Rrelation Algéro-Française Le lourd passif historique comme frein

mardi 1 novembre 2016 à 19:32
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

De par le lourd contentieux historique entre les deux pays, les relations algéro-françaises ne pouvaient prétendre à une «rectitude» comme c’est le cas de celles qu’entretient l’Algérie avec d’autres pays. Peut-être que c’est à ce niveau que se situe le caractère «exceptionnel» que l’on veut, des deux côtés, conférer à ces relations.

Mohamed Kebci – Alger (Le Soir)
– Des relations bilatérales qui ne devaient, donc, être que «sinusoïdales» au gré des conjonctures politiques dans les deux pays. Et la perspective des élections présidentielles du printemps prochain en France n’a fait que «pimenter» davantage ce «contentieux», à coups de sorties pour le moins «provocatrices» de responsables et d’officiels français de haut rang.

Il faut dire que la politique algérienne de la France a de tout temps été convoquée lors des campagnes électorales, notamment celle des présidentielles. Il en est de même du côté algérien dont le pouvoir «instrumentalise» la question selon son agenda.
Et ce ne sont pas le fameux tweet du premier ministre Manuel Valls, montrant Abdelaziz Bouteflika, qui le recevait à l’issue de sa visite officielle à Alger, en avril dernier, affaibli et le regard hagard, ou encore les propos de Guillaume Denoix de Saint Marc, président de l’Association française de victimes du terrorisme (AFVT), qui a assimilé les actions des moudjahidine pendant la guerre de Libération nationale à des actes terroristes, citant nommément Zohra Bitat-Drif et Djamila Bouhired, en rappelant l’attentat du Milk-Bar du 30 septembre 1956.

Si le tweet du Premier ministre français, qui avait ajouté de «l’eau au moulin» des partisans de la «vacance du pouvoir» au plus haut sommet de l’Etat et a suscité de l’indignation parmi l’entourage du Président, a été suivi d’une levée de boucliers de la part du Premier ministre, du ministre des Affaires étrangères et des Relations internationales et de l’ensemble du cercle présidentiel, il n’en a pas été de même pour la seconde attaque puisque le silence perdure encore du côté officiel.

Ce que, d’ailleurs, Zohra Drif-Bitat a regretté, estimant que «l’Etat et le gouvernement sont responsables de la défense et de la protection de tout l’héritage de notre glorieuse guerre de Libération nationale, de ses acteurs et de ses symboles». Il était attendu, dit-elle, de «mon Etat, de mon gouvernement et de mon ministre de tutelle qu’ils assument leurs responsabilités constitutionnelles».
Il y a également le dossier des moines de Tibhirine, qui a connu, cela dit, une évolution significative avec des prélèvements de leurs têtes ramenés en France par une juge française, en juin dernier. Ou, plus récemment encore, l’affaire des crânes des combattants algériens tombés en début de colonisation française et conservés actuellement au musée de l’Homme de Paris et à propos desquels Alger fait tout pour leur rapatriement et leur inhumation dans le pays.
Ou encore la question de la repentance qui rajoute une couche au clivage entre les deux pays, Paris refusant encore des excuses à l’Algérie pour ses meurtres et exactions commis par son armée durant l’occupation du pays. Et ce, en dépit d’une évolution relative de l’opinion publique dans l’Hexagone à ce sujet puisque, selon un récent sondage, 52% des Français sont favorables à ces excuses officielles.
Cela dit, pour Ramtane Lamamra qui inaugurait, vendredi dernier, le nouveau consulat d’Algérie à Marseille, le partenariat d’exception entre l’Algérie et la France doit nécessairement avoir comme artisan l’élément humain. Et d’estimer que les Algériens vivant en France et les Français se rendant en Algérie constituent un «pont extraordinairement créatif entre Marseille et Alger» et sont un «témoignage sur les relations algéro-françaises qui sont très bonnes, toujours vouées à se fixer de nouveaux horizons, de nouvelles ambitions».
Et à son homologue français, Jean-Marc Ayrault, de lui rendre la monnaie, considérant que les relations entre Alger et Paris sont «très bonnes et dans la bonne voie» et qu’elles «n’ont jamais été aussi confiantes et fécondes».

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