A quelques mois de leur fin de mandat: Les maires refont…les trottoirs

mardi 29 novembre 2016 à 11:25
Source de l'article : Lexpressiondz.com

On démolit l’ancien pavé, on met du carrelage à sa place puis on revient au pavé. Quelques années plus tard, on dépave et voilà que maintenant on bitume. C’est une vieille recette: à quelques mois des élections, on refait les trottoirs. «Dans notre pays, il est inutile de convoquer le corps électoral.

Le démarrage du chantier des trottoirs est une annonce infaillible de l’arrivée d’une échéance électorale.» Subtile remarque de ce citoyen excédé par tant de gâchis. L’éternel chantier des chaussées bouffe des sommes d’argent colossales et c’est le citoyen qui règle la facture. «A ce rythme, il va falloir exiger des formations du ministère de l’Intérieur pour apprendre aux élus locaux comment réussir son trottoir», ironise froidement un autre citoyen désabusé. Cela fait partie d’une méthode de communication des élus locaux.

Quand on refait un trottoir on donne l’impression de travailler, mais quand on arrange une canalisation d’eau usée on travaille réellement. Or, l’important pour l’élu local est de faire semblant. Il faut faire quelque chose de visible et éviter un projet qui ne se voit pas. Il y a une inflation de travaux sur les trottoirs, les chaussées, les zones piétonnes pour qu’au final aboutir à un non-résultat.

Circulez… car on va tout refaire à la prochaine échéance électorale. Et la marche continue…sur des trottoirs défoncés.

BOUIRA : Le réveil après un long sommeil
Dans cet empressement à soigner son image, l’élu privilégie le saupoudrage et le travail rapide qui, quelquefois, dure un laps de temps avant de se dégrader.

Abdenour MERZOUK
A l’approche de chaque fin de mandat électif, il est des élus qui se découvrent une volonté, un acharnement et une disponibilité sans égal envers les électeurs. Après une hibernation durant quatre années passées à promettre et à renvoyer le citoyen, ces élus, du moins quelques-uns, deviennent gentils et serviables. Ainsi, ils ne ratent aucune circonstance pour s’afficher lors des enterrements, des mariages, des festivités… même s’ils ne sont pas conviés. Dans ces démarche et tentative pour amadouer l’électeur en vue d’un éventuel autre mandat, ces représentants du peuple veillent à la bonne cadence des travaux sur les chantiers, à la propreté de leurs circonscriptions administratives, à l’organisation d’activités sportives et culturelles, à être présents lors des journées de réception au niveau de leurs bureaux. Cette manière de faire, qui s’inscrit dans le cadre d’une précampagne, reste bénéfique pour les citoyens dont le seul souci reste la solution à ses préoccupations.

Dans cet empressement à soigner son image, l’élu privilégie le saupoudrage et le travail rapide, qui quelquefois, dure un laps de temps avant de se dégrader. L’exemple le plus édifiant est cette mesure prise à la hâte pour boucher les nids-de-poule à travers les grandes villes. Les personnels chargés de l’opération se sont limités à remplir les crevasses de bitume préparé et à faire passer un compacteur. Elles ne se sont même pas donné la peine de dépoussiérer les trous. «À la moindre averse, l’eau décollera le bitume et le trou redeviendra plus béant», analyse un ex-technicien des travaux publics en retraite.

Parce que les quartiers populaires sont des viviers électoraux et parce que les problèmes dans ces espaces sont plus nombreux comparativement au nombre d’habitants, ils (ces quartiers) sont une cible privilégiée pour les maires, les membres des Assemblées communales et ceux des Assemblées populaires de wilaya qui s’activent à couvrir les pistes, à peindre les écoles, à remplacer les lampes grillées des éclairages publics, à délivrer des autorisations de raccordement aux réseaux d’assainissement en précisant aux citoyens que ce travail n’est qu’un début et que le reste viendra après, c’est-à-dire après le vote. «Avant chaque consultation électorale, les élus viennent nous voir pour nous promettre des jours meilleurs. Une fois choisis ils nous nient», nous affirme le président d’un comité de village de la région d’Ouled Rached. «Ceux que nous avons choisis nous ont promis l’eau, le gaz, le travail. Pendant tout le mandat ils nous répétaient que les projets sont retenus et programmés. À ce jour nous attendons toujours», ajoute notre interlocuteur. Cette manière de faire n’est pas générale car il y a des élus qui ont honoré de leur mieux le poste et qui ont tenu au moins une bonne partie de leurs promesses électorales.

C’est le cas du maire de Haizer, un intellectuel qui tout au long de sa présence à la tête de sa commune a réalisé beaucoup de bonnes choses au profit de ses concitoyens tels l’ouverture d’une antenne de la Cnas, une agence SDC, l’engazonnement du stade communal, l’ouverture d’un service d’état civil, la réfection des écoles primaires de sa conscription, les actions de propreté des artères de la ville, l’habitat rural… à l’autre bout de la wilaya, la commune de Sour El Ghozlane a passé le tiers du mandat dans des conflits entre élus et des entraves qui ont freiné considérablement le développement de cette agglomération antique.

Pour séparer le grain de l’ivraie, signalons que majoritairement les élus ont failli à leur mission. Ils saisissent ces derniers mois de leur gouvernance pour tenter de duper une nouvelle fois les électeurs par des actions «trompe-l’oeil» avec un unique désir et objectif: celui de rempiler cinq autres années où ils côtoieront les responsables, bénéficieront des privilèges du poste et regarderont l’humble citoyen d’en haut. Ces us hérités du passé ont la peau dure et sont l’oeuvre d’élus sans aucune distinction d’appartenance partisane. «Les postes électifs sont une promotion sociale derrière laquelle court un grand nombre de postulants appartenant à toutes les tendances politiques actives sur la scène nationale», nous confie un syndicaliste en retraite.

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