La figue de Barbarie, un fruit sauvage qui fait rage

dimanche 20 août 2017 à 20:26
Source de l'article : Www.aps.dz

Précocement mature, dopée par une chaleur torride inégalée, la figue de barbarie, appelée dans le jargon populaire El Handi, est déjà sur les étals et surtout chez les vendeurs ambulants qui sillonnent tôt le matin les quartiers de l’antique Cirta, réveillant les Constantinois, écrasés par une canicule aoutienne singulière.

En ces jours où le mercure monte crescendo, les citoyens sont en quête du moindre rafraichissement, entre piquer une tête dans l’eau, sortir le moins possible durant la journée et s’alimenter de manière différente en optant notamment pour des fruits de saison comme le melon, la pastèque ou encore les figues de barbarie.

Immatriculés à Skikda et Mila, deux villes limitrophes de la capitale de L’Est, les camions chargés de figues de barbaries pullulent à travers les quartiers, proposant à tue-tête le fameux fruit sauvage qui fait rage, très prisé, au demeurant, par les habitants de la troisième ville du pays.

Bien qu’elle ait été au début de modeste calibre en sus du prix relativement élevé tout au début (10 DA l’unité), la figue de Barbarie a été vite « adoptée » mais, au fil des jours, elle a fini par se démultiplier, « grossir » et à être vendue à 5 DA, battant aisément tous autres fruits ! Vendu dans les marchés couverts, dans les cités ou aux abords des routes  nationales, ce fruit ne laisse guère les consommateurs indifférents, pour son goût, mais aussi pour son prix qui reste, pour de nombreux citoyens, très abordable, notamment pour les ménages modestes.

Il est aussi une affaire d’enfants qui écument les routes, l’axe Ain S’mara-Ali Mendjeli notamment, proposant aux automobilistes de passage des « bidons » remplis de ces fruits, ce qui constitue une bonne occasion de se procure de menus revenus pour certaines familles démunies et un peu d’argent de poche pour d’autres gamins.

Apprécié pour son goût savoureux inégalé, El Handi, qui n’est pas implanté à Constantine, est proposé dans les marchés constantinois, et rencontre, comme chaque année, un franc succès chez les citoyens qui adorent le consommer frais, le plus souvent.

Consommée comme un « un plat de résistance »

La figue de barbarie est généralement consommée à Constantine comme « plat de résistance » avec de la galette et une boisson fraiche, afin d’éviter de cuisiner des mets considérés trop chauds pour la saison.

Khadidja, 72 ans, fait partie des consommateurs inconditionnels de ce fruit qu’elle consomme, chaque année, avec « délectation », confie-t-elle à l’APS, avec du « mataloue » (galette faite à base de levure) et un verre de limonade ou de jus, en guise de repas.

« C’est un fruit vraiment très spécial de par son côté savoureux et exotique que je consomme depuis que j’étais enfant. Il faut juste éviter d’en abuser pour éviter des désagréments digestifs, mais sinon il est réellement très bon pour la santé et peut facilement faire office de repas de midi ou de diner », affirme cette sexagénaire.

« El Handi oual mouss manandi » n’est plus de mise

Khadidja a aussi fait remarquer que l’adage « El Handi oual mouss manandi » (Handi et c’est à moi de l’éplucher) n’est plus de mise, c’est aux ménagères qu’échoit désormais le soin de peler la figue de barbarie.

Il faut dire que c’est un produit très difficile à manipuler et encore plus à stocker. Généralement, pour le vendre, il faut l’éplucher avec un gant épais ainsi qu’une lame affutée afin d’éviter au consommateur d’être piqué par les myriades de poils épineux qui se sont incrustés dans leurs épluchures.

Un vendeur ambulant a affirmé, à ce sujet, qu’il leur est interdit de se balader avec un canif et c’est pour cette raison qu’on vend les figues de barbarie à l’état brut.

Très populaire en Afrique du nord, empruntant de nombreuses appellations notamment  « tahendit », « taknarite », « takermousst » en tamazight, ou encore Karmous En Sara et El Handi, ce fruit que l’on dit originaire du Mexique, est également très populaire dans le pourtour méditerranéen, poussant notamment dans les régions chaudes d’Italie comme la Sicile et la Sardaigne.

Fruit magique, hyper résistant et doté d’une capacité exceptionnelle de survie dans des conditions extrêmes, on prête à ce cactus des vertus antioxydants et anti-radicalaires comme il est utilisé dans l’industrie cosmétique.

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