Bras de fer entre la direction de l’éducation et les associations des parents d’élèves

jeudi 6 octobre 2016 à 9:48
Source de l'article : Jeune-independant.net

La grève a repris de plus belle depuis ce mardi matin et le boycott continu dans 19 établissements scolaires à majorité mozabites, à Ghardaïa, malgré les promesses du Directeur de l’Education et des autorités.

Décidemment, le boycott scolaire fait de l’école républicaine algérienne un facteur de division au lieu d’être la maison de tous les enfants d’une même région.

Voilà plus d’un mois depuis la rentrée scolaire, comme à chaque année et à des différents degrés, des lacunes à différents niveaux sont signalées çà et là à travers plusieurs établissements scolaires.

Les mêmes lacunes qui reviennent, voilà trois années consécutives, ne cessent de s’accumuler, rendant leur traitement très difficile. Identiques à celles de l’année passée, pour cette fois, la Direction de l’éducation de Ghardaïa est toujours confrontée à une équation très difficile à résoudre, à partir du moment où les deux parties (Direction de l’éducation et les associations de parents d’élèves) n’ont pas eu la bonne foi ni une bonne volonté de régler définitivement le problème.

Un membre de la coordination, ayant requis l’anonymat, s’énerve encore à l’évocation de la crise : « Plusieurs enseignants qui exerçaient dans les écoles majoritairement mozabites sont absents, pendant que d’autres arrivent souvent en retard » évoque-t-il. L’année passée, nos élèves ont frôlé le cauchemar d’une année blanche.

Heureusement, certains diplômés se sont portés volontaires pour donner des cours et ainsi l’année a pu être sauvée », devait-il ajouter.

Selon Le directeur de l’éducation de Ghardaïa, M. Ammar Tibani, des négociations qui avaient été menées à trois reprises avec le groupe coordonnateur des parents d’élèves, pour « trouver un terrain d’entente, exiger le retour des élèves boycotteurs », sont restées vaines.

Cependant, le directeur de l’éducation est resté sur sa position d’affecter les enseignants reçus aux différents concours, alors que les associations de parents d’élèves ont campé sur leurs positions.

« Nous revendiquons la justice sociale en demandant le recrutement des enseignants issus de la communauté mozabite pour enseigner nos enfants ou de faire recours à des volontaires qui auront la tâche d’assurer, avec succès, la suite du programme », affirme un autre membre de la coordination, ajoutant qu’aujourd’hui, les enseignants mozabites constituent 11% de l’ensemble de l’effectif des enseignants dans le cycle primaire, 8% à l’enseignement moyen et seulement 12,5% au secondaire. Sur les dix-neuf établissements à majorité mozabites, seuls 10% de l’encadrement sont Mozabites », déplorent-t-ils encore.

« Malheureusement, regrette-t-il, les responsables de l’éducation de Ghardaïa ont fait en sorte que l’encadrement soit aussi assuré principalement par les non-Mozabites. Toutes ces manœuvres, pour le moins déplacées, survenues ici, ont mis à nu la précarité régnant dans ce secteur, expliquent ces mêmes membres de la coordination.

Du coup, Pour faire valoir leur requête, les parents d’élèves ont décidé de boycotter, trois jours durant, la scolarisation de leurs enfants. Alors que le dialogue social se trouve aujourd’hui dans l’impasse, le Directeur de l’éducation, Ammar Tibani, que nous avions interrogé, affirme que cette grève est illégale. « Mon rôle se limite à la désignation d’un directeur, scolaires » devait-il nous répondre.

A l’opposé, face au manque d’une réaction jugée convaincante de la part de la direction de l’éducation, les associations des parents d’élèves menacent de durcir le ton et de recourir à la prolongation de la grève en cours.

Pourtant, L’année dernière, Madame Benghebrit, ministre de l’Education nationale avait choisi la wilaya de Ghardaïa pour donner le coup d’envoi de la rentrée. Elle avait visité des écoles, fait de larges sourires, fait serré des mains.

Cette année, Selon la coordination de l’ensemble des associations des parents d’élèves, ils seraient 12 000 enfants à avoir boycotté par intermittence la rentrée scolaire. Dix-neuf établissements sont donc concernés. Les parents refusent que leurs enfants « reçoivent un enseignement de ceux qui les ont boycottés durant les deux dernières années ».

Reste à savoir pour combien de temps cette grève va-t-elle durer, prolongeant au demeurant le bras de fer entre associations des parents d’élèves et la Direction de l’éducation au grand dam des élèves qui sont les grands perdants.

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