Le Pr Rachid Belhadj tire la sonnette d’alarme: violence communautaire en Algérie sous diagnostic

mercredi 19 octobre 2016 à 12:03
Source de l'article : Lejourdalgerie.com

Les violences communautaires sont de plus en plus persistantes et constituent ces dernières années un problème majeur qui inquiète les spécialistes et représentent un danger pour la société algérienne.
Parmi les violences sociales qui gangrènent dangereusement notre société figurent les violences communautaires qui ont pris ces dernières années des proportions alarmantes. Aujourd’hui, les affrontements et violences communautaires touchent plusieurs régions en Algérie. Invité de la rédaction de la Chaîne III, pour s’exprimer sur le sujet et ses percussions sur la société algérienne, le Pr Rachid Belhadj, médecin légiste et expert au ministère de la Justice, indique que «la violence est là et elle existait depuis longtemps, mais ce qui nous inquiète, en tant que légistes et témoins privilégiés de la violence, c’est cette violence communautaire qui ne cesse d’augmenter».

La violence communautaire, comme l’explique le Pr : «C’est lorsque les gens s’organisent en bande dans les quartiers». Le médecin légiste et expert au ministère de la Justice qui constate une évolution menaçante de cette forme de violence dans la société algérienne explique qu’«avant, c’était juste des événements sporadiques qui se produisaient lors d’un match de football et qui ne duraient pas plus d’une demi-heure. Mais, les violences communautaires actuelles sont organisées et récurrentes, les affrontements opposent plusieurs personnes et se soldent par des blessés et parfois des décès», analyse-t-il sur les ondes de la Radio Chaîne III. Ainsi, les conflits et les violences sont de plus en plus persistants et constituent ces dernières années un problème majeur pour les autorités algériennes.

Le Sud est de plus en plus touché par ce phénomène. Au Sud du pays, les affrontements tribaux et les frictions communautaires deviennent monnaie courante. La vallée du M’zab est effectivement une région où éclatent périodiquement des affrontements entre les communautés ibadite et sunnite. Il est à souligner que les affrontements entre mozabites et arabes à Ghardaïa ont toujours comme origine un incident «banal». Mais cela n’empêche guère le déclenchement de véritables batailles causant des blessés et même des morts quelquefois.

On se rappelle, également, de graves incidents qui se sont produits dans la wilaya d’Adrar entre arabes et targuis. L’affaire a failli même prendre une dimension internationale avec l’implication du mouvement séparatiste touarègue MNLA (Mouvement national pour la libération de l’Azawad – mouvement malien) qui a laissé entendre que les autorités algériennes ont appuyé les membres de la communauté arabe contre la population touarègue.

Cette multiplication des violences communautaires inquiète au plus haut point les autorités et les composantes de la société civile.
Pour lutter contre ce phénomène, le Pr Rachid Belhadj insiste sur l’éducation et le suivi des enfants par l’école, les associations et surtout par les parents. Car, argumente-t-il, «la violence peut commencer sous une forme verbale chez l’enfant, mais si on ne le corrige pas, il peut passer à la violence physique puis à la violence criminelle».

Un véritable travail de sensibilisation doit être initié de toute urgence pour inculquer le civisme et le respect de l’unité nationale aux Algériens.

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