Donald Trump 45ème président des Etats-Unis: Les Algériens partagés

jeudi 10 novembre 2016 à 15:11
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

Le monde arabe a suivi avec un intérêt tout particulier les élections américaines qui ont débouché sur l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. L’Algérie n’est pas en reste, et les avis divergent, d’ores et déjà, sur les conséquences qui pourront découler de l’arrivée de Trump sur notre pays.

«Ne nous voilons pas la face, l’Algérie est un pays dont cet Américain de pure souche ne connaît pas grand-chose et les conséquences à attendre sont de ce fait liées à la vision globale qu’a Donald Trump du monde arabe et musulman en particulier», affirme d’emblée une experte algérienne établie à Washington dans le cadre de la fonction qu’elle a occupée durant de longues années au sein de la Banque mondiale.

L’Amérique, elle estime la connaître bien, ses enfants et elle y vivent depuis plus de vingt ans sans éprouver de soucis particuliers à côtoyer la population américaine habituée à vivre en compagnie des immigrés de toutes nations. «Lorsque nous sommes arrivées, la majorité des personnes ne savaient pas situer l’Algérie sur une carte géographique, les gens se préoccupaient peu de savoir de quelle nationalité nous étions, mais des évènements ont commencé à changer les choses.» Les fusillades survenues en Floride et revendiquées par Daesh ont choqué les Américains qui «font désormais preuve de plus de prudence, voire de scepticisme vis-à-vis des musulmans», poursuit notre interlocutrice.

Donal Trump encore candidat renforçait, semble-t-il, ce sentiment en s’emparant du sujet pour des besoins électoraux. Il dévoilera son véritable sentiment à l’égard des musulmans et des pays arabes. Il utilisera des mots choquants pour les qualifier et fait savoir son intention de stopper l’immigration en provenance de «ces pays». «En fait, c’est sur ce sujet qu’il faudra s’attendre à des conséquences, nous fait savoir un diplomate algérien. Donal Trump a tenu un discours extrêmement raciste durant sa campagne, allant jusqu’à traiter les nations arabo-musulmanes d’animaux. Tout ceci soulève, inévitablement, des inquiétudes, des craintes».

Des inquiétudes et des craintes pouvant se traduire «non seulement par une limitation des transits humains en direction des Etats-Unis, mais aussi et surtout par la montée d’un sentiment xénophobe au sein de la population américaine, situation dont souffriraient, naturellement, nos ressortissants sur place. Tout ceci sous couvert d’une lutte antiterroriste légitime qui reste, je vous le rappelle, la préoccupation majeure des Américains.

Si Trump parvient à appliquer les grandes lignes de la politique révélée durant la campagne électorale, ce sera une catastrophe pour le monde entier ; en fait, cet homme est imprévisible, il fait des dégâts s’il n’est pas géré». Géré par qui ? «Le mode de fonctionnement américain est différent des autres Etats, le Congrès américain joue un grand rôle dans la régulation des affaire…» Les mêmes arguments sont développés par d’autres observateurs spécialistes de politique étrangère dont l’inquiétude se base sur le contenu du discours électoral du nouveau Président américain mais dont l’analyse diffère en ce qui concerne les retombées possibles sur notre pays.

Pour ces derniers, il faut compter sur la vision et les intensions globales des Etats-Unis en matière de politique étrangère. «Les Américains ne font pas au cas par cas, chez eux, on parle de géostratégie.» Dans ce contexte, l’arrivée de Donal Trump à la Maison Blanche est perçue comme une nouvelle nettement positive par rapport à celle d’Hillary Clinton laquelle affiche un parti pris flagrant vis-à-vis de la question du Sahara occidental par exemple. «Ses penchants pro-marocains ne sont un secret pour personne. Sa famille et elle ont même des biens là-bas, ce qui n’est pas le cas de Trump. Il n’a pas de lien privilégié avec ce pays, ne s’est pas exprimé sur la question du Sahara occidental d’ailleurs, ce qui laisse toujours une porte ouverte sur une résolution pacifique du problème.»
Pour le reste, il faudra encore attendre.

Pour l’instant, Donald Trump a tenu à modérer quelque peu son discours en déclarant, quelques heures après les résultats officiels le donnant gagnant : «Je serai juste avec les pays qui voudront travailler avec nous.» Le temps des incertitudes…

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