Violence chez l’enfant en Algérie: Le constat effarant de la Forem

mardi 22 novembre 2016 à 14:29
Source de l'article : Liberte-algerie.com

Cinquante mille enfants sont victimes d’agression, de viol, d’inceste, de rapt, d’assassinat et d’exploitation dans la mendicité et le crime.

Invité de la rédaction de la Chaîne III, le président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (Forem), le Pr Mustapha Khiati, a alerté sur le phénomène de la violence chez l’enfant, sériant un chapelet de causes l’ayant générée.

Ainsi, M. Khiati a révélé que sur les 500 000 élèves orientés vers le monde du travail, seuls 300 000 cas sont pris en charge par les centres de formation. Les 200 000 autres cas “constituent, selon lui, un réservoir pour la délinquance et un danger réel pour la société et nécessitent une prise en charge immédiate”.

Aussi, il y a 30 000 enfants, âgés de moins de 16 ans, qui ne vont pas à l’école. Ils sont exploités dans la mendicité et le crime. Abordant le phénomène des agressions, M. Khiati a indiqué que plus de 10 000 enfants souffrent de violences diverses. Ce chiffre de la DGSN n’est pas exhaustif.

D’autres statistiques font état de 50 000 enfants victimes d’agressions, de viols, d’inceste, de rapts, d’assassinat et d’exploitation dans la mendicité et le crime. “Chaque mois, on recense une moyenne de 800 élèves scolarisés en possession d’armes blanches. Des couteaux et des sabres sont dissimulés dans leur cartable (…) Ces enfants obéissent au principe de la dépendance et constituent de futurs consommateurs de drogue.” Il révélera que, chaque année, 12 000 enfants, âgés de moins de 16 ans, sont traduits devant la justice. Ces derniers sont envoyés dans des centres de rééducation pour mineurs et sont pris en charge par des équipes de médecins et de psychologues. Sur un autre plan, l’orateur a évoqué le phénomène des kidnappings et le plan “alerte enlèvement”.

Selon lui, l’État algérien a consacré des textes de loi très sévères pour protéger l’enfant, mais, dit-il, “il y a un laxisme dans l’application des textes. Il y a bien des lois qui protègent la femme de la violence. Avez-vous entendu, un jour, parler d’un procès public et rapporté par les médias ? Chaque jour, des dizaines de femmes sont passées à tabac et personne n’en parle. Concernant l’enfant, 80% des viols avérés relèvent de l’inceste. La violence n’a plus de limites”, a encore affirmé M. Khiati.

Enfin, celui-ci est revenu sur le numéro vert 104 lancé, dimanche dernier, par la Sûreté nationale, estimant que “ce numéro est fiable pour prendre en charge les cas d’enlèvement et de disparition, y compris la disparition des personnes âgées et vulnérables. Mais, encore une fois, on doit aller vers des assises nationales pour poser définitivement la problématique de la violence contre les enfants”.

Analysant cette violence, M. Khiati a estimé que “le cumul des années de terrorisme est la cause principale de cette montée vertigineuse de la violence. On a produit beaucoup d’études, mais aucune n’a jamais été prise en considération”. Il citera l’étude menée par la Forem sur les enfants touchés par le terrorisme et menée à Alger, à Blida, à Aïn Defla, à Jijel et à Tissemsilt où les enfants, victimes du terrorisme, dit-il, “ont subi de graves traumatismes et des troubles du comportement gravissimes, laissant des séquelles à vie (…)

Ce qui s’est passé au stade de Béjaïa lors de la rencontre avec le MC Oran est la preuve tangible que l’enfant a toujours été abandonné et que les études menées n’ont pas été capitalisées. Il est urgent d’aller vers des assises nationales pour proposer des solutions urgentes et palpables, car on a dépassé la violence banalisée. On est dans le cap d’une société devenue malade de ses repères et de ses fondements”, a développé M. Khiati. Une étude a été menée en 2003 sur les enfants rescapés de Bentalha.

L’orateur a révélé que ces enfants, au nombre de 426 rescapés de la violence terroriste, ont été suivis et pris en charge, indiquant que, parmi eux, 70% sont atteints de traumatismes sévères et de troubles du comportement. “Ces enfants refusent qu’on leur parle de prise en charge. La plupart ont fini par être dealers et en prison.”

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