62eme Anniversaire du déclenchement de la révolution: Quand le peuple Algérien a dit Non

lundi 31 octobre 2016 à 10:28
Source de l'article : Reflexiondz.net

C’est au cours de deux réunions tenues le 10 et 24 octobre 1954 à Alger que le Comité des Six a mis les dernières touches aux préparatifs pour le déclenchement de la guerre de libération. D’importantes questions furent débattues par les présents : Le nom à donner à l’organisation dont la naissance était imminente et qui était destinée à se substituer au Comité Révolutionnaire pour l’Unité et l’Action. C’est ainsi que fut décidée la création du Front de Libération Nationale et de son aile militaire représentée par l’Armée de Libération Nationale.

Les préparatifs :
La première mission du Front consistera à entrer en contact avec l’ensemble des courants politiques composant le mouvement national afin de les inciter à rejoindre les rangs de la Révolution et à mobiliser les masses pour la bataille décisive contre l’occupant français.
– Arrêter la date du déclenchement de la guerre de libération : le choix de la nuit du dimanche au lundi 1er novembre 1954 en tant que date de déclenchement de l’action armée obéissait à des données militaires tactiques, parmi lesquelles le départ d’un nombre important de soldats et officiers de l’armée d’occupation en congé de fin de semaine qui sera suivi par la célébration d’une fête chrétienne, ainsi que la nécessité d’introduire l’effet de surprise.
– Définir la carte des zones, désigner leur direction de façon définitive et mettre les dernières touches à la carte du plan d’attaque de la nuit du 1er novembre (carte des principales opérations du 1er novembre 1954)
– Première zone – Les Aurès : Mustapha Benboulaïd
– Deuxième zone – Le Nord Constantinois : Didouche Mourad
– Troisième zone– La Kabylie : Krim Belkacem
– Quatrième zone – Le Centre : Rabah Bitat
– Cinquième zone – L’Ouest Oranais : Larbi Ben M’hidi
– Définir le mot de passe pour la nuit du 1er novembre 1954 : Khaled et Okba

Le déclenchement :
La Révolution a débuté avec la participation de 1200 moudjahidine (combattants) au niveau national, dotés de 400 pièces d’armement et de quelques bombes artisanales seulement. Les attaques visèrent les postes de gendarmerie, les casernes de militaires, les dépôts d’armement ainsi que d’autres intérêts stratégiques et également certaines propriétés accaparées par les colons…. Les attaques des moudjahidine ont englobé plusieurs régions du pays et visé plusieurs villes et villages à travers les cinq zones : Batna, Arris, Khenchela et Biskra pour la zone I, Constantine et Smendou pour la zone II, Azazga, Tighzirt, Bordj Ménaiel et Draâ el mizan pour la zone III. Au niveau de la zone IV, elles ont concerné Alger, Boufarik et Blida tandis que Sidi Ali, Zahana et Oran, dans la zone V étaient au rendez-vous pour le déclenchement de la Révolution (Carte du découpage politique et militaire de la Révolution 1954-1956) De l’aveu même des autorités coloniales, le nombre d’opérations armées contre les intérêts français menées à travers toutes les régions d’Algérie au cours de la nuit du 1er novembre 1954 s’est élevé à trente opérations dont le bilan s’est soldé par la mort de 10 Européens alors que 23 autres étaient blessés tandis que des dégâts matériels ont été estimés à plusieurs centaines de millions de francs français. Toutefois, la Révolution a déploré, au cours de cette première étape, la perte des meilleurs de ses fils tombés au champ d’honneur, tels que: Abdelmalek Ramdane, Grine Belkacem, Badji Mokhtar, Didouche Mourad et autres.

