La chasse traditionnelle, hobby des mauritaniens en automne

dimanche 23 octobre 2016 à 9:27
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« Il s’agit de mon hobby depuis mon plus jeune âge. La chasse est également mon loisir favori parce qu’elle me permet d’être classé chevalier et me permet également d’être un homme de guerre sans avoir à subir un entraînement militaire.

J’ai pu participer, pendant des années, au championnat local qui est organisé chaque 28 novembre pour célébrer l’anniversaire de la fête de l’indépendance de la colonisation française. J’ai enregistré quelques victoires. J’ai même réussi à dépasser des militaires ayant participé au championnat. Mon rendement a attiré l’attention des spectateurs et a été approuvé par le public à plusieurs reprises ».

C’est en ces termes que Mohamed Oueld Islem rapporte son expérience avec la chasse traditionnelle qu’il considère comme un véritable dada, tout en tenant trois cartouches dans ses mains en attendant son tour pour recevoir son fusil de la part de l’organisateur de la compétition.

Mohamed tentera de viser le plus grand nombre possible de cibles qui ont été fixées à 170 mètres. Il est appelé à tirer de manière horizontale en visant les cibles de droite à gauche. C’est de cette unique manière qu’il pourra jouer, viser et gagner.

Tout tir qui ne respecte pas l’acheminement horizontal, de droite à gauche, est considéré comme une raison éliminatoire selon les règles du jeu imposées par les organisateurs. Mohamed poursuit son récit en relatant son histoire avec la chasse qu’il exerce en respectant les rites auxquels les Mauritaniens se sont habitués pour fêter l’indépendance chaque automne. Ils s’y exercent en équipes. Ces dernières regroupent des gens appartenant à la même tranche d’âge. Il s’agit d’un rite très connu chez les Mauritaniens d’aujourd’hui. L’équipe classée dernière est redevable.

Le lendemain de la compétition elle offre un festin à toutes les autres équipes qui ont participé. L’équipe classée avant-dernière se charge, de son côté, des frais des cartouches utilisées durant la compétition qui commence le jour-même en fin d’après-midi (après 17 heures).

Mohamed assure qu’il n’a pas exercé la chasse dans le cadre des Unions officiellement autorisées. La majorité des membres de ces Unions sont des personnels de la sécurité et des militaires partis à la retraite.

Il estime qu’il trouve inutile de passer par les Unions puisqu’il se dit capable de jouer de façon professionnelle. Quant à Abdallah Oueld El-Haj, organisateur de la manifestation, il dit que le jeu est toujours répandu dans la campagne en dépit de la pression qu’exerce l’Etat sur ses amateurs.

« L’Etat essaye de limiter l’utilisation des armes non autorisées pour faire face aux multiples défis sécuritaires relevés depuis des années », dit-il.

Notre interlocuteur pense que l’Etat serait informé de la tenue de ces compétitions et de l’existence de plusieurs armes non autorisées mais ferme les yeux tant que les amateurs de chasse n’ont pas causé de problèmes.

Abdallah remarque toutefois que l’Etat frappe d’une main de fer à chaque fois qu’une arme non autorisée touche quelqu’un, même si c’est par erreur. Il ajoute que le fait de maîtriser la chasse et de gagner la compétition offre au gagnant plusieurs avantages, notamment la gloire et le prestige de gagner le titre de chevalier regroupant les qualités de bravoure et de noblesse.

Ces « avantages » sont reconnus par la société de campagne depuis longtemps et avant même la mise en place de l’Etat moderne, les invasions et les guerres tribales qui ont causé la mort de milliers de personnes.

A cause de ces guerres, certaines tribus souffrent encore d’infériorité numérique comparativement aux autres. Les tribus ne cessent par ailleurs d’enseigner aux générations successives les gloires qu’elles ont enregistrées à travers l’histoire. Elles les commémorent et se les transmettent de génération en génération.

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