriver avant 2017 ?

Sofiane Aït Iflis

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