Nouria Benghabrit : “Les élèves ne maîtrisent pas l’écriture en langue arabe”

jeudi 20 octobre 2016 à 10:32
Source de l'article : Liberte-algerie.com

La ministre explique que sur plus de 65 000 copies d’examen de la 5e année examinées dans le cadre de cette expertise, il a été relevé 55 000 fautes d’orthographe, notamment en langue arabe.

La ministre de l’Éducation nationale, Nouria Benghabrit, a constaté, à travers le rapport final de l’évaluation des résultats d’examens nationaux, 5e et BEM, fait par des experts et des universitaires, que les élèves, surtout ceux du premier palier, ne maîtrisent pas l’écriture de la langue de base de l’enseignement national, l’arabe. Selon elle, il est urgent de mettre en place des mécanismes qui permettront l’évolution des élèves dans la maîtrise de cette langue de base avec laquelle ils pourront adopter facilement d’autres langues et matières. “Il faut mettre en place une stratégie nationale de rémédiation pédagogique sur les langages fondamentaux”, a déclaré, hier, Mme Benghabrit lors de la journée d’étude sur l’évaluation pédagogique, organisée à Blida.

En présentant le rapport d’analyse et d’évaluation du système pédagogique national, élaboré par des experts et des universitaires durant une année à travers 9 wilayas, la ministre explique que sur plus de 65 000 copies d’examen de la 5e année examinées dans le cadre de cette expertise, il a été relevé 55 000 fautes d’orthographe, notamment en langue arabe. “La plupart des erreurs étaient sur la ‘e’cheda’ ou des ratures des lettres”, explique la ministre. Mais, pour elle, l’erreur n’est pas une fatalité en elle-même, elle aide dans l’enseignement, car elle fait partie du parcours de l’enseignement. L’étude en question fait sortir qu’un nombre important d’élèves “redoublent” plusieurs années avant d’achever leur cursus scolaire. Sur ce sujet, la ministre estime que seule la mise en place d’une stratégie nationale pour la rémédiation du système pédagogique pourra mettre fin à la déperdition scolaire et au redoublement. “Le redoublement répétitif, ce sont des occasions perdues qui n’ont pas été bien exploitées. C’est un investissement perdu pour la société”, estime la ministre en ajoutant que “le phénomène du redoublement veut dire que l’élève n’a pas obtenu l’enseignement qu’il devait avoir en présence de l’enseignant”. “Notre préoccupation, c’est aussi l’amélioration des pratiques dans les classes afin de faire de nos écoles, une école de réussite”, note Mme Benghabrit, estimant que le défi, aujourd’hui, n’est pas d’offrir seulement une éducation scolaire mais aussi une éducation scolaire de haute qualité. “Aujourd’hui, il est plus que jamais indispensable que le système pédagogique national produise des idées pour aller à un système qui produira de la connaissance et du savoir. La mission est difficile, mais  avec l’aide de tout le monde, nous pouvons relever le défi”, a conclu la ministre.

Les enseignants grévistes doivent rattraper les cours non dispensés
“Les enseignants grévistes sont conscients de la situation des élèves et ils doivent rattraper les cours qu’ils n’ont pas assurés durant les deux jours de grève”, a déclaré la ministre de l’Éducation nationale en marge de la journée d’étude. Elle estime qu’il y a un programme pédagogique à respecter pour éviter tout retard dans son application. “Je comprends la situation des enseignants grévistes qui revendiquent la retraite anticipée. Un projet qui n’est pas encore passé devant les parlementaires, mais il ne faut pas que l’élève soit pris en otage. C’est pour cette raison que j’ai dit que les enseignants grévistes sont conscients du droit de l’élève dans un tel conflit socioprofessionnel”, a argumenté la ministre qui regrette l’absence des syndicalistes durant la dernière réunion de concertation, tenue le 10 octobre dernier au siège de son département.

Selon elle, cette rencontre était beaucoup plus basée sur la sensibilisation et avait pour objectif de connaître quelles sont les conséquences sur le système éducatif au cas où le système de la retraite anticipée serait aboli. “Nous pouvons toujours trouver des solutions. Par exemple, il n’est pas nécessaire qu’un enseignant qui a 32 ans d’expérience assure toujours des cours dans la classe, mais, par son expérience, il pourrait assister les nouveaux enseignants. Le tutorat compte dans ce domaine. Nous comptons sur l’expérience de ces enseignants pour aller vers un enseignement de qualité et cette qualité ne pourra se réaliser sans l’aide de tout le monde”, a conclu la ministre.

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