Rapatriement des migrants : RAJ plaide pour une politique d’«intégration et d’inclusion»

mardi 1 août 2017 à 11:13
Source de l'article : Reporters.dz

L’Algérie a dépensé 80 milliards de centimes, entre 2014 et 2016, pour rapatrier un total de 6 000 enfants et 18 000 femmes subsahariennes.

Ce chiffre a été fourni avant-hier dimanche à Alger par la présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Mme Fafa Sid-Lakhdar Ben-Zerrouki. Elle a ajouté que les pouvoirs publics prévoient de débloquer 40 milliards supplémentaires pour des opérations de rapatriement. Bien évidemment, la réaction des associations locales de défense des droits de l’Homme a été de désapprouver cette politique.

«Au lieu de dépenser une telle somme d’argent afin de rapatrier les migrants, les pouvoirs publics seraient mieux avisées de la consacrer à leur prise en charge», a réagi dans une déclaration accordée à Reporters le président de RAJ, Abdelouahab Fersaoui. «Les migrants fuient la misère, les guerres et les conflits et l’Algérie, après avoir des années durant servi comme terre de transit, est devenue terre de séjour et de destination notamment pour les populations subsahariennes», soutient M. Fersaoui.

Il se dit aussi pour « une politique d’intégration et une politique d’inclusion des Subsahariens». A proprement parler, M. Fersaoui plaide pour que l’on accorde à ces migrants cartes de séjour, prises en charge sociale et de santé, et la latitude de disposer d’un poste de travail, bien loin des appels à parquer les migrants dans des centres d’accueil.

Il émet également des réserves sur le chiffre de 100 000 migrants avancé par les associations de la société civile. Un chiffre que même la présidente du CNDH n’a pas été en mesure d’indiquer et de confirmer. «Le nombre des migrants séjournant actuellement en Algérie n’est pas exact. Seul un travail de recensement, tel que celui décidé par le ministre de l’Intérieur, pourra le révéler», a-t-il poursuivi.

Globalement, le président de RAJ considère que «l’arsenal juridique algérien doit être amendé dans le sens de doter les migrants d’un texte qui légalise et réglemente leur séjour sur nos terres». «L’Algérie est appelée à devenir un terre d’accueil», a-t-il souligné.

En ce qui concerne la Plate-forme migration Algérie (PMA), une initiative lancée en 2015 par quelques associations et destinée à servir comme espace d’échange, de réflexion et d’action autour de la question migratoire, notre interlocuteur invoquera les difficultés et les « limites, dit-il, pour la société civile algérienne de mener ses actions».

Pour rappel, la Plate-forme migration Algérie est un réseau constitué, entre autres, par le Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ), le Réseau Nada, la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) et d’autres acteurs de la société civile. Cette Plate-forme devait servir de cadre à militer pour les droits des migrants qui séjournent en Algérie et contre les fléaux qu’ils peuvent endurer, notamment l’exploitation, atteinte à leur dignité et les vulnérabilités multiples qu’ils encourent.

Écrit par Farid Mellal

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