La Déclaration du 1er Novembre 1954 :
L’action armée a précédé la proclamation de la naissance du « Front de Libération Nationale » qui a rendu publique sa première déclaration officielle connue sous le nom de « Déclaration du 1er Novembre ». Cet appel, adressé au peuple algérien dans la nuit du 31 octobre 1954 et diffusé au cours de la matinée du 1er novembre, définissait les principes et les moyens de la Révolution, traçait les objectifs qui sont la liberté et l’indépendance et jetait les bases de la reconstruction de l’Etat algérien et la liquidation du système colonial. Dans la Déclaration, le FLN a précisé les conditions politiques requises pour parvenir à cela sans effusion de sang ni recours à la violence. Il y expose également les conditions dramatiques vécues par le peuple algérien qui l’ont poussé à prendre les armes afin d’atteindre ses objectifs nationalistes, faisant ressortir les dimensions politique, historique et civilisationnelle de cette décision historique. La Déclaration du 1er novembre 1954 représente en quelque sorte la constitution de la Révolution et la référence première qui a guidé les dirigeants de la lutte de libération et tracé la voie aux générations suivantes.

La guerre de libération :
Une guerre qui dura huit ans. Le déclenchement se fît par plusieurs attentats la nuit du 1er novembre 1954 en différents points du territoire. C’est la première action d’un mouvement, le FLN qui diffuse depuis le Caire une émission radio invitant le peuple d’Algérie à s’associer dans une lutte nationale pour « la restauration de l’Etat algérien, souverain, démocratique et social, dans le cadre des principes de l’Islam. » La plateforme de revendications avancées aux autorités françaises trouve sa réponse chez le ministre français de l’intérieur, François Mitterrand : « la seule négociation possible est la guerre ». C’est également la réaction du président du Conseil, Pierre Mendès France qui déclare à l’Assemblée nationale : « A la volonté criminelle de quelques hommes doit répondre une répression sans faiblesse. Qu’on n’attende de nous aucun ménagement à l’égard de la sédition, aucun compromis avec elle. On ne transige pas lorsqu’il s’agit de défendre la paix intérieure de la Nation et l’intégrité de la République. Les départements d’Algérie font partie de la République, ils sont français depuis longtemps. Jamais la France, jamais aucun parlement, jamais aucun gouvernement ne cédera sur ce principe fondamental. L’Algérie c’est la France et non un pays étranger que nous protégeons. » Alors que la France accorde leur indépendance à la Tunisie et au Maroc, elle la refuse à l’Algérie. Le pétrole du Sahara n’incite pas non plus à se séparer des « joyaux de la couronne. » L’armée française boucle les frontières et la guerre commence. Une guerre où l’armée coloniale a généralisé sa barbarie à tout le territoire algérien alors qu’avant 1954 les actes étaient localisés à une région tels les massacres du 8 mai 1945, ou une tribu ou encore un village. Une véritable guerre avec ses héros et ses criminels, ses victimes innocentes, ses résistants torturés à mort ou guillotinés ou exécutés froidement les mains liées dans le dos ou aidés à « se suicider », ou jetés d’un hélicoptère, avec ses tortionnaires diplômés de la Gestapo, avec ses « porteurs de valise » qui se sont battus pour une Algérie libre. Une guerre avec ses villages brûlés, ses filles violées et ses enfants morts de faim ou de froid ou d’une balle lors de fusillades sur des manifestants. Une guerre où un enfant de treize ans rêve de mourir en martyr. Une guerre où les enfants payent encore de leur vie en jouant avec les mines antipersonnel disséminées le long des frontières avec les pays voisins. Une guerre sans merci où l’armée française usa de tous les moyens pour allonger le nombre de victimes portant à plus d’un million et demi le nombre de martyrs algériens depuis son arrivée un certain 14 juin 1830. Une guerre aux blessures indélébiles. Les Aurès furent le premier territoire conquis suivi par le Djurdjura et l’état d’urgence y est proclamé. En 1955 les effectifs de l’armée passent de 100 000 hommes à 400 000 hommes en 1956.

Le 20 août 1956, le Congrès historique
de la Soummam
Le 20 août 1956 le Congrès historique de la Soummam adopte la plateforme du FLN qui définit les buts de la guerre, fixe les conditions du cessez-le-feu, des négociations de paix avec comme seul et unique représentant du peuple, le FLN. La guerre dure jusqu’à ce que les dirigeants de l’Etat français ouvrent des négociations avec le Gouvernement provisoire de la République algérienne et reconnaissent le droit du peuple algérien à l’autodétermination et à l’indépendance, le 5 juillet 1962.

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