Oued Souf : Saisie de 1,5 tonne de résine de cannabis

samedi 13 juin 2009 à 7:28
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354.jpgTout commence par des saisies de 1,4 et 10 grammes, ensuite de 1,10 et 100 kilos de résine de cannabis sur le marché local. Les arrestations se suivent.

Le groupement de gendarmerie d’Oued Souf, que dirige le lieutenant colonel Dahmane Chaïb, glane des renseignements précieux et remonte la filière.

Près de 130 kg de kif saisis en 5 mois, de janvier à mai 2009, auront suffi aux gendarmes pour maîtriser le sujet : le fournisseur ne vient pas d’ailleurs, il est à quelques encablures de la ville.

À la guerre comme à la guerre, les gendarmes recueillent d’autres renseignements jusqu’au jour où ils tombent sur plus de 1,5 tonne de kif dissimulée dans la région de Hassi-Khelifa et dont le propriétaire n’est autre qu’un receleur, trafiquant, consommateur et fournisseur de résine de cannabis.

La villa mystérieuse, les chiens de garde, la parabole et le… bouquet !

7 juin 2009. 14h. Le groupement de la Gendarmerie nationale d’Oued Souf déploie sa section de recherche, une section de sécurité et d’intervention (SSI), une brigade cynophile, une unité de détection d’explosifs et une armada de soldats à Hassi-Khelifa.

L’heure de l’intervention n’est pas fortuite. Ici, dans le Grand-Sud, la sieste est sacrée. Et c’est le moment propice de retrouver quelqu’un… chez lui. Dans ce lieu-dit, se trouve une immense et mystérieuse villa bâtie sur une superficie de 4 800 mètres carrés.

L’intervention des gendarmes est filmée de bout en bout. Encerclée, ladite villa est constituée de plusieurs sous-secteurs. Un immense jardin, des garages, une résidence familiale et des issues qui donnent sur la route et le désert. Mais où est cachée la drogue ?

Fouillée de fond en comble, la villa ne renferme que 250 grammes de kif traité de haute qualité que s’offre le baron et propriétaire des lieux.

Mais les enquêteurs ne croient pas au hasard. Deux chiens de race sont couchés à même le sol, non pas pour garder les lieux, mais pour éloigner toute personne qui oserait roder aux alentours, mais surtout de « dissuader » les chiens renifleurs.

Car, selon les explications de M. Chaïb, ces deux « gardiens du temple » étaient positionnés au-dessus de la marchandise ! Et à côté, une assiette de parabole orientée vers un bouquet satellitaire. Mais c’était sans compter sur la prouesse des enquêteurs qui sentaient que le vrai bouquet n’était pas au ciel, mais sous terre.

Les gendarmes usent de pelles et de pioches pour exhumer la quantité énorme, sans pour autant être certains d’y trouver la chose. Car, juste à côté de cette soute aussi étroite qu’une bouche d’une grotte, se trouvent les buses d’assainissement.

Après l’opération de désensablement, les gendarmes tombent nez à nez sur 1 425 kilos de kif, d’une valeur de 5 milliards au prix de gros. Et pas n’importe quelle marque ! La « Trèfle » et la « Ghazala », soigneusement enveloppées dans des colis et des valises de 25 kilos.

La cache ressemble à une bâche à eau : fortement bétonnée, hermétique et légèrement humidifiée pour maintenir la drogue en l’état. La perquisition ne s’arrêtera pas là !

Des caméras, des téléphones portables, une torche électrique pour l’autodéfense, des liasses de billets de 1 000 et de 500 DA, une quantité impressionnante de bijoux en or, des véhicules de luxe (Mercedes, Mercedes 4×4, une Polo, une Peugeot 207, une Citroën, etc.) ont été saisis. Y compris le camion, de marque chinoise, aménagé pour acheminer la marchandise.

« Becha », un baron de la drogue et amateur de films pornographiques

Entre-temps, les SSI appréhendent 6 personnes dans cette mystérieuse demeure. Parmi eux, Ouniss Bachir, dit « Becha », le « seigneur » de la drogue jamais soupçonné dans la ville aux Mille coupoles. Originaire d’Oued Souf, plus exactement de Hassi-Khelifa, « Becha » est issu d’une famille pauvre.

Son père était un modeste commerçant dans l’alimentation générale et son fils, né en 1971, a quitté les bans de l’école après un échec cuisant dans ses études.

« Becha » s’investira avec son père jusqu’au jour où son beau-frère le recrute à Sonatrach où il travaillait sous contrat renouvelable. Mais « Becha » n’était pas satisfait.

Il revient à Hassi-Khelifa et s’investit de nouveau dans le commerce, le trabendo, enfin dans le banditisme. Gasoil, vêtements, aliments, électroménager… « Becha » excellait dans le trafic de tous genres. Il tissera vite des liens avec un Libyen, un narcotrafiquant notoire qui circule avec une fausse identité dans le désert.

Celui-ci le « branchera » avec un autre narcotrafiquant originaire de Zouïa (Maghnia-Tlemcen). Nous sommes en 1996, « Becha » se connecte alors avec les cartels internationaux de drogue, gagne la confiance des Marocains et des Libyens, s’installe discrètement chez lui, avant de se marier. L’argent coule à flots.

Il se marie, érige une villa et achète des biens dans d’autres localités du pays où il jouit de complicités. Pis encore, « Becha » s’investit dans le film pornographique. Sur son ordinateur saisi, les gendarmes ont retrouvé des scènes obscènes tournées dans des localités de l’est du pays.

Circulant avec de fausses identités, il détient un permis de conduire et un passeport algériens, un passeport tunisien et une carte d’identité également délivrée à l’étranger.

Même si les deux partenaires identifiés de « Becha » demeurent en fuite, les gendarmes poursuivent leur enquête, sachant que le baron libyen a toujours sévi depuis le début des années 1990 sur cet axe. « Cette saisie constitue une base de données et un point de départ pour contrecarrer les cartels internationaux de drogue.

Car nous sommes convaincus que chaque saisie peut en cacher une autre », dira encore M. Chaïb pour expliquer l’ampleur d’un tel phénomène.

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