Les uns veulent du travail, les autres veulent l’autonomie pour leur institut: Les étudiants de l’INH et de l’ex-Inelec de Boumerdès dans la rue

mercredi 16 novembre 2016 à 15:36
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

Des centaines d’étudiants de la Faculté des hydrocarbures et de la chimie (ex-INH) de l’université M’hamed-Bougara de Boumerdès (UMBB) ont manifesté avec beaucoup de bruit devant le siège de l’IAP (Institut algérien de pétrole), une filiale de la Sonatrach.

«Nous sommes décidés à rester ici tant que nos revendications ne sont pas prises en charge. D’autres ingénieurs diplômés de notre Faculté qui sont au chômage vont nous rejoindre. Par ailleurs, une partie des manifestants observeront une grève de la faim à partir de demain» (NDLR : aujourd’hui).

Les organisateurs de la manifestation nous ont expliqué par la suite les motifs de leur colère. «Nous étudions pour devenir des ingénieurs au chômage. Par le passé, il existait des conventions passées entre les entreprises du secteur énergétique nationales ou privées et l’ex-INH concernant le recrutement des diplômés de cet institut. Elles ont été supprimées. Ils nous ont ensuite affirmé que les recrutements au niveau du Sud se font sur la base de critères régionalistes. Celui qui n’a pas une résidence à Ouargla ne sera pas recruté. Les certificats de résidence établis dans cette région coûtent 700 000 dinars. Tout le monde sait que le diplôme de l’INH a plus de valeur que celui de Ouargla. Paradoxalement, un diplômé des sciences islamiques a été embauché avec les appuis des connaissances alors que la demande d’emploi d’un master 2 venu d’ailleurs est refusée. Nous ne voulons pas être les victimes d’une décision politique.»

Bien qu’il participe à un séminaire en dehors de la wilaya de Boumerdès, Abdelhakim Bentellis, recteur de l’UMBB, a répondu à notre appel pour apporter des éclaircissements en ce qui concerne les conventions. «Nous avons effectivement fait appel à 4 entreprises publiques algériennes pour signer des conventions. Mais ces accords concernent la prise en charge des stages pratiques, la venue de cadres pour animer des conférences. Pour ce qui est du recrutement, ce n’est pas une des prérogatives de l’université», dira-t-il.

Pas loin de la manifestation des étudiants de l’ex-INH, des centaines d’étudiants de l’Institut de génie électrique et électronique IGEE issu de l’ex-Inelec se sont rassemblés dehors. Eux aussi voulaient se faire entendre. «Notre institut vit une régression dans tous les domaines. Nous voulons une autonomie totale. De plus, nous refusons que le département des langues étrangères soit installé avec nous. Nos équipements sont vétustes, ils n’ont pas été renouvelés depuis 1998.» Sur ce point, Bentellis nous dit : «L’autonomie d’un institut se décide par un décret et une solide motivation». En clair, les manifestants manquent d’arguments techniques et scientifiques.

Pour dénoncer le comportement de groupes d’étudiants qui, selon lui, étalent des doléances impossibles à prendre en charge, il a tenu à nous relater le comportement d’un groupe d’étudiants (21) qui ont fermé la Faculté des sciences de l’ingénieur FSI pour réclamer leur passage car ils ont été recalés par le jury. «Comme je suis ouvert au dialogue, j’ai reçu les 21 étudiants. J’ai constaté qu’effectivement 9 avaient raison, leur problème a été résolu. Mais les autres ont continué à fermer la Faculté empêchant leurs camarades de suivre leurs cours. Qu’ils sachent que je ne participerai jamais à la clochardisation de l’université algérienne», conclura-t-il en colère.

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