Alors que la tunisie va construire un second bâtiment: Le projet de la Maison de l’Algérie à Paris abandonné

mercredi 26 octobre 2016 à 10:22
Source de l'article : Liberte-algerie.com

L’accord portant construction de cette résidence universitaire date d’une décennie. Des difficultés financières sont avancées par l’Algérie aujourd’hui pour expliquer l’ajournement du chantier. Pendant ce temps, la Tunisie, un pays qui est également en crise, s’apprête à construire un second bâtiment pour loger ses étudiants à Paris.

On en avait parlé, longuement, y compris en haut lieu. Il y a eu des professions de foi. Des tas. Lors de sa première visite d’État en Algérie en décembre 2012, François Hollande avait promis aux étudiants algériens une maison au sein de la cité universitaire internationale (CUI) de Paris. “Je pense à ces 25 000 Algériens qui étudient en France. Je veux qu’on les accueille mieux et davantage. Je veux une maison à la Cité internationale universitaire de Paris pour accueillir ces étudiants”, s’est engagé le président de la République française devant les membres du Parlement algérien.
Depuis, rien. L’accord conclu en 2005 entre les deux pays est toujours en attente d’application. Ce contrat prévoyait l’édification d’un pavillon aux couleurs de l’Algérie au cœur de la CUI, située sur l’avenue Jourdan, dans les beaux quartiers du 14e arrondissement.
Le bâtiment constitué de 250 chambres devait accueillir ses premiers locataires en 2008. Il était question d’y loger 50% d’étudiants algériens et une seconde moitié formée de résidents de diverses autres nationalités, avec comme objectif de favoriser le brassage culturel dans la cité. Le reste des étudiants algériens devaient, pour les mêmes motifs, rejoindre les autres pavillons.
L’ambassadeur d’Algérie à Paris, à cette époque, Mohamed Ghoualmi, avait été spécialement mandaté par le président Abdelaziz Bouteflika afin de superviser la réalisation du projet de cette maison, qui devait comme tant d’autres opérations de prestige contribuer au rayonnement de l’Algérie à l’étranger. Sauf que cette entreprise n’a jamais été menée à terme. Des sources diplomatiques algériennes à Paris ont confié à Liberté que la construction de la Maison de l’Algérie, bien qu’elle demeure inscrite parmi les programmes à réaliser, est ajournée pour des raisons financières. À l’origine, le chantier d’un coût de 23 millions d’euros devait être supporté principalement par des fonds algériens. Mais aucun sou n’a été dépensé. Si l’argument de la crise financière du pays tient la route aujourd’hui, on se demande pourquoi la Maison de l’Algérie n’a pas été construite pendant les années fastes, au même moment que beaucoup d’infrastructures et d’équipements en Algérie.
Du côté de la CUI, on sait tout simplement que ce projet n’est pas à l’ordre du jour. Anne Saglier, chargée de la communication, assure que trois chantiers de résidences seront bientôt lancés. Ils comporteront la construction de deux maisons, chinoise et coréenne. Un troisième projet, dont l’attributaire n’a pas encore été dévoilé, est, lui, en cours de validation. En outre, la direction de la cité a annoncé, il y a quelques jours, en grande pompe, le lancement de la construction d’un second pavillon tunisien dont la réception est prévue pour la rentrée universitaire 2019.
Le bâtiment très futuriste portera le nom de l’ancien président Habib Bourguiba. Son édification permettra de doubler la capacité d’accueil des étudiants et chercheurs tunisiens. Cette année, un peu plus de 700 Tunisiens ont obtenu des bourses de leur gouvernement pour venir étudier en France.
La Maison de Tunisie de la CUI compte déjà 1 400 locataires. De leur côté, les étudiants algériens sont une poignée. La chargé de communication de la cité en a compté 59 (sur 5 701 résidents) ventilés à travers les différents pavillons. Certains sont boursiers de l’État. D’autres se sont débrouillés pour dénicher un lit dans la résidence. Quant aux moins chanceux, l’alternative consiste à louer chez le privé, souvent sous la formule de la colocation. Selon Anne Saglier, les universités parisiennes comptent 3 266 étudiants algériens. Ils sont 8 503 en Île-de-France et 2 0161 dans tout l’Hexagone.

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