1 million d’emplois dans l’agriculture et le btp ne trouvent pas preneurs: Les raisons d’une bouderie…

lundi 7 novembre 2016 à 16:00
Source de l'article : Lexpressiondz.com

Il est vrai que l’amélioration des conditions de vie des Algériens fait que les jeunes ne sont plus enclins à aller vers les métiers pénibles, néanmoins, rien n’est fait pour les rendre plus attractifs et les adapter à la réalité du marché.

Un million d’emplois dans l’agriculture et le BTP ne trouvent pas preneurs. C’est le terrible aveu fait par le directeur général de l’Agence nationale de l’emploi (Anem), Mohamed Tahar Chaâlal, lors de son passage à l’émission Invité de la rédaction de la Chaîne 3.
Ces chiffres effarants montrent que ce n’est plus un problème économique, mais un véritable fléau de société.
Economistes, sociologues et politiques doivent se pencher sur cette question.
Il est vrai que l’amélioration des conditions de vie des Algériens fait que les jeunes ne sont plus enclins à aller vers les métiers pénibles; néanmoins rien n’est fait pour les rendre plus attractifs et les adapter à la réalité du marché. Chose que nous confirme Mohamed Saïb Musette, sociologue et directeur du Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Cread) en Algérie.

Il résume ces deux secteurs en deux mots: pénibles et précaires. «Ce sont des emplois très durs qui, en plus, ne sont pas stables. Ce sont des emplois saisonniers; or nos jeunes cherchent des emplois stables qui leur donnent des perspectives d’avenir», a-t-il souligné avant d’aller plus loin en affirmant que la majorité des emplois proposés dans ces secteurs était précaire.

«Ce sont des travaux durs, qui demandent beaucoup d’efforts et dans beaucoup de cas ils ne bénéficient même pas d’une couverture sociale», a poursuivi cet expert.

Mohamed Saïb Musette tire la sonnette d’alarme pour ces métiers qui risquent de disparaître, particulièrement l’agriculture, du fait du vieillissement de la population qui y active.

Il préconise dans ce sens le lancement de dispositifs spécifiques afin d’améliorer l’attractivité de ces métiers. «Pour l’agriculture par exemple, je propose la mise en place de dispositifs spécifiques pour les jeunes du monde rural afin de les pousser à opter pour ce métier stratégique pour le pays. Surtout que le chômage atteint des proportions alarmantes dans cette catégorie de la population», estime Saïb Musette. Il est vrai que le métier d’agriculteur a besoin de révolution. Il doit être complètement revu pour l’adapter à la réalité du marché actuel et attirer les jeunes travailleurs.

Les responsables à la tête de ce secteur névralgique sont dans l’obligation de trouver au plus vite des mécanismes adéquats.

Cela passe par le changement de la vision qu’il ont pour l’agriculture. On n’est plus dans les années 1970 avec la fameuse révolution agraire.

Le monde a changé, le métier d’agriculteur aussi.

Ne serait-ce que par le fait que la terminologie n’est plus la même. Par exemple, on ne parle plus de suffisance alimentaire mais de sécurité alimentaire. Quand le ministre en charge du secteur utilise un lexique d’une autre époque, cela en dit long sur la vision qu’il a du secteur. Il faut donc une thérapie de choc pour ces secteurs malades.
Ces professions sont encore dévalorisées en Algérie, tant socialement que professionnellement.

Le jeunes sans emploi préfèrent ainsi rester au chômage. C’est aussi pour eux une façon de se protéger des conditions de travail humiliantes. Certes, on accuse les Algériens d’être fainéants. Mais ce jugement ne tient pas la route tant qu’ils n’ont pas été mis dans de bonnes conditions de travail.

C’est humain, on préfère ne rien faire que d’aller se sacrifier pour quelque chose qui ne nous rapporte rien de concret à la fin. Il est donc temps que tout le monde se remette en cause pour trouver une solution à cette crise de l’emploi où tout le monde endosse une part de responsabilité.
Il y va de la survie du pays, vu qu’un million d’emplois est en attente…

77% des offres proviennent du privé
La création d’emplois en croissance de 14%
Bonne nouvelle pour les Algériens, malgré la crise, le secteur de l’emploi n’a jamais été aussi aiguë. «Avec le lancement des projets dans différents secteurs d’activité, le marché national de l’emploi a enregistré une croissance de 14% au 30 septembre 2016, comparativement à la même période de l’année 2015», a annoncé, hier matin, le directeur général de l’Agence nationale de l’emploi (Anem), Mohamed Tahar Chaâlal, lors de son passage à l’émission Invité de la rédaction de la Chaine 3.

D’après les statistiques de l’agence, le secteur privé continue de dominer le marché du travail en Algérie avec 77% d’offres d’emploi. «Sur les 351.000 offres d’emploi, déposées au niveau de l’Anem, 77% proviennent du privé» a souligné le même responsable. Crise-création d’emplois est une équation bien de chez nous où notre économie reste un paradoxe pour les plus grands experts mondiaux. Néanmoins, elle renseigne sur la réussite de la stratégie industrielle qu’est en train de mener le pays…

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