Mohamed Aîssa Aborde La Question: Quel rôle pour les zaouïas ?

dimanche 27 novembre 2016 à 21:36
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

A la veille de trois scrutins électoraux aux grands enjeux, l’institution religieuse des zaouias est plus que jamais convoitée par certains courants politiques ou carrément par les relais du pouvoir.
Par ailleurs, cette institution est fortement impliquée, au grand dam de l’opinion publique nationale, dans une campagne politico-médiatique visant à réhabiliter un personnage public qui a de gros antécédents avec la justice. Quelle est la position du docteur Mohamed Aïssa, ministre des Affaires religieuses et des Wakfs ?

C’est la question que nous lui avons adressée hier à Boumerdès, où il s’est déplacé pour présider l’ouverture de la caravane culturelle et religieuse intitulée «Dimension spirituelle dans le patrimoine national amazigh.» Le ministre commence par réitérer ce qu’il affirme comme sa position. «La zaouia est autonome dans sa décision car elle est née avant cette fondation de l’Etat algérien moderne.

Les lois de la République acceptent que les zaouias exercent leur rayonnement scientifique, spirituelle et qu’elles soient le catalyseur de l’Algérie profonde», dira-t-il avant d’ajouter «la zaouia est visitée par tout le monde, par des politiques, des gens qui ont commis des fautes, des repentis, des hommes d’affaires ou des chercheurs. Je crois qu’il revient à la zaouia de décider à qui elle doit ouvrir ses portes ou les fermer».

Le ministre fait, en outre, une tentative pour innocenter les hautes autorités du pays de toute implication politique dans la gestion des zaouias. «Il n’y a pas une implication, je l’ai déjà dit et je le redis. Il n’y a en outre ni orientation, ni obligation ou de recommandation de recevoir l’un ou l’autre.»

C’est à partir de cet instant que Aïssa pointe du doigt ces institutions religieuses. Il dira à ce propos : «Ceci dit, nous avons déjà appelé les zaouias à être très vigilantes parce que nous remarquons, vous parlez de politique, il y a une tentative pour capter ces zaouias au profit d’une identité étrangère. C’est cela le vrai souci. Dire que ces zaouias ont une appartenance hors de nos frontières alors qu’elles sont nées chez nous. Elles constituent un héritage commun dans lequel se conjuguent l’arabité et l’amazighité.»
Plus incisif, le ministre dira : «Le second problème de ces zaouias qui sont actuellement harcelées pour gérer l’espace politique et elles sont en retrait par rapport à l’éthique et la déontologie dans la société. Nous les invitons à rejaillir de leur profondeur historique et de leur spiritualité profonde pour se redéployer dans la société pour une vie plus déontologique et pour plus d’équité dans nos relations humaines.»

Débat serein sur la religion et l’identité
Dans son intervention, le ministre a fait brièvement allusion à un débat. Nous l’avons sollicité pour plus de précisions. «Mon intention c’est d’ouvrir le débat et un dialogue avec l’élite intellectuelle. Nous avons en effet un héritage amazigh très riche, un patrimoine très riche qui ont un catalyseur qui le relie au patrimoine arabe et à notre terre natale qui est l’Algérie.

Je crois, en résumé, que la spiritualité, c’est l’Islam. Plusieurs approches nous invitent, par ailleurs, à rejoindre notre élite en parlant d’un héritage autre que musulman. Sa trace dans notre histoire est, cependant, très restreinte. Par rapport à l’héritage commun qu’est l’Islam et la spiritualité du soufisme, ils ont toujours uni les Algériens et ont été les outils de la création de l’identité algérienne.

Tous ces éléments ont fait de nous, un pays de bâtisseurs de la civilisation andalouse ; ce qui nous donne une légitimité pour être des détendeurs légaux de cette civilisation universelle.»

L’amazighité et la spiritualité
Expliquant l’objectif de cette activité culturelle, Mohamed Aïssa dit : «La caravane culturelle sur la dimension spirituelle dans le patrimoine amazigh va sillonner les wilayas du pays. Nous avons choisi Boumerdès comme première étape pour ce qu’elle a donné au patrimoine spirituel islamique.
Des universitaires et des imams se réunissent pour débattre des aspects spirituels communs qui ont constitué la spécificité de l’Algérie et qui a transformé la culture amazighe en une culture universelle.»

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