Ces gardiens de la propreté: N’est pas éboueur qui veut

lundi 17 juillet 2017 à 23:12
Source de l'article : Reflexiondz.net

Cela fait bien des lustres que les pays sous-développés, en voie de développement ou même les grandes puissances ne s’intéressent sérieusement à l’écologie et à l’environnement jusqu’à ce que la situation empire. D’où d’ailleurs l’image véhiculée vis-à-vis de la profession d’éboueur, qui de tout temps et jusqu’à l’heure actuelle, a été considérée à travers le monde comme un sous-métier avilissant, humiliant et ridiculisant ; à l’exception de l’Occident qui a su revaloriser ce métier en le représentant des plus honorables non sans manquer de le rémunérer chichement, outre les conditions et références demandées aux nouveaux recrus.
Une profession tant ridiculisée chez nous, mais tout aussi honorable sous d’autres cieux. Jadis, nos parents pour nous réprimander lorsque l’on ne faisait pas nos devoirs ou que l’on faisait l’école buissonnière, nous lançaient cette phrase qui nous blessait vraiment qui est ‘’ Si tu n’étudies pas, tu ne deviendras qu’un éboueur. Cependant, il faut désormais être fort en thème pour devenir éboueur. Mis à part le cas des pays sous-développés ou en voie de développement qui malheureusement par manque de savoir et de prise de conscience des graves problèmes que peut engendrer un environnement sale et surtout la revalorisation de l’éboueur.

