Salon international du livre d’alger L’autre face du Sila

mercredi 2 novembre 2016 à 21:45
Source de l'article : Horizons-dz.com

Bienvenue au Palais des expositions. Par un premier novembre, pas la peine de faire un dessin pour décrire l’engouement si ce n’est le rush qui a caractérisé le lieu dans la journée d’avant-hier. Un jour férié, c’est donc l’occasion rêvée pour les fonctionnaires et les écoliers en vacances depuis quelques jours pour venir jeter un coup d’œil et dénicher la bonne affaire. Il est 10h30. Une marée humaine envahit la Foire.

Il ne s’agit pas uniquement de l’espace consacré au Sila, au livre pour ainsi dire, mais plutôt des différentes terrasses de fortune qui font office de restaurants ou de sandwicheries.


Tôt dans la matinée, des files d’attente commencent déjà à se former. En groupe, en couple ou en solo, pas question de visiter les stands sans passer par un snack et déguster un café serré accompagné d’un croissant ou d’un beignet « Donuts » hyper-chocolaté. Ces espaces rivalisent sans effort avec les maisons d’édition. Beaucoup de jeunes affirment qu’ils viennent pour passer le temps et profiter d’un repas rapide, histoire de marquer la journée.


Les enfants, quant à eux, tirent leurs mamans par leurs robes, direction vendeurs de pop-corn, gaufres ou crêpes préparés sur place. Mais à quel prix et dans quelles conditions d’hygiène aussi ! Le Sila, ce rendez-vous international incontournable, change, pour certains, de vocation pour revêtir une dimension gastronomique. Un espace où l’on se goinfre. La variété des livres ne semble pas avoir le succès voulu. Le miel, la confiture, les friandises et les casse-croutes salés et les sandwichs gras de chez gras ont eu raison des bouquins. Certains visiteurs bavent devant les présentoirs.

Ils stressent même. Il est midi pile. Ça bouffe au Sila. Commande par-ci, commande par-là, ça n’en finit plus. Même certains serveurs se disent « dépassés ». Le chawarma a détourné grands et petits. Accompagné d’une boisson gazeuse, il coûte 550 DA, soit plus cher que le prix moyen d’un livre qui tourne autour de 400 DA. Le choix est vite fait et, bien sûr, l’estomac l’emporte sur l’esprit.


Il est 13h passées et l’odeur des fritures gagne l’intérieur du pavillon central. Les stands aménagés en librairies laissent place à l’industrie des pizzas. Le monde de la littérature sombre doucement et sûrement dans les oubliettes. Le périmètre de la Safex devient pour beaucoup de visiteurs une occasion de sortie entre amis ou en famille.

Le livre, quant à lui, en est l’alibi. Le Sila est devenu un grand rassemblement populaire et festif où même les vendeurs ambulants trouvent leur compte. Cacahuètes, thé sahraoui, des jouets en plastique et autres gadgets y sont écoulés. Ceux qui se présentent en lecteurs visitant des stands à la recherche d’un titre ou d’un auteur se transforment pour la circonstance en tubes digestifs.

En tout cas, au vu de ce que nous avons constaté, le public du Sila mange plus qu’il ne lit. Si les grands ne s’intéressent plus à la lecture, comment inculquer le savoir aux enfants ? Que peut-on leur offrir comme support de lecture ? Que faut-il faire pour leur apprendre à aimer la culture et le livre, cet outil important au développement de leur imaginaire ?
Autant de questions qui ne trouvent pas de réponses, particulièrement quand on sait qu’une étude internationale de l’Unesco fait ressortir qu’en Algérie et dans certains pays arabes, la moyenne de lecture est de 6 minutes par an !

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