Douze ans après le naufrage des navires Batna et Béchar: Le seul rescapé du drame pleure ses collègues disparus

lundi 14 novembre 2016 à 14:18
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

«C’est très difficile de vous raconter ce que j’ai vécu dans la soirée du 13 au 14 novembre 2004. Je suis toujours sous le choc. Je prie Dieu d’accueillir en Son Vaste Paradis mes anciens collègues, disparus lors de cette tragédie.» Rezoug Boubakeur, le seul rescapé du naufrage du navire Batna retient difficilement ses émotions. Il refuse de s’étaler sur le sujet, douze ans après la tragédie.

Comme chaque année, la Direction générale du groupe Cnan en collaboration avec la Direction générale du port d’Alger commémore le douzième anniversaire du naufrage des navires Batna et Béchar. Un naufrage qui a coûté la vie à 16 marins.

La cérémonie a eu lieu hier matin au niveau de la gare maritime d’Alger. Tout le monde était présent à la cérémonie, à l’exception des représentants du ministère des Transports ou encore ceux des familles des victimes.

La Sûreté nationale a fortement marqué sa présence à la cérémonie, avec quatre hauts responsables de police, alors que les services des Douanes étaient représentés par son délégué au niveau de la gare maritime. Cela dit, au-delà de la cérémonie commémorative, la présence du seul rescapé de la tragédie a constitué le principal «événement» de cette commémoration.

Discret, humble, mais toujours sous le choc du drame, douze ans après, Rezoug Boubakeur a évité les feux de la rampe. Isolé dans son coin, il suit le déroulement de la cérémonie marquée par le dépôt d’au moins cinq gerbes de fleurs au niveau de la plaque commémorative. D’ailleurs, certains de ses collègues présents se sont demandés pourquoi on n’a pas en la circonstance, donné la parole au seul qui à l’époque des événements ne dépassait pas la vingtaine d’années.

Fataliste, Boubekeur évite de commenter de nouveau le drame. «C’est le mektoub. Dieu en a voulu ainsi», n’a-t-il cessé de répéter. Et de poursuivre après insistance : «C’était très pénible et difficile ce que nous avons vécu. On ne s’attendait pas à ce qui s’est passé. La panique s’est emparée de tout l’équipage. J’ai sauté du navire au moment où le bateau commençait à couler. J’ai passé plus de quatre heures dans l’eau face à de gigantesques vagues. Grâce au mektoub, j’ai échappé à la mort», se rappelle-t-il.

Notre interlocuteur, les yeux larmoyants, se rappelle des derniers propos tenus par le commandant du navire «mon commandant», feu Bedi H’cène. Après un temps d’arrêt, Boubekeur évite de s’étaler davantage sur la question, mais il dira en hommage à sa mémoire et à celle de tous ses ex-collègues que «c’était un grand monsieur, comme toutes les autres victimes à qui je demande de la Miséricorde».

Celui qui n’était qu’un simple garçon de salle au sein du navire Batna lors de la tragédie se rapproche de la plaque commémorative et lève ses deux mains au ciel. Il prie pour ceux qui sont disparus en cette soirée fatidique du 13 au 14 novembre 2004, soit à la veille de la fête de l’Aïd.

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