Par contre, si nous prenions comme exemple le cas de la France, le recrutement des éboueurs se fait actuellement sur la base de diplômes supérieurs, L’exemple de ce diplômé en droit sachant que la fonction d’éboueur était bien rémunérée, sollicita un emploi d’éboueur, mais malgré ses bagages, il a été soumis à un concours où il a dû écrire une rédaction ! En effet, devant l’afflux de candidats, la Mairie de Paris a dû mettre en place une sélection. Sur les 4 000 prétendants qui se pressent chaque année, 300 seulement sont retenus. « Il faut savoir ce qu’est une impasse, faire des calculs, écrire une rédaction sur le métier d’éboueur : le concours n’est plus donné et le recrutement des subsahariens n’est plus de mise’’. Personnellement, lors d’un de mes voyages en France, j’ai eu la chance de faire la connaissance d’un des éboueurs français à ma sortie de bonheur de l’appartement où je logeais à Paris. Par un concours de circonstances, nous avons fait connaissance et nous avons entamé un brin de causette qui me révéla son niveau d’instruction (supérieur) ainsi que son amabilité et surtout sa bonne éducation. Dans la soirée, vers le tard alors que je me promenais à travers les rues de Paris, je fus interpellé par une personne qui, vu son accoutrement des soirées mondaines car elle était tirée sur quatre épingles, je ne la reconnu pas à l’instant, mais c’était elle qui m’avait reconnu. Je n’en revenais pas, tellement j’étais sous le choc. C’était l’éboueur rencontré la matinée. Mais Dieu ne change rien à l’état d’un peuple tant que celui-ci n’accomplisse sa propre transformation. Car dans les démocraties occidentales, leurs peuples qui vivaient des guerres intestines ont arraché la démocratie avec peine et donc par la force des choses, ils créèrent un système politique très adéquat à leurs exigences d’où un système de freins et de contre poids. Ceci s’explique par le fait que le peuple a des droits et des devoirs envers l’Etat et vis versa, c’est comme cela qu’ils ont créé de vraies démocraties où le système de freins et de contre poids reposant sur le principe fondamental de la démocratie qui est que la loi est générale, abstraite et impersonnelle imposant le respect et la discipline où chacun peut demander des comptes à l’autre en étant informé. La relation qui existe entre le citoyen et l’éboueur est que chacun respecte l’autre. L’éboueur doit faire son travail correctement car il est payé en conséquence et doté de tout le matériel et l’habillement qui lui sied, en plus du respect qu’on lui doit qui fait de lui un citoyen à part entière et donc il exerce ce métier avec fierté et non en marginalisé. En contrepartie, le citoyen éveillé doit préserver l’environnement en faisant le tri de ses ordures ménagères en séparant les ordures du plastique, du fer et bien d’autres déchets et même les habits sont bien enveloppés et mis à part bien emballés et ficelés de peur de porter atteinte à la vie de l’éboueur car conscient des répercussions juridiques ainsi que des sanctions coercitives qui peuvent être appliquées à son encontre. Dans le même contexte et à l’opposé de son collègue européen, l’éboueur algérien est méprisé des deux côtés. D’une part, le recrutement se fait à tort et à travers et n’est point valorisé considérant que ce n’est que la dernière roue de la charrette du fait que la majorité des recrus n’ont aucun niveau. Ceci s’explique par le fait que l’éboueur est très mal payé et tout juste bon à l’aider pour joindre les deux bouts. Par ailleurs, il n’est doté que du strict minimum concernant les outils de travail et en plus de cela et là où le bas blesse, c’est que même leur tenue de travail n’en est pas une car en les voyant on croirait que ce sont des haillons qu’ils portent. Quant à la population, elle est arrivée au summum de la médiocrité, de l’incivisme et surtout de l’impunité et ceci par manque d’autorité des pouvoirs publics par leur laxisme et leur laisser faire. Ces rurbains qui n’ont pas pu s’adapter à la vie citadine se comportent d’une façon négative en jetant leurs ordures en tout genre là où bon leur semble et à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit faisant fi de toutes les lois de la république rendant ainsi la ville telle une grande décharge publique polluant l’environnement qui se répercute sur le travail de l’éboueur surtout qui peine à faire son travail correctement et qui porte atteinte à sa santé. Dans le même ordre d’idées, vu l’image dont le peuple se fait du travail de l’éboueur qu’il considère comme un emploi des plus avilissant, sale et surtout ingrat oubliant que cet éboueur est celui qui lui enlève toutes ses ordures de tout genre pour que ce citoyen non reconnaissant puisse vivre dans un environnement sain afin que lui et sa famille ne soient pas atteint de maladies et vivre serein, mais ce citoyen inconscient et ingrat de par son comportement incivil rend la tâche plus difficile à cet éboueur qui en fin de journée se retrouve éreinté, sous-alimenté, se levant difficilement le lendemain pour reprendre le train de vie de sa profession, tel un même refrain qui se répète chaque jour plein de morosité. Mais dans tout cela, la responsabilité incombe à qui, le citoyen ou les pouvoirs publics ? Pour être honnête, les deux sont responsables. Devant le laxisme des services communaux auxquels leur revient cette tâche, le citoyen s’en fout éperdument et fait ce qu’il veut, étant donné qu’il sait qu’il n’y a en contrepartie aucune sanction de la part des pouvoirs publics à savoir des amendes bien salées pouvant le dissuader ou des mesures coercitives draconiennes pouvant le mettre au pied du mur quitte à les traduire devant les tribunaux et les emprisonner. Peut-être que cela pourra les pousser à réfléchir deux fois avant de jeter les ordures pèle mêle car pour se faire respecter, il faut respecter autrui. A titre de rappel, il y a lieu de signaler que durant les années 1980, un étudiant à l’école paramédicale de Mostaganem pour préparer son mémoire de fin d’études pour décrocher son diplôme de Technicien supérieur de la santé (filière hygiène) afin d’exercer sa fonction au BMH de Mostaganem (bureau municipal d’hygiène) a eu le courage de voyager en Espagne spécialement afin d’exercer la fonction d’éboueur pour préparer son mémoire. Dans ce mémoire, il a essayé de proposer le modèle espagnol en matière de ramassage des ordures ménagères et autres en sollicitant l’APC de Mostaganem de prendre l’exemple de l’Espagne qui était très en avance dans ce domaine. Malheur lui en pris, car dès la fin de l’examen, son mémoire fut classé aux oubliettes. Ce qui dénote le manque de considération de la part des autorités locales concernant les intellectuels et les jeunes voulant le changement des idées archaïques par des idées innovatrices car une société qui n’avance pas recule inéluctablement par la force des choses. Ces idées auraient pu résoudre un tant soit peu le problème et surtout alléger d’une façon nettement plus humaine la lourde charge de l’éboueur et aurait bien élevé son niveau de vie et son rang social par plus de considération.

Qu’ont les occidentaux de plus que nous, sinon de la considération de l’être humain, une volonté politique de changement et surtout des idées novatrices car ce n’est point seulement avec de l’argent du fait qu’il n’est qu’un moyen qu’on pourra changer la situation qui empire de jour en jour, mais avec des idées, de l’investissement dans l’économie de la connaissance et une autorité ferme car c’est comme cela que les sociétés évoluent.

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