L’université d’Oran met en place un nouveau process d’extraction de silicium.

vendredi 25 novembre 2016 à 11:21
Source de l'article : Huffpostmaghreb.com

Un nouveau process d’extraction de silicium pour le développement de l’industrie photovoltaïque a été élaboré par le laboratoire de microscopie électronique et des sciences des matériaux de l’université d’Oran, a indiqué jeudi à Alger son directeur, Saad Hamzaoui.

Il s’agit d’un nouveau process d’extraction de silicium des gisements de sable et de diatomée, a expliqué ce scientifique lors d’une rencontre organisée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique dans le cadre de la « valorisation des projets issus de la recherche scientifique »

Ce process innovant est plus performant et moins cher que ceux utilisés auparavant, note le scientifique, citant notamment la technologie Siemens qui utilise la distillation métallurgique à une température avoisinant les 3.000°C.

Cette innovation entre dans le cadre d’un partenariat scientifique algéro-japonais qui œuvre pour l’amélioration de l’extraction de la silice (dioxyde de silice), sachant que l’idée japonaise porte sur l’extraction du silice du sable du désert dans le cadre du « Projet SSB Sahara Solar Breeder ».

Quant à l’idée de la partie algérienne, il s’agit de l’exploitation de la diatomée qui est une roche très poreuse et qui répond hautement au traitement chimique.

Cette roche se forme au fil du temps par les dépôts cumulés de l’algue marine unicellulaire portant le même nom et dont le squelette est constitué de la silice.

Pour ce qui est du sable dont le constituant essentiel est la silice, il n’était pas exploité en raison de sa haute teneur en impuretés. D’où l’idée nouvelle de le broyer à basse température et d’en extraire l’élément que le laboratoire a pu obtenir avec un haut niveau de pureté, a-t-on expliqué lors de cette rencontre.

Pour ce qui de la diatomée, des gisements en grande quantité se trouvent le long du littoral ouest du pays évaluée à 6 millions de tonnes, soit une quantité pouvant couvrir une production photovoltaïque d’une centaine de gigawatts, selon ce chercheur.

Par ailleurs, il a avancé que ces process permettaient l’obtention non seulement du silicium pour l’industrie énergétique mais aussi trois (3) autres produits.

Il s’agit de la silice amorphe d’origine minérale et biologique ultra pure (produisant des déchets utilisés dans l’industrie du verre et l’agroalimentaire), du gel de silice (industrie cosmétique) et du carbure de silice également appelé diamant noir (plus cher que le diamant et utilisé dans la bijouterie).

Pour ce qui est du silicium, il est aujourd’hui produit à une échelle de laboratoire par l’équipe de M. Hamzaoui qui a fait savoir qu’il faudrait jusqu’à 6 ans et de gros moyens financiers pour passer à une production à l’échelle industrielle de cet élément qui domine l’industrie photovoltaïque à hauteur de 90% des cellules solaires fabriquées.

« Nous produisons à hauteur de grammes au sein de notre laboratoire. Ce qu’il faudrait est de passer vers une production en kilogrammes puis en tonnes » afin d’envisager une production industrielle qui viendra fournir et développer une industrie photovoltaïque purement algérienne, a-t-il expliqué.

Ce process innovant conçu par l’université d’Oran a été salué par les industriels de la filière des énergies renouvelables présents à cette rencontre.

« Cette initiative est très encourageante pour ce qui est du développement de la filière photovoltaïque en Algérie, le silicium étant le premier maillon de la longue chaîne de production des panneaux solaires », a indiqué à l’APS un industriel en marge de la rencontre.

Pour sa part, le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique a estimé que cette innovation arrivait à un moment opportun alors que le gouvernement œuvre pour amorcer une transition énergétique dans le cadre du Programme national des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, programme placé par le Président de la République au rang de priorité nationale.

Pour rappel, le Programme national de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique vise la mise en service d’une capacité de production d’origine renouvelable de 47 à 51 TWh à l’horizon 2030, dont plus de 9 TWh seront injectés dans le réseau d’ici 2020.

A la fin 2016, l’Algérie comptera une capacité de 343 MW réparties à travers 14 wilayas du pays.

Actuellement, 16 centrales d’une capacité de 195 MW sont déjà fonctionnelles et injectent de l’énergie d’origine renouvelable dans le réseau.